Le Draupadee Ammen Kovil est situé à Belle Vue Pilot, Fond du Sac. Créé il y a plus de 150 ans il est l’un des plus anciens temples tamouls de Maurice. Magnifiquement décoré selon l’art dravidien, ce lieu de culte ouvert à tous est une oasis de couleur.

Peu importe leur confession, les visiteurs ressentent souventune certaine « énergie » en rentrant dans le temple. Mais avant d’y pénétrer, vous devez ôter vos chaussures et couvrir votre corps. À l’intérieur, place au silence ! Le Draupadee Ammen Kovil fait partie des plus anciens lieux de culte de Maurice, tout particulièrement dans le Nord.
Ce beau kovil, entouré de champs de cannes à sucre, se trouve entre Fond Du Sac et Plaine des Payayes. Dédié à la déesse Draupadee, une incarnation de la déesse Kaali, qui est le symbole de la préservation, de la transformation et la destruction, ce sanctuaire fut créé dans les années 1870.

Existence.

Il est difficile de connaître sa date exacte de construction. Mais, une chose est sûre, l’histoire du temple de Belle Vue Pilot est liée à celle des travailleurs engagés indiens. « Ce kovil a été bâtie il y a très longtemps. Personne n’est en mesure de nous donner une date exacte. Nos ancêtres nous ont dits qu’il y existe depuis plus de 150 ans, » raconte Sivaramen Darmoo Carpenen, ancien vice-président de l’association du temple.
Attaché au kovil depuis son très jeune âge, cet habitant de Plaine des Papayes est aussi l’un des plus anciens membres à 80 ans. « Le kovil se trouvait à l’époque au beau milieu des champs de cannes à sucre et était sous la responsabilité d’un couple d’immigrés indiens, Ayamai et son épouse. Ils avaient été recrutés par des Britanniques pour travailler dans les sucreries, » poursuit-il. Le Draupadee Ammen Kovil fut construit avec de la paille. « Il s’agissait de feuilles sèches de vétiver et de cannes. Il y avait aussi des tiges de « fataques ». Le sol était maçonné de bouse de vache alors que la divinité – la statue de Draupadee – installée fut taillée dans la pierre, » explique le vieil homme, affectueusement appelé Annai. Avant d’ajouter : « Nos ancêtres y réunissaient régulièrement pour faire des prières. Après le départ de Ayamai, c’est mon grand-père Ayasamy Carpenen qui s’est occupé du kovil. Mon père, Sellamootoo Carpenen prit ensuite la relève et devint le président de l’association de temple. »
Reconstruction.

En 1945, le kovil a été amélioré avec des feuilles de tôle et du bois pour être reconstruit, des années plus tard, soit en 1960, en béton. La cause ? Une certaine… Carol ! Ce cyclone avait balayé plusieurs habitations et le Draupadee Ammen Kovil se trouvait parmi. « Notre kovil n’avait pas résisté au cyclone Carol et a été complètement détruit. Les fidèles ont alors décidé de fonder une association et ont mis la main à la pâte pour ériger un petit temple en béton , » confie Gopalsamy Mooneegadoo, qui est un des ex-présidents de l’association. Avant de poursuivre : « Les membres aident volontairement à gérer le kovil, ils partagent tous l’amour de Dieu et travaillent pour propager la culture tamoule. »

Ce n’est qu’après 1998 que le kovil a été reconstruit. Le temple est mis en valeur grâce aux couleurs. Plus d’une centaine de statues ont été sculptées par deux frères architectes, Sooboo et Nadarajen, venus de Tamil Nadu, avec l’aide des fidèles et des sympathisants. « De volontaires se sont aussi déplacés pour faire du porte à porte afin de recolter des fonds pour la construction du temple, » affirme Gopalsamy Mooneegadoo. Il continue : « Désormais, le lieu de culte n’est plus ce qu’il était jadis. Le petit temple est devenu grand et se trouve quasiment au bord de la route. Les murs intérieurs et le plafond sont aussi décorés de peintures. Et plusieurs divinités, notamment les Dieux Ganesha, Muruga, et Krishna ou encore le Maha Vishnu, ont été rajoutées au fil du temps. Le Maha Vishnu se trouve à l’extérieur, dans le jardin, et est l’un des attractions du temple».

Après trois année de travail, le Draupadee Ammen Kovil s’est transformé en un temple exceptionnel. Le temple tamoul, désormais sous la responsabilité de Steven Carpenen (le président), fut inauguré en 2001. Et selon notre interlocuteur, ce havre de paix est, comme tous les autres kovils de l’île, rénové chaque douze ans.
Croyance.

En sus d’être l’un des plus anciens dans la région Nord, le Draupadee Ammen Kovil est aussi l’un des plus fréquentés, ouvert à toutes les communautés. Il reçoit la visite continue de croyants venus des quatre coins de l’île. « Ce temple a la réputation d’exaucer les voeux. Et je dois vous avouer que la liste de témoignage est trop trop longue. On reçoit même la visite fréquente des touristes qui nous demandent de faire des prières pour eux. Ils n’hésitent même pas à déposer quelques pièces de monnaie après leur visite en guise de don, » confie Annai. Aussi, les croyants exercent de nombreuses cérémonies religieuses chaque année : le Pongal, le Govinden Pooja ou encore les marches sur le feu, et le Thaipoosam Cavadee, dédié à Murugan, célébrés depuis janvier 1944.