Au lendemain d’une PNQ particulièrement tendue à l’Assemblée nationale, le leader de l’opposition, Joe Lesjongard, a réuni la presse ce matin, mercredi 6 mai. Décidé à dénoncer la gestion des fonds publics par l’actuel gouvernement, le leader de l’opposition a exposé trois dossiers : un concert pour la fête du Travail boudé par le public, des contrats d’huile lourde à la STC jugés suspects, et une hausse de 15 % des tarifs d’électricité qualifiée d’« illégale ».
Joe Lesjongard a d’abord dirigé ses critiques vers le concert gratuit de la fête du Travail, organisé par l’État sur l’esplanade de la municipalité de Port-Louis. Pour le leader de l’opposition, cet événement financé par l’État représente un véritable naufrage budgétaire. Plus de Rs 1,5 million de fonds publics ont été englouties dans l’organisation de ce concert. Pourtant, malgré la gratuité totale des transports en commun par bus et métro ainsi que des conditions météorologiques très favorables, l’affluence réelle sur le terrain n’a pas dépassé les 200 personnes, en incluant le personnel de service et les techniciens présents.
Le leader de l’opposition a vivement dénoncé la tentative du ministre de tutelle de masquer ce désert physique en mettant en avant les chiffres d’audience sur les réseaux sociaux. Il s’est insurgé contre cette défense virtuelle en déclarant : « Quelle est sa réponse ? Il vient nous parler des vues en ligne ! Il cite Facebook, YouTube, TikTok… et affirme qu’il y a eu 345 600 vues. Mais de quel genre de concert s’agit-il ? Un concert en direct ? Comment peut-on déployer autant de moyens pour ensuite venir donner une telle réponse au Parlement ! »
Pour Joe Lesjongard, ce boycott massif de la population sur le terrain est un signal politique fort de rejet adressé directement au gouvernement en pleine période de difficultés économiques. Il a martelé que « le public ne s’est pas déplacé pour montrer que lorsque le pays traverse une crise, que les gens souffrent, et que les ministres eux-mêmes demandent de « serrer la ceinture », on ne peut pas accepter qu’un gouvernement gaspille l’argent public de la sorte. »
Le cœur de l’offensive de Joe Lesjongard a ciblé l’importation d’huile lourde (Heavy Fuel Oil) par la State Trading Corporation pour le compte du Central Electricity Board. Documents officiels à l’appui, il a mis en lumière des anomalies financières et contractuelles majeures qui pèsent sur les factures d’électricité des Mauriciens, notamment concernant les transactions avec la firme Saara Energy Resource Limited.
Selon le leader de l’opposition, « le premier point litigieux remonte à la fin de l’année 2024. Suite à la rupture du contrat du précédent fournisseur étranger, Two Rivers DMCC, la STC devait commander d’urgence trois cargaisons restantes pour éviter une rupture de stock. Au lieu de négocier un prix de gros global pour l’ensemble des cargaisons, la STC a choisi de scinder les commandes. Elle a ainsi acheté une seule cargaison en urgence auprès de Saara Energy avec une prime (premium) exorbitante de 96 USD par tonne métrique, avant de commander les deux cargaisons suivantes à 73 USD seulement quatre jours plus tard ». Joe Lesjongard estime que ce manque d’organisation flagrant a coûté des sommes colossales à l’État.
Le second point concerne « le contrat de gré à gré d’un an signé en 2026. Sous prétexte de la crise géopolitique au Moyen-Orient, la STC a signé un nouvel accord directement avec Saara Energy, sans aucun appel d’offres ». Pour le leader de l’opposition, l’opacité est totale puisque la prime a été majorée de 25 USD par tonne métrique, alors même que le contrat initial stipulait que les premiums devaient rester fixes durant toute la durée de l’entente.
Joe Lesjongard s’interroge sur la pertinence d’engager le pays sur le long terme avec ce fournisseur alors que des alternatives plus économiques existaient, notamment un accord de gouvernement à gouvernement en négociation avec l’Inde. Il s’est demandé publiquement : « Pourquoi, alors que nous savons que des négociations sont en cours avec le gouvernement indien pour un accord de gouvernement à gouvernement afin de sécuriser notre approvisionnement, pourquoi signons-nous un contrat d’un an avec une autre compagnie ? Pourquoi engager le pays sur une telle période ? »
Dernier dossier brûlant abordé lors de cette rencontre avec la presse : la hausse de 15 % des tarifs d’électricité récemment imposée aux consommateurs. Joe Lesjongard affirme que cette majoration s’est faite au mépris le plus total des procédures strictes prescrites par The Electricity Act 2005.
En s’appuyant sur les sections 26, 27 et 28 de la loi, le leader de l’opposition a rappelé que l’Utility Regulatory Authority a l’obligation légale de mener des consultations publiques et d’examiner les objections des usagers avant d’avaliser toute hausse réclamée par le CEB. L’organisme de régulation ayant fait l’impasse sur cette étape démocratique et obligatoire, la hausse publiée dans la Government Notice du 30 avril est, selon lui, juridiquement caduque. Même le statut de hausse temporaire évoqué par les autorités ne les dispense en aucun cas de respecter la loi.
Il a fermement dénoncé cette situation en affirmant que « cette procédure de consultation obligatoire selon la loi n’a pas été suivie. Nous affirmons que cette hausse des tarifs publiée à travers un avis officiel est illégale ! Toutes les autorités concernées, y compris le gouvernement, doivent assumer leurs responsabilités. »
Le leader de l’opposition entend bien maintenir une pression constante sur l’hôtel du gouvernement. Entre ce qu’il qualifie de gaspillage populaire le 1er mai et un non-respect flagrant des procédures de l’Electricity Act, Joe Lesjongard prévient que l’opposition ne lâchera pas prise.

