Depuis 2020, l’hôpital de Souillac est utilisé comme centre de quarantaine et centre de traitement pour les patients atteints de Covid-19. Or, en une année, des membres du personnel se sont vus testés positifs à trois différentes périodes/reprises.
À ce jour ont été recensés 54 cas positifs ayant un lien avec ce centre hospitalier, qui a depuis vendredi fermé ses portes jusqu’à nouvel ordre.

De la première vague à la résurgence du virus, l’hôpital de Souillac a été le témoin premier de la pandémie.

2020

L’hôpital de Souillac a été utilisé en février de l’année dernière pour accommoder les passagers devant être admis en quarantaine à leur arrivée à Maurice, afin de prévenir la propagation de la Covid-19 parmi la communauté locale.

Avec l’évolution du virus à l’échelle mondiale, d’autres centres de quarantaine ont dû être ouverts dans l’île. Dès lors, l’hôpital de Souillac a été transformé en centre de traitement, accueillant uniquement les patients positifs à la Covid-19, comme c’est le cas pour l’hôpital ENT cette année.

L’hôpital de Souillac a, de fait, vu circuler bon nombre de cas de Covid-19 en 2020. Des patients positifs y sont malheureusement décédés, dont le patient zéro, 2e victime de la pandémie, emporté le 22 mars 2020.

Le 1er avril 2020, trois membres de cet hôpital, soit un infirmier en charge, une infirmière et un anesthésiste, avaient été testés positifs. Ces employés s’occupaient directement des patients positifs. Leurs collègues ayant travaillé dans la même équipe avaient été placés en quarantaine.

2021

L’histoire s’est répétée cette année, lorsque le ministère de la Santé a annoncé le 25 janvier 2021 que trois membres du personnel avaient contracté le virus après qu’un des patients de cet hôpital ait été testé positif. Ainsi, un infirmier, un infirmier en charge et un médecin, tous positifs, avaient été transférés à l’hôpital ENT.

Ces derniers, considérés comme guéris par le service de Santé, auraient déjà repris le travail. Le médecin serait de retour à l’hôpital de Souillac, tandis que l’infirmier et l’infirmier en charge auraient pris du service à l’hôpital de Rose-Belle.

Deux mois après ces cas et un an après les premières contaminations parmi le personnel, cet hôpital fait encore parler de lui cette semaine.

En effet, au moins 50 cas positifs y ont été recensés en 48 heures, découlant des exercices de Mass Testing et de Contact Tracing effectués à partir d’un membre du personnel, trouvé positif le jeudi 25 mars.

Une Nursing Officer, en poste au département des patients sous dialyse, a été testée positive à la Covid-19 jeudi. Le Contact Tracing a révélé, dans un premier temps, que son époux (employé du SAMU de l’hôpital de Rose-Belle) et leurs enfants sont, eux aussi, contaminés par le virus. De même que plusieurs de ses collègues.

Cette fois, le centre hospitalier a été contraint de fermer ses portes au public et de procéder à une décontamination complète. Le Contact Tracing se poursuit. La source de la pandémie est toujours à l’étude pour cette deuxième vague à Maurice.

En attendant, beaucoup de questions et de possibilités sont évoquées au sein de la communauté. Alors que certains se demandent si l’hôpital n’aurait peut-être pas été suffisamment désinfecté, d’autres se demandent si la charge virale d’un patient ou d’un membre du corps médical testé positif l’année dernière pourrait être suffisamment conséquente, augmentant le risque de transmission de nouveau, une fois retourné dans la société ou en service dans un centre hospitalier.

Aucune piste ne serait écartée. Les hauts fonctionnaires de la Santé sur la Covid-19 étudient et analysent chaque nouveau cas pour tenter de répondre à toutes ces questions.

Pour l’instant, la Dr Catherine Gaud et le ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, se sont contentés de dire qu’il n’y a pas de variant parmi les cas recensés dans la communauté locale cette année, mais qu’il s’agirait de la souche 20B qui est présente sur les 40 premiers patients locaux testés positifs à Maurice depuis le 5 mars 2021.

« C’est une souche historique qui est connue, aussi présente en Angleterre, mais ce n’est pas un variant », a expliqué la première nommée lors d’un point de presse, précisant aussi que cette souche est présente sur 63% des cas positifs en Russie.

L’île Maurice a enregistré 318 cas de contamination locale en trois semaines, soit, depuis le 5 mars 2021, et 949 cas au total depuis l’annonce des premiers cas dans l’île le 18 mars 2020.

À noter que malgré la hausse des cas, le gouvernement a « pour des raisons économiques » annoncé un déconfinement partiel à partir de cette semaine. Ainsi, plusieurs mesures ont été annoncées en ce sens, comme l’autorisation des transports scolaires (van 15 places) à véhiculer en ‘door to door’ les élèves qui iront prendre part aux examens, la distribution de milliers de WAP, ainsi que la réouverture de magasins, arcade, centre commercial.