Le ministre du Logement et des Terres, Shakeel Mohamed, a porté la voix de Maurice à la tribune des Nations unies, jeudi 16 juillet à New York, lors de la réunion de haut niveau consacrée à l’examen à mi-parcours du Nouvel Agenda urbain. Il a appelé la communauté internationale à prendre des engagements mesurables en faveur du logement, de la résilience climatique et des petits États insulaires.
Organisée dix ans après l’adoption de cet agenda à Quito, la rencontre devait évaluer les progrès accomplis vers des villes plus inclusives, sûres et durables. Le constat reste toutefois préoccupant : 1,16 milliard de personnes vivent dans des bidonvilles ou des habitats informels, soit 170 millions de plus qu’en 2016, tandis que près de trois milliards de personnes ne disposent toujours pas d’un logement adéquat.
« Nous ne sommes pas seulement en retard : nous avançons dans la mauvaise direction », a averti Shakeel Mohamed. Il a particulièrement insisté sur la vulnérabilité des petits États insulaires, qui subissent de plein fouet les effets d’une crise climatique qu’ils ont peu contribué à provoquer.
« Pour les petits États insulaires en développement, le Nouvel Agenda urbain n’est pas un document de politique publique. C’est un document de survie », a-t-il déclaré, rappelant que la montée des eaux menace les maisons, les routes, les activités économiques et parfois l’existence même de certains villages.
Le ministre a également évoqué les populations déplacées par les conflits, estimant que le droit à un logement adéquat ne pouvait être défendu tout en fermant les yeux sur la destruction de quartiers entiers.
Maurice a formulé trois demandes : des objectifs internationaux chiffrés avec des échéances précises, un accès plus rapide et concessionnel aux financements climatiques, et la reconnaissance du caractère désormais mondial de la crise du logement.
La réunion s’est achevée par l’adoption d’une déclaration politique appelant à accélérer la construction de logements abordables et à renforcer la résilience urbaine. Mais aucun nouveau fonds ni engagement financier contraignant n’a été annoncé. D’où cette conclusion du ministre : « Ne quittons pas cette salle avec une nouvelle déclaration. Quittons-la avec une décision. »

