Les habitants veulent voir la police en uniforme
À deux semaines de la fête des mères, Agaléga est actuellement confrontée à une pénurie de boissons gazeuses, de jus en brique, de snacks et d’autres produits de consommation que l’on retrouve habituellement sur les tables lors des jours de fête. Les habitants des deux îles d’Agaléga savent bien qu’en dépit de leurs griefs à ce sujet et même si les autorités mauriciennes en sont averties, ils n’auront pas accès à ces commodités de sitôt. Ils devront faire preuve de patience et attendre l’arrivée du Mauritius Trochetia, en juin prochain, pour retrouver ces produits dans leurs boutiques.
Les Agaléens espèrent que les autorités prendront conscience de l’augmentation de la consommation de certains produits par les habitants et qu’elles reverront les quantités acheminées, afin que les foyers n’en soient plus privés.
Par ailleurs, dans un autre registre, tous les Agaléens ne voient pas d’un bon œil la proximité que certains membres de la force policière entretiennent avec la société civile. D’une part, parce que cette proximité freine le respect de la loi et, d’autre part, elle ralentit la lutte contre la culture illégale du cannabis sur l’île.
« Que des policiers ne portent pas l’uniforme à Agaléga n’est pas une légende. C’est un fait depuis longtemps. Quel signal envoient-ils à la population lorsqu’ils circulent et travaillent en civil ? », demande une habitante. Partageant l’avis de cette dernière, un autre résident de l’île du Nord ajoute : « Ici, lorsqu’il y a des fêtes au centre communautaire, des policiers s’invitent d’eux-mêmes. Zot vinn danse. Nous en avons assez de ce comportement. Ils tolèrent la vente illégale de boissons alcoolisées. Nous savons où vont des poissons et des ourites. Pensez-vous qu’ils sont craints ? Qu’ils sont en mesure de faire respecter la loi ou de ramener l’ordre lorsqu’il y a des conflits de voisinage ? »
C’est ainsi, racontent ces derniers, qu’à chaque fois que des Agaléens, opposés à la culture du cannabis dans les régions boisées, déracinent des plants, les bagarres entre eux et les « propriétaires » dégénèrent. « Les policiers ne peuvent même pas intervenir parce qu’ils sont proches de certains habitants et se retrouvent en mauvaise position pour prendre des sanctions, puisqu’ils tolèrent eux-mêmes des activités contraires à la loi ! À un moment, il faut que la police porte l’uniforme et se fasse respecter. Nous en avons assez de ce comportement », déplore un Agaléen.

