Australie — Agression au couteau du Mauricien Martin Bacosse à Baulkham Hills — Un retour du travail qui bascule dans la violence

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Des silhouettes sous une terrasse, des intrus armés et une confrontation qui se termine par un coup de couteau au bras. Dans la nuit du 21 au 22 octobre, Martin Bacosse, un Mauricien de 24 ans établi en Australie, s’est retrouvé face à plusieurs individus masqués sur la propriété où il habite avec d’autres personnes, dont un couple âgé. Dans sa déposition à la police de Nouvelle-Galles du Sud, il raconte avoir voulu protéger les occupants avant de devoir lui-même appeler à l’aide.

« I stabbed him. I stabbed him. Let’s go. » — « Je l’ai poignardé. Je l’ai poignardé. On y va. » Ces mots, Martin Bacosse affirme les avoir entendus de la bouche de l’homme qu’il tentait de maîtriser, quelques instants après avoir senti une lame pénétrer dans son biceps droit. Autour de lui, deux autres individus avaient couru dans sa direction. Blessé, le jeune Mauricien a relâché son assaillant, craignant de subir d’autres coups susceptibles de mettre sa vie en danger.

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Quelques minutes auparavant, il rentrait simplement du travail. Cuisinier à Sydney, Martin Bacosse avait terminé son service vers 22h55, le mercredi 21 octobre. Vers 23h20, il avait pris le métro à Martin Place pour rejoindre Norwest. Arrivé à destination vers 0h10, le jeudi 22 octobre, il avait poursuivi son trajet à pied, comme à son habitude, avec de la musique dans ses écouteurs et son sac à dos sur les épaules. Au bout de ce parcours familier l’attendait une scène qui allait faire basculer sa nuit.

Vers 0h20, alors qu’il se trouvait à moins de cinquante mètres de son domicile, à Baulkham Hills, dans la région de The Hills, Martin Bacosse a remarqué des mouvements sous la pergola. Les lampes à détection de mouvement étaient allumées.

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Sa première pensée a été rassurante : peut-être un voisin était-il sorti fumer. Mais, en approchant, il a distingué plusieurs silhouettes. Leurs déplacements rapides ne correspondaient pas aux habitudes des personnes âgées vivant sur la propriété.

Des ombres sous la pergola

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« Initially, I thought the shadow may have been my neighbour having a cigarette », explique-t-il dans sa déposition. Une impression vite dissipée par ce qu’il observait.

Martin Bacosse vit depuis environ trois ans dans un logement situé à l’arrière de cette propriété, où résident également d’autres occupants. Sa chambre dispose d’un accès distinct par une porte coulissante vitrée. À cette heure avancée de la nuit, il dit avoir surtout pensé à la sécurité de ses voisins âgés.

« I felt that I had a duty of care towards my neighbours », déclare-t-il aux enquêteurs. Il précise avoir envisagé d’appeler la police, tout en redoutant que les occupants puissent être en danger avant son arrivée.

Ceinture noire de judo, il estimait pouvoir mettre son entraînement au service de leur protection.

Deux individus devant sa chambre

Après avoir remonté l’allée et franchi le portillon latéral, le Mauricien est entré sous la pergola. Les lumières étaient toujours allumées. Devant sa chambre se trouvaient deux personnes. Sa porte vitrée était partiellement ouverte et l’une d’elles regardait à l’intérieur.

« I now realised that these people were trying to break into my room », relate-t-il dans sa déclaration à la police. Dans le témoignage complémentaire qu’il nous a transmis, il raconte avoir plaqué un premier individu au sol. C’est alors qu’il aurait découvert que celui-ci portait un petit couteau de cuisine.

L’homme aurait appelé ses complices : « Please guys, don’t leave me, don’t leave. » Un autre individu était également armé. Martin Bacosse décrit un couteau de chef dont la lame mesurait, selon son estimation, environ 18 centimètres. L’homme se dirigeait vers lui. Le danger n’était désormais plus une simple intuition.

La poursuite et le coup de lame

Dans sa déposition, le jeune homme explique que l’individu qu’il avait initialement maîtrisé a pris la fuite dès qu’il l’a relâché. Martin Bacosse s’est alors lancé à la poursuite des fuyards. Il dit avoir voulu empêcher qu’ils s’en prennent à d’autres personnes et retenir l’un d’eux pour permettre son identification par la police.

Il a poursuivi celui qui tenait le couteau de chef, traversé la rue et réussi à l’agripper par l’arrière de ses vêtements avant de le tirer sur une bande gazonnée, en face de la propriété. Alors qu’il le maintenait au sol, il a aperçu deux autres personnes courir vers lui. Son attention s’est détournée de l’homme qu’il retenait.

« I dropped my guard and suddenly felt something enter my bicep », déclare-t-il. C’est à ce moment qu’il aurait entendu son assaillant annoncer l’avoir poignardé et appeler les autres à partir.

Martin Bacosse a lâché prise. Dans sa déposition, il explique ce choix sans détour : il ne voulait pas risquer une nouvelle blessure pouvant menacer sa vie. Les trois individus ont pris la fuite, selon son récit.

Sous la terrasse, l’appel à l’aide

Le Mauricien est retourné vers la maison, le bras blessé. Il a appelé un voisin et frappé à sa porte, sans obtenir de réponse. Il s’est ensuite adressé à une voisine âgée, lui a expliqué ce qui venait de se passer et lui a demandé de l’aide. Celle-ci a appelé le numéro d’urgence australien, le 000.

Le compagnon de cette voisine l’a aidé à s’asseoir sous la pergola. Son ami Leslie est sorti et a appliqué une serviette sur sa blessure. C’est dans ces instants, raconte Martin Bacosse, que la peur l’a véritablement saisi : lorsqu’il a vu le saignement et attendu que quelqu’un vienne l’aider. Il estime qu’environ cinq minutes se sont écoulées avant que des voisins lui portent secours. Sa première tentative pour arrêter lui-même le saignement avait été inefficace.

Selon son estimation, policiers et ambulanciers sont intervenus en environ sept minutes. Le point de départ précis de ce délai n’est pas indiqué dans son témoignage. Sa déposition confirme que les policiers lui ont prodigué les premiers soins à leur arrivée.

Un seul coup de couteau, selon son récit, mais une confrontation au cours de laquelle il a craint de recevoir d’autres blessures.

« I’m grateful for being alive »

Les motivations précises des assaillants restent à établir. Martin Bacosse indique ne pas penser avoir été personnellement visé. Selon ce qu’il rapporte de ses échanges avec les détectives, la piste d’un vol serait envisagée. Les individus étaient tous masqués, précise-t-il.

Pour le jeune Mauricien, cette nuit reste marquée par une conviction : en rentrant à cet instant, il a pu s’interposer avant qu’un autre occupant, plus vulnérable, ne se retrouve face aux intrus.

Il résume ainsi son état d’esprit : « I’m grateful for being alive, but I believe I was there for a reason, because if it was the old lady it would have been a different story. »

Reconnaissant d’être vivant, il pense surtout à ce qui aurait pu se produire si la dame âgée avait été la première à découvrir les hommes armés. Sa foi l’aide à donner un sens à cette épreuve. « Dieu est toujours au centre de ma vie », confie-t-il.

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