Le taux du PIB confirmé sous la barre des 3%, soit 2,9% cette année
La 20e édition de SBM Insights du groupe bancaire SMB met en lumière les réformes nécessaires pour soutenir durablement la croissance et le développement économique. Les projections établies affichent que la croissance réelle du Produit intérieur brut (PIB) devrait s’établir à 2,9 % en 2026, après une progression de 3,5 % en 2025, conformément à la série révisée des comptes nationaux.
Cette prévision, légèrement inférieure aux dernières estimations de Statistics Mauritius, s’explique par la conjonction de plusieurs facteurs : un environnement international difficile et incertain, la hausse des coûts des intrants, les contraintes structurelles pesant sur l’activité économique, les effets du changement climatique et des épisodes de sécheresse prolongés. Le programme d’assainissement des finances publiques engagé par le gouvernement, bien que nécessaire, exerce également des effets à court terme sur la demande globale, tant en matière de consommation que d’investissement.
« Malgré ces pressions, l’économie conserve des fondamentaux favorables, notamment une base économique diversifiée, un environnement propice aux affaires et un cadre de politiques publiques qui contribuent à atténuer les effets défavorables de la conjoncture internationale et du conflit au Moyen-Orient », affirme Nuvin Balloo, rédacteur en chef de SBM Insights.
Dans son scénario de référence, SBM Insights anticipe un redressement de la croissance, qui pourrait atteindre 3,5 % en 2027. Cette perspective repose notamment sur une reprise attendue de l’activité mondiale, une désescalade progressive du conflit au Moyen-Orient et une normalisation relative du transport maritime international. L’amélioration graduelle des conditions financières internationales, la modération des prix des matières premières et le raffermissement des échanges commerciaux devraient également soutenir cette dynamique.
Sur le plan national, la croissance pourrait bénéficier de la performance favorable des piliers sectoriels, ainsi qu’une amélioration relative des niveaux d’exportation. La prolongation de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) jusqu’au 31 décembre 2028 constitue, à cet égard, un levier potentiel pour les exportations mauriciennes. Il convient aussi de souligner qu’une progression significative de l’investissement public et privé est attendue.
Au-delà des perspectives à court terme, cette 20e édition souligne l’urgence d’engager un programme ambitieux, mais pragmatique, de réformes structurelles. Plusieurs fragilités de longue date continuent en effet de limiter le potentiel de croissance du pays : une participation insuffisante au marché du travail, notamment chez les femmes, des gains de productivité modérés, une compétitivité extérieure perfectible et des déséquilibres commerciaux persistants. En 2025, le déficit commercial représentait ainsi 25,7 % du PIB, accentuant les pressions sur le marché des changes et pesant sur la croissance économique.
D’autres contraintes appellent une attention soutenue, notamment les limites des capacités nationales de stockage, de traitement et de distribution de l’eau, les enjeux et les vulnérabilités liés à la fiabilité de l’approvisionnement énergétique et à la compétitivité des infrastructures maritimes, ainsi que la capacité du pays à s’adapter aux chocs climatiques. Les conséquences socio-économiques du recul et du vieillissement de la population constituent également un défi majeur pour la disponibilité de la main-d’œuvre et la soutenabilité du modèle de développement mauricien.
Alors que les autorités ont déjà identifié plusieurs réformes structurelles, la concrétisation des mesures visant à stimuler la croissance et à renforcer la prospérité socio-économique de Maurice reposera sur une hiérarchisation judicieuse des priorités et une exécution soutenue. Pour Nuvin Balloo, ceci inclut aussi une conception rigoureuse des réformes : « Une attention particulière devra également être accordée aux réformes les plus sensibles sur le plan politique, en privilégiant une approche concertée et inclusive. La cohérence et la continuité de l’action publique seront déterminantes pour lever les contraintes structurelles qui freinent le potentiel de croissance du pays et inscrire son développement dans une trajectoire durable et inclusive. »

