COOPÉRATION RÉGIONALE – Pêche illégale dans l’océan Indien : La COI et l’EFCA s’engagent à mieux protéger les ressources halieutiques

Ajouter en tant que source préférée sur Google

La lutte contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) dans l’océan Indien occidental, franchit une nouvelle étape avec le lancement des composantes consacrées aux pêches de l’Agence européenne de contrôle des pêches, d’Expertise France et de la Commission de l’océan Indien (COI), dans le cadre du Sustainable Western Indian Ocean Programme, financé par l’Union européenne.

- Publicité -

Lancées en début de semaine, les composantes consacrées aux pêches de l’Agence européenne de contrôle des pêches (EFCA) misent sur la surveillance coordonnée, le partage d’informations, la recherche scientifique et le renforcement des capacités des États de la région. Cette initiative vise à renforcer la coopération entre les pays de la région afin de mieux surveiller les activités de pêche, de protéger les ressources marines et de préserver les moyens de subsistance des populations qui dépendent directement de la mer.
Pour le secrétaire général de la COI, le Dr Ibrahim Norbert Richard, la coopération entre les États constitue une condition essentielle pour lutter efficacement contre ce phénomène, qui dépasse les frontières nationales. « La lutte contre la pêche INN ne peut être efficace que si elle repose sur une coopération étroite, coordonnée et durable entre toutes les parties prenantes concernées », a-t-il souligné. Les activités de pêche et les déplacements des navires transcendant les frontières nationales, les réponses doivent s’appuyer sur le partage d’informations, la coordination des opérations, le renforcement des capacités et la mise en commun des expertises.

Le secrétaire général de la COI met ainsi en avant le rôle du Plan régional de surveillance des pêches (PRSP), que l’organisation coordonne depuis 2007 avec le soutien de l’Union européenne. Le programme Sustainable Western Indian Ocean Programme (SWIOP) permettra de consolider ce mécanisme régional, d’améliorer les capacités de surveillance des États membres et d’accroître la coopération opérationnelle entre les institutions engagées dans la lutte contre la pêche illégale.
Le PRSP mobilise les cinq États membres de la COI, ainsi que le Kenya, le Mozambique, la Somalie et la Tanzanie. Il couvre une superficie de plus de 6,5 millions de kilomètres carrés de zones économiques exclusives. Ce dispositif permet d’organiser des patrouilles conjointes en mer, complétées par des missions aériennes, tout en facilitant le partage de renseignements et la mutualisation des ressources.
Il constitue un instrument de prévention, d’intervention et de dissuasion face aux activités de pêche illicites. La COI entend également booster les synergies entre ce dispositif et l’architecture régionale de sécurité maritime, tout en soutenant la mise en place envisagée d’un centre régional consacré à la surveillance, au contrôle et à l’observation des pêches.
L’enjeu est également opérationnel. L’EFCA apportera son expertise en matière de contrôle des pêches, notamment à travers des formations destinées aux personnels chargés du suivi, du contrôle et de la surveillance, l’appui aux patrouilles conjointes organisées dans le cadre du PRSP et la consolidation des cadres législatifs et institutionnels. L’agence contribuera aussi à l’amélioration des systèmes de surveillance et des mécanismes d’échange d’informations.

- Publicité -

Sa directrice exécutive, le Dr Susan Steele, fait ressortir que les conséquences de la pêche illégale dépassent largement le seul secteur économique. « La pêche INN détruit les écosystèmes et ne s’arrête pas aux frontières nationales. Nous ne pouvons la combattre que grâce à un engagement coordonné et à une collaboration à l’échelle régionale », a-t-elle affirmé.
Selon elle, le financement européen permettra de consolider le cadre régional de contrôle et de surveillance grâce aux patrouilles conjointes, aux opérations de surveillance ciblées, au partage d’informations ainsi qu’au renforcement des institutions et des compétences. L’EFCA entend privilégier une approche pratique, menée directement sur le terrain avec les partenaires locaux, en s’appuyant sur son expérience de plus de 20 ans dans la coordination du contrôle des pêches au sein de l’Union européenne et dans le cadre de programmes de coopération internationale.

Gestion durable

- Advertisement -

De son côté, Expertise France apportera un soutien à la conservation et à la gestion des stocks de poissons en haute mer et des stocks chevauchants dans l’océan Indien occidental. Son intervention s’effectuera notamment en collaboration avec deux organisations régionales de gestion des pêches : la Commission des thons de l’océan Indien et l’Accord relatif aux pêches dans le Sud de l’océan Indien.
L’objectif est d’améliorer la collecte des données et la production de connaissances scientifiques sur ces ressources, afin de favoriser leur exploitation durable à long terme. Une assistance technique sera également proposée aux parties contractantes pour faciliter la mise en œuvre des mesures de conservation et de gestion adoptées dans le cadre de ces organisations.

Le programme SWIOP couvre les Comores, Djibouti, le Kenya, Madagascar, Maurice, le Mozambique, les Seychelles, la Somalie et la Tanzanie. Son premier pilier bénéficie d’un soutien total de 11 millions d’euros de l’Union européenne pour ses composantes liées aux pêches.

Pour Jose Maria Troncoso Perera, responsable des partenariats de la délégation de l’Union européenne auprès de Maurice et des Seychelles, cette initiative traduit une ambition commune : promouvoir une gestion durable des ressources halieutiques, augmenter la résilience des États côtiers et insulaires et consolider la sécurité maritime dans l’océan Indien occidental.
Dans une région où les populations dépendent fortement de la mer pour leur alimentation, leurs emplois et leurs revenus, la gestion durable des ressources marines représente, selon lui, un enjeu à la fois environnemental, économique, social et stratégique.
Aux Seychelles, où l’océan occupe une place centrale dans la sécurité alimentaire et l’économie nationale, les autorités voient également dans ce programme une occasion de consolider les progrès accomplis en matière de surveillance des pêches et d’apporter des bénéfices durables aux communautés de pêcheurs.
À travers cette initiative régionale, les partenaires entendent ainsi accroître les moyens de contrôle des États et mieux coordonner leurs interventions face aux activités illicites, dans le but de préserver les ressources marines et les économies qui en dépendent.

EN CONTINU ↻