Démission, lundi, de Jean Karl Elysée, activiste incontournable du PTr à Pamplemousses/Triolet (No 5), suite à la déposition de Nasser Bheeky
Navin Ramgoolam à Grand-Bois : « Il n’y a pas d’ingérence. Ceux qui ont fauté doivent assumer les conséquences »
La bande sonore compromettante soumise à l’épreuve de l’authentification au QG de la FCC avec probablement recours à une expertise étrangère
La décision de la Financial Crimes Commission d’initier une enquête sur la base d’un affidavit et d’un enregistrement audio au sujet des allégations d’extorsion de Rs 350 millions en marge de l’arrestation de l’homme d’affaires malgache, Mamy Ravatomanga, a débouché sur des conséquences au Prime Minister’s Office et également à la tête du National Security Service (NSS). Ainsi, Jean Karl Elysée, Senior Advisor au Prime Minister’s Office (PMO), a soumis sa démission, lundi, du Prime Minister’s Office et se retrouve également sous le coup d’un Notice on Departure émis par la Financial Crimes Commission. D’autre part, le No 1 du NSS, l’ACP Mohunlall Madhow a été muté de ses fonctions toujours en début de semaine.
En parallèle, la bande sonore déposée par l’ancien agent du Parti travailliste, Nasser Bheeky, à la Financial Crimes Commission (FCC) fait actuellement l’objet d’une analyse au Forensic Lab, au Réduit Triangle. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer l’authenticité de la conversation enregistrée entre le dénommé Jean Karl Elysée et David Jean Christian Thomas, présenté comme le bras droit de l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga.
D’après des renseignements recueillis par les enquêteurs, la conversation – qui porterait sur une tentative de soutirer Rs 350 millions à Mamy Ravatomanga – aurait eu lieu lors d’un appel effectué via un réseau social. Cette particularité pourrait compliquer le travail d’authentification de l’enregistrement. La Financial Crimes Commission n’écarterait d’ailleurs pas la possibilité de solliciter Meta, la maison mère de Facebook et WhatsApp, afin d’obtenir des éléments techniques susceptibles de confirmer l’existence de cet échange.
Dans l’immédiat, le Forensic Lab de la FCC serait en mesure d’obtenir un résultat préliminaire sur l’authenticité de la conversation. Pour cela, les deux protagonistes devront, au préalable, fournir des échantillons de leur voix afin de permettre une comparaison avec celles de l’enregistrement. Ainsi, Nasser Bheeky s’est rendu au QG de la FCC lundi, accompagné de Me Samad Golamaully. Il a confirmé aux enquêteurs ne pas avoir « tampered » avec la bande sonore, composée de trois audios, remise à la commission à la fin de la semaine dernière.
Nasser Bheeky a également affirmé que David Jean Christian Thomas lui avait transmis l’enregistrement. Celui-ci a été aussi convoqué par la FCC le même jour afin de fournir des explications sur les circonstances dans lesquelles il aurait remis cette bande sonore à Nasser Bheeky. Son avocat, Me Arassen Kallee, étant actuellement absent du pays, il a souhaité fournir sa version plus détaillée ultérieurement. Il devra confirmer de manière officielle si cette conversation a eu lieu.
Le décryptage complet de la bande sonore ne devrait intervenir qu’une fois son authenticité établie. Cet exercice permettra ensuite aux enquêteurs de retranscrire les échanges et de déterminer les éventuels liens avec les différents protagonistes cités nommés ou sous des noms de code.
Par ailleurs, la FCC a émis un « Notice on Departure » à l’encontre de Jean Karl Elysée. Ce dernier s’est présenté au Central CID en début de semaine, accompagné de son avocat, Me Akil Bissessur. Il maintient que la bande sonore ne serait pas authentique et que sa diffusion lui porterait préjudice. Il a également remis son téléphone portable à la police afin qu’il soit soumis à une analyse. Sa version est suspendue à ce que révèlera David Jean Christian Thomas.
Par ailleurs, l’affaire de la bande sonore a indirectement précédé le transfert, en début de semaine, de l’ACP Mohunlall Madhow à la Southern Division. Le surintendant Rajeshwar Ramsawock assure désormais la suppléance à la tête du National Security Service (NSS), dans l’attente de la nomination d’un responsable à la tête de cette agence de renseignements. Des recoupements d’informations indiquent que des officiers affectés au NSS auraient signalé l’existence de cette bande sonore bien avant sa diffusion lors du congrès du Mouvement Socialiste Militant, à Grand-Bois, vendredi dernier. La hiérarchie du NSS aurait toutefois minimisé son impact.
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La démission d’Elysée — Le PM: « Pas d’ingérence! »
Interrogé par la presse à l’issue de la cérémonie au sujet de la démission de Jean Karl Berty Elysée de son poste de Senior Adviser au Prime Minister’s Office (PMO), à la suite de la diffusion d’un enregistrement présenté comme lié à l’affaire Mamy Ravatomanga, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a surtout mis l’accent sur le Timing de cette diffusion. Il a déclaré qu’il fallait d’abord « s’interroger sur le timing de cet enregistrement », avant de s’en prendre aux méthodes qu’il attribue à ses adversaires politiques.
Navin Ramgoolam a notamment comparé la démarche autour de cet enregistrement à des pratiques relevant, selon lui, de la « mafia », évoquant des procédés visant à piéger ou à exercer des pressions sur certaines personnes.
Il a directement fait le rapprochement avec le MSM, affirmant que le « système MSM » était, selon lui, « dans zot ADN ». Revenant sur les dix années de gouvernement de ce parti, il a évoqué les « arrestations arbitraires », le « planting », ainsi que des pratiques d’intimidation et de représailles.
Le Premier ministre a, dans le même temps, rejeté toute idée d’ingérence politique dans le traitement de cette affaire. « Il n’y a pas d’ingérence. Ceux qui ont fauté doivent assumer les conséquences », a-t-il affirmé
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Joanna Bérenger sur Facebook : « Pa dir pa’nn dir »
« PA DIR PA’NN DIR! Kan Paul ti pe denonse dan konferans de pres, dan Biro Politik, zot rapel ki bann MMM ek ReA ti pe dir? Pena « preuves ». Li ti met an gard kont enn gang des 5 ki pe fer fraka dan PMO. Me zot inn swazir pou pa krwar li, pou ferm lizie, pou bous zorey. Zot inn swazir pou vinn konplis », écrivait dès lundi Joanna Bérenger du Fron Militan Progresis (FMP) et Whip de l’opposition sur sa page Facebook.

