“Eu égard aux nombreuses violations observées ces derniers temps, il est évident que le pays se dirige vers une autocratie. Maurice est aujourd’hui un simulacre de démocratie.” C’est l’avis partagé par le leader du PTr qui, lors d’une conférence de presse vendredi, a passé en revue la situation dans le pays. Pour Navin Ramgoolam, “la ligne rouge a été franchie”.
Le leader des rouges critique vertement la gestion du MSM du pays avec, cite-t-il, le mépris des principes de droits, dont l’organisation des élections libres et équitables, la liberté d’expression et de protestation, et l’État de droit. Selon lui, tous ces éléments sont attaqués par le MSM et “nous assistons à l’érosion systématique de la démocratie.”D’ailleurs, note-t-il, s’attardant sur le chapitre de la liberté d’expression, “dès que des critiques sont formulées contre le GM sur les médias sociaux, les auteurs sont interpellés par la police.” Navin Ramgoolam déplore aussi les arrestations lorsque les citoyens veulent protester pacifiquement.
Pour le leader des rouges, “nous sommes dans un État voyou et mafieux. Nous ne sommes pas dans un État de droit.” Il cite le cas de la déportation du Slovaque Peter Uricek, estimant que “l’indépendance du judiciaire a été carrément bafouée par l’exécutif”. À travers cette déportation, dit Navin Ramgoolam, “l’exécutif a montré son mépris pour le judiciaire en ignorant un ordre de la Cour suprême.” Et sans la loi, c’est la tyrannie, souligne-t-il, s’insurgeant également que les membres du barreau, y compris le président du Bar Council, Yatin Varma, “ont été traités de manière méprisante”.
Courses hippiques : “Fer plaisir Lee Shim”
Avançant une série de questions quant à la déportation du Slovaque, le leader du PTr se demande si cet exercice avait été planifié. Il s’interroge quant à “qui a signé l’ordre de déportation en dépit d’un ordre émis par la Cour suprême ? Est-ce que ce n’est pas un outrage à la cour ?”
Relevant de même que Peter Uricek était à Maurice depuis 2018, donc n’était pas un touriste, Navin Ramgoolam demande également si “la due diligence nécessaire avait été effectuée avant de lui donner un permis de séjour ?” Il note par ailleurs qu’il y avait une “red notice” contre le Slovaque depuis 2019 et dit soupçonner que Peter Uricek “bénéficiait d’une protection quelque part”. Faisant référence au cas de la déportation, sous le régime de SAJ, d’une Sri-lankaise enceinte en 1993, qui avait débouché sur la démission de l’ancien juge Ahnee pour une question de principe, Navin Ramgoolam, citant également “la tentative de la police de procéder à l’arrestation du DPP”, conclut que “lorsque le MSM est au pouvoir, personne n’est en sécurité”.
Ne mâchant pas ses mots envers le GM, le leader du PTr poursuit en s’insurgeant de l’éviction du Mauritius Turf Club (MTC) du Champ de Mars, alors que le club est l’organisateur des courses hippiques de depuis 210 ans. Il fait ressortir que la municipalité de Port-Louis n’a pas suivi les procédures avant de prendre la décision d’expulser le MTC du Champ de Mars et estime que “le MSM veut effacer 210 années d’histoire pour contrôler les courses. Ils agissent avec le MTC tout comme ils l’ont fait avec la BAI, avec Betamax, Air Mauritius… ” Derrière l’objectif du GM de contrôler l’organisation des courses se cache l’ambition du MSM de “faire plaisir au principal bailleur de fonds du MSM, Jean-Michel Lee Shim, et d’accumuler un trésor de guerre en vue d’acheter la conscience d’un certain nombre d’électeurs lors des prochaines élections générales”, pense Navin Ramgoolam. Selon lui, le patron de la GRA, Dev Beekharry, n’est qu’un “instrument entre les mains de Pravind Jugnauth, le principal responsable de la situation”.
Pour le PTr, “il est urgent que le GM s’en aille.” On ne peut attendre la fin de son mandat de cinq ans, dit le leader des rouges, faisant ressortir que le GM ignore la souffrance de la population. Avançant que “le régime en place pense qu’avec sa money politics, la manipulation du MTC, la fraude électorale et une campagne communale, il pourra remporter les élections”, Navin Ramgoolam, pour qui “chaque jour de plus que ce GM reste au pouvoir, il coule un peu plus le pays”, rappelle que “c’est le peuple qui décide !”

