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  • Le leader adjoint du MMM en faveur de compléter le calendrier scolaire cette année

Le MMM, qui dénonce un « grand cafouillage » par rapport à la rentrée scolaire le 1er juillet, avance que Leela-Devi Dookun-Luchoomun, ministre de l’Éducation, a fait preuve d’« amateurisme » sur cette question et sur d’autres aspects quant à la suite de l’année scolaire. « La rentrée se fait dans le cafouillage et d’après les nombreuses critiques qu’on entend venant de plusieurs milieux il semble que la ministre a travaillé avec beaucoup de légèreté et d’amateurisme sur ce dossier », a déclaré hier après-midi Ajay Gunness, leader adjoint de ce parti, lors d’une conférence de presse. Ce dernier partage l’avis de ceux qui suggèrent le déroulement du 2e et du 3e trimestre cette année au lieu de compléter l’année scolaire en 2021.

Le nouveau calendrier scolaire prenant fin en mars 2021a été une des principales questions abordées hier par Ajay Gunness et Arianne Navarre-Marie, qui ont animé cette conférence de presse en présence d’autres membres du parti mauve.  Les deux intervenants ont fustigé sévèrement la ministre de l’Éducation pour le manque de consultations avec les stakeholders de l’éducation primaire et secondaire avant de définir ce  calendrier. Selon eux, ce calendrier ne se prête pas au contexte mauricien et ils sont d’avis eux aussi que les trois premiers mois de l’année ne constituent pas la période appropriée pour le déroulement du troisième trimestre ainsi que pour la tenue des évaluations en fin d’année scolaire en raison, ont-ils fait remarquer, de nombreux jours fériés pour des fêtes religieuses et aussi à cause de la saison des pluies torrentielles et des cyclones.

Le leader adjoint du MMM est convaincu qu’il  « est  possible » de boucler le calendrier scolaire 2020 au mois de décembre et même d’organiser, selon lui, les examens de fin d’année scolaire y compris ceux de SC/HSC au mois de décembre.  « Les autorités auraient pu négocier avec Cambridge pour la tenue des examens vers la fin de décembre pour terminer en janvier. Si la ministre avait eu des consultations comme il se doit avec les stakeholders le ministère aurait eu une meilleure proposition pour le calendrier scolaire », a affirmé hier le dirigeant du MMM. Ce dernier, qui est lui-même enseignant de profession, propose treize semaines d’école pour le deuxième trimestre et douze semaines pour le troisième et dernier trimestre scolaire. En outre, selon le leader-adjoint du MMM, les autorités « auraient  pu exceptionnellement cette année proposer des cours le samedi » pour renforcer l’enseignement et d’après ses calculs, le nombre d’heures pour « treize saturday classes équivalant à deux semaines de travail ». « Il était possible d’aménager un calendrier scolaire qui aurait permis l’organisation des examens locaux et internationaux cette année », a maintenu le leader-adjoint du MMM.

Arianne Navarre-Marie, qui s’est appesanti pour sa part sur l’organisation des cours à distance à la télévision et en ligne pendant le confinement, a souligné hier le manque de formation des enseignants  pour ce type d’enseignement et elle a ajouté que les cours offerts n’étaient pas aux normes. Selon la députée du MMM  « la majorité d’enfants » n’ont pu suivre les Online Courses parce qu’ils n’ont pas les outils informatiques nécessaires et n’ayant pas de facilité d’internet à domicile. « D’après nos  renseignements il y a eu moins de 25% d’enfants qui ont pu suivre le Online Teaching durant le confinement », a déclaré Arianne Navarre-Marie. Celle-ci s’est demandé si la distribution de 2572  tablettes aux enfants dont les familles se trouvent sur le Registre social national, annoncée par le gouvernement le 8 mai dernier, a été faite et à quelle date. Elle estime, par ailleurs, qu’il est nécessaire d’entreprendre une enquête scientifique des cours en ligne pendant le confinement afin d’évaluer l’efficacité de ce type d’enseignement et dans le but aussi de concevoir une politique de l’enseignement à distance qui soit égalitaire et dont tous les enfants indistinctement en seront les bénéficiaires.

Par ailleurs, selon les observations d’Arianne Navarre-Marie, le « cafouillage » entourant la rentrée scolaire serait les conséquences du « manque de communication et de coordination » entre le Premier ministre et son ministre de l’Éducation ; et elle a pris pour exemple les différentes dates annoncées par ces deux dirigeants du pays pour la réouverture de l’école. La députée mauve ajoute que ce  « cafouillage » ainsi que les différents problèmes pratiques dont font état des chefs d’établissements ces jours-ci seraient dû aussi, à l’absence de communication avec les stakeholders. « Si la ministre avait mis son arrogance de côté pour discuter avec tous les stakeholders il n’y aurait pas eu autant d’incohérences dans les décisions et de problèmes »,  a soutenu Arianne Navarre-Marie.