L’Audit relève un chapelet de manquements dans le secteur de l’agro-industrie. La production bovine stagne, les terres cultivables sous-utilisées, plusieurs éleveurs porcins, qui n’ont pas renouvelé leur bail à Saint-Martin et surtout, le contrôle inefficace sur l’utilisation des pesticides est inefficace. Au niveau de la pêche, les cartes de pêcheurs ont été distribuées, sans une étude de la contribution réelle au secteur.
Le rapport note qu’aucun cheptel reproductif n’a été importé depuis septembre 2020. La raison étant qu’il n’y avait pas d’unité de quarantaine pour accueillir de nouvelles têtes de bétail. De même, il est souligné que le Melrose Cattle Reproduction Farm opère en dessous de ses capacités. Cette ferme a pourtant coûté Rs 95 millions et les opérations ont démarré en décembre 2019.
Des lacunes ont aussi été relevées à l’unité d’élevage porcin de St-Martin, Phase 2, où les contrats de plusieurs éleveurs ont expiré. Sur le plan agricole, il est noté que les terres cultivables sont sous-utilisées, résultant en une baisse de la production. Un manque de main-d’œuvre a été évoqué. Le rapport fait ressortir également la production insuffisante de graines et de plantules dans les centres dédiés.
Au niveau du Food Technology Laboratory de Réduit, la présence du métro à proximité affecte le travail et les résultats. D’ailleurs, des fissures attribuées aux travaux liés à la ligne de Metro Express attendent toujours d’être réparées. De même, les points de lumière dans l’enceinte du laboratoire ont aussi été affectés par ces travaux.
Par ailleurs, le rapport pointe du doigt le contrôle inadéquat au sujet de l’utilisation des pesticides. Il est estimé que les échantillons collectés ne sont pas suffisants. De même, des résidus de pesticides dépassant le taux autorisé ont été relevés, mais il a été impossible d’identifier les planteurs concernés, faute d’un système de données approprié.
Même dans les cas où les planteurs ont été identifiés, ils n’ont eu qu’un Improvement Notice et pas d’amende. Ils ont un délai de 14 jours pour se conformer aux règlements. Toutefois, relève le rapport, la plupart du temps, il n’y a pas de suivi. Même en cas de récidive, il n’y avait pas d’amende appliquée.
Le contrôle de chiens errants par le ministère est également critiqué. Le rapport déplore l’absence d’un Strategic Plan pour réduire la population des chiens errants. Le dernier recensement des chiens remonte à 2013, avec une population de 246 000 têtes, dont 57 000 chiens errants. Une campagne de stérilisation de masse a été lancée en 2022. À septembre 2025, Rs 42 millions ont été dépensées pour cela, pour un total de 24 202 chiens. La MSAW a également indiqué qu’à mai 2025, 90% des maîtres des chiens n’étaient pas enregistrés.
Économie bleue
Le rapport relève que la mise en application des Marine Protected Areas (MPA), comme indiqué par la Fisheries Act, n’a pas été concrétisée. La raison étant que le MPA Fund n’a pas été établi. Les différentes requêtes auprès du ministère des Finances ont été sans succès. Dans les parcs marins existants, notamment à Balaclava, un manque de suivi, principalement dû au manque de gardes-pêche a été souligné.
Le budget 2021-22 avait fait provision pour des mesures pour explorer des ressources inexploitées, dans la Zone économique exclusive de Maurice. En dépit d’un appel d’offres en 2022, ce projet n’a pu être concrétisé. Il est estimé que le ministère n’avait pas l’expertise nécessaire pour cela.
Le rapport relève des faiblesses également dans la lutte contre la pêche illégale. Il est reproché au ministère de ne pas mobiliser suffisamment de ressources pour cela.
Par ailleurs, la relance de l’aquaculture est suggérée. Le rapport note que Maurice dépend fortement de l’importation. Les prises pour ces trois dernières années ne représentent seulement que 20,7% de la consommation locale.
Le rapport mentionne également qu’il n’y a eu aucune étude certifiant que l’attribution de nouvelles cartes de pêcheurs ont contribué à production. Pour l’année financière 2024-25, le ministère a déboursé Rs 384 M en termes d’assistance financière aux pêcheurs artisanaux, incluant l’allocation de mauvais temps.

