Des individus se faisant passer pour des policiers ont « perquisitionné » la maison d’un ancien entraîneur national de lutte à Helvetia, accusant sa famille d’être parenté avec un caïd de la drogue purgeant une peine pour trafic. Au cours de cette fausse opération, les suspects ont emporté Rs 400 000. L’affaire a été rapportée par une femme au foyer (32 ans) à la police de Saint-Pierre mercredi.

Elle explique qu’elle se trouvait chez elle quand elle a vu cinq hommes débarquer d’un 4×4 de couleur grise et entrer dans sa cour. Le chauffeur s’est présenté comme un Field Intelligence Officer, sans toutefois montrer sa Warrant Card. Il a ensuite demandé à parler au beau-père de la trentenaire, alléguant qu’un voisin aurait porté plainte contre lui. Ce dernier, un ancien entraîneur de lutte, était toutefois absent. La plaignante explique qu’elle était perturbée de voir ces hommes, qui plus est « bien bâtis », qu’elle pensait être des policiers. Son interlocuteur a alors prétendu qu’il était en possession d’un mandat de perquisition et que son équipe devait fouiller la maison. Ce que la victime a accepté, sans qu’aucun document ne lui soit présenté.

En fouillant une armoire de la chambre, les faux policiers ont mis la main sur des liasses de billets totalisant Rs 400 000. « Alalila, sa mem ki apel blansiman larzan », aurait lancé l’un d’eux. Les « policiers » ont alors pris l’argent, ainsi que des chèques et un téléphone portable. L’un des suspects aurait ensuite déclaré à la victime qu’ils ne l’arrêteront pas, car elle a un enfant, ni son beau-père, qui est âgé. Ils ont alors quitté les lieux, sans expliquer dans quelle unité ils déposeraient le butin « saisi ».

L’époux de la plaignante est rentré à la maison juste après le départ des individus et, après avoir entendu les explications de sa femme, a trouvé étrange la manière dont l’opération s’était déroulée. Il a alors cru avoir affaire à des policiers véreux, qui avaient pris l’argent et qu’ils se partageraient entre eux sans mener d’enquête. Aussi, il a emmené son épouse au poste de police de Saint-Pierre pour les dénoncer.
Sauf qu’une fois sur place, mari et femme ont appris qu’aucune équipe du FIO n’avait mené quelconque opération à Helvetia durant la journée. La plaignante a alors compris qu’il s’agissait d’une mise en scène et qu’il s’agissait en réalité de cambrioleurs ayant emporté les biens de son beau-père. La CID de Saint-Pierre, menée par le sergent Rustom, a aussitôt initié une enquête.

Dans la soirée, après avoir obtenu certaines informations de l’équipe de l’inspecteur Seebnauth, du FIO, les enquêteurs se sont rendus Avenue Perroquet, à Flic-en-Flac. Un agent immobilier (34 ans) résidant Chemin-Grenier y avait loué un appartement, où il habitait seul. La police a alors saisi environ Rs 15 000, un tournevis, deux cagoules, une clé anglaise et un sac. Le suspect a été emmené au bureau de la CID de Saint-Pierre, où il a avoué sa participation au vol chez l’ex-entraîneur national de lutte.

Après une nuit passée en détention, il a été inculpé sous une accusation provisoire de vol au tribunal de Moka jeudi. Ses complices sont dans le collimateur de la police. L’enquête se poursuit sous la supervision de l’ASP Buchoo.