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  • Cinq suspects appréhendés par la Cybercrime Unit

Le Central CID n’a pris qu’une semaine pour enquêter sur une fraude d’environ Rs 3 millions au préjudice de SMS Pariaz Ltd, compagnie de paris en ligne appartenant à l’homme d’affaires et Advisor au Prime Minister’s Office Jean-Michel Lee Shim. Au total, cinq suspects ont été arrêtés par la Cybercrime Unit entre lundi et mercredi, la majorité étant des proches du businessman.

C’est le 14 juillet dernier que le directeur de SMS Pariaz Ltd avait porté plainte aux Casernes centrales, où il a dit avoir appris des irrégularités concernant les sommes qui devaient être déposées sur le compte de la compagnie. Une enquête interne a ainsi révélé qu’un ex-employé aurait détourné Rs 3 045 000. Aussitôt le dossier en main, les hommes de l’ASP Dawonauth ont appréhendé Nakul Anand Seenauth (27 ans), qui travaille comme consultant hippique. Ce dernier jouissait de la confiance de la direction de SMS Pariaz et avait accès au bureau de la maison mère, à Port-Louis.

Cet habitant du village de Petite-Cabane animait par ailleurs l’émission hippique en compagnie de Beatrice Kwan Tat, épouse de Burley Ah Chin Kwan Tat, parenté avec Jean-Michel Lee Shim. De par sa relation familiale avec l’homme d’affaires, elle avait pour sa part accès à bon nombre de documents de l’entreprise. Le CCID est ainsi d’avis que les deux consultants ont créé des comptes fictifs pour des paris en ligne et que, après avoir manipulé des données informatiques, ceux-ci ont fait accroire que ces « clients » avaient remporté des courses.

Toutefois, la direction s’est intéressée de près à ces « heureux veinards », qui gagnaient systématiquement de grosses sommes. C’est ainsi qu’elle a compris qu’il s’agissait de comptes fictifs. La compagnie a ensuite pu geler Rs 1 395 000, somme qui devait être encaissée par les clients. Cependant, la maison de jeu a dans le même temps constaté qu’environ Rs 1 650 000 avait déjà été “cashed”.

L’enquête policière a conduit à une première arrestation lundi, soit celle de Nakul Seenauth, dont la démission après le démarrage d’une enquête interne avait paru suspecte. Puis cela aura été au tour du couple Béatrice et Burley à être appréhendé mardi. La police a saisi un ordinateur portable, deux cellulaires, une carte de débit, deux clés USB et une voiture, soit des biens que le CCID soupçonne avoir été acquis par des fonds issus du détournement présumé.

Les parents de Burley, Manderlay (51 ans) et Jean-Claude Kwan Tat (61 ans), ont, eux, été arrêtés mercredi. La police les soupçonne d’avoir bénéficié d’une partie de l’argent détourné. Les cinq suspects, qui nient les faits, font tous l’objet d’une accusation provisoire de blanchiment l’argent. La police n’écarte pas la possibilité que d’autres personnes soient prochainement arrêtées.