Le Premier ministre britannique Keir Starmer a décidé de suspendre l’accord sur les Chagos Islands, dans un contexte de relations de plus en plus tendues avec Donald Trump, après l’absence de validation formelle de la part des États-Unis. Au cœur du blocage : l’absence d’un échange officiel de lettres de la part de Washington, une condition juridique indispensable à l’entrée en vigueur de l’accord. Information rapportée par BBC, ce samedi 11 avril.
Selon plusieurs sources gouvernementales, Londres n’abandonne pas définitivement ce traité — qui prévoit la rétrocession de la souveraineté de l’archipel à Mauritius — mais se heurte à un manque de temps pour faire adopter la législation nécessaire avant la prorogation du Parlement dans les semaines à venir. Le texte ne devrait d’ailleurs pas figurer dans le discours du roi prévu à la mi-mai. Un porte-parole du gouvernement britannique a rappelé que Diego Garcia constitue un « atout militaire stratégique clé » pour les deux pays, soulignant que la sécurité opérationnelle à long terme de la base reste la priorité.
L’accord prévoyait que Londres cède la souveraineté à Maurice tout en louant la base militaire conjointe américano-britannique pour un montant annuel moyen de 101 millions de livres sterling.
Signé en mai 2025 et initialement salué par Washington, l’accord a été fragilisé début 2026 lorsque Donald Trump a publiquement changé de position. Le président américain avait exhorté Keir Starmer à ne pas « céder Diego Garcia ».
De leur côté, les Chagossians restent profondément divisés. Nombre d’entre eux dénoncent un accord perçu comme une trahison et souhaitent le maintien de la souveraineté britannique, dans l’espoir d’un retour futur dans l’archipel.

