BAUX DE CHASSE, PÊCHE ET ÉCOTOURISME : 54 concessions accordées sur près de 8 700 hectares de terres de l’État

– Quatre baux résiliés et deux non renouvelés en trois ans pour non-respect des conditions, impayés ou infractions à la loi

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Le ministère de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et de la Pêche affirme vouloir renforcer la transparence et la bonne gouvernance dans l’attribution des baux de chasse, de pêche et d’écotourisme sur les terres de l’État. Répondant cette semaine à une interpellation parlementaire du député Farhad Aumeer, le ministre Arvin Boolell a indiqué que 10 270 hectares de terres de l’État relevant du Forestry Service sont actuellement réservés à ces activités.

À ce jour, 54 baux, couvrant une superficie totale de 8 696 hectares, ont été accordés en vertu du Shooting and Fishing Leases Act. Le ministre a toutefois mis en exergue que 48 de ces baux avaient été octroyés sous le précédent gouvernement, entre juin 2021 et septembre 2024. Depuis novembre 2024, l’actuel gouvernement n’a accordé que six nouveaux baux, après un processus de vérification présenté comme plus rigoureux.

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Arvin Boolell a expliqué que chaque demande fait désormais l’objet d’un exercice de Due Diligence mené par le Forestry Service avant d’être examinée par un comité directeur présidé par le Senior Chief Executive du ministère. Ce comité réunit notamment des représentants du ministère des Finances, du ministère du Tourisme, du Registrar of Associations, de la police, du Forestry Service et du National Parks and Conservation Service. Ce n’est qu’après une recommandation favorable que le ministère approuve l’octroi d’un bail.

Le ministre a également précisé que les baux de chasse et de pêche sont accordés pour une durée initiale de sept ans, renouvelable une seule fois, pour une durée maximale de quatorze ans, à condition que le locataire ait respecté l’ensemble de ses obligations, notamment en matière de préservation du gibier. Les baux destinés à l’écotourisme peuvent, quant à eux, être prolongés jusqu’à une durée maximale de vingt ans.

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Au cours des trois dernières années, quatre baux ont été résiliés et deux autres n’ont pas été renouvelés.

Parmi les résiliations figure celle de Eco Deer Park Association, portant sur 250,76 hectares à Dayot et Mangin. Le bail a été annulé en mars 2023 après que le bénéficiaire eut mené des activités ne relevant pas des dispositions du bail et de la législation applicable. Le ministre a rappelé qu’à l’époque, l’ancien ICAC enquêtait sur des allégations de corruption impliquant un ancien ministre de l’Agro-industrie ainsi que sur une affaire présumée de blanchiment d’argent liée à cette association.

Le bail accordé à Agrihunt and Lodge Ltd, couvrant 75,69 hectares, a quant à lui été résilié en janvier 2026 en raison du non-paiement du loyer, malgré deux prolongations du délai accordé par les autorités.

La société Green Force Forest Company Ltd a, pour sa part, demandé elle-même la résiliation de son bail portant sur 64,75 hectares, demande acceptée en avril dernier.

Enfin, le bail de Société Hémisphère de L’Est, couvrant 178,68 hectares, a été annulé en mai 2026 après plusieurs manquements constatés : loyers impayés, défaut d’entretien des terrains et absence de gardien, en violation des dispositions de la Shooting and Fishing Leases Act.

Deux autres concessions n’ont pas été renouvelées. Celle de Chassée de la Rivière du Post Ltd a été rejetée en raison de retards répétés dans le paiement des redevances ainsi que d’un empiètement sur plus de quatre hectares de terres de l’État. Le renouvellement du bail de First Direct Resort Ltd a également été refusé après que les autorités eurent constaté que l’entreprise n’exerçait pas les activités de chasse, de pêche ou d’écotourisme prévues au contrat et n’avait pas assuré la présence d’un gardien sur le site.

Arvin Boolell a finalement assuré que l’attribution des baux s’effectuait désormais « dans le respect des principes de bonne gouvernance ».

Interrogé en complément par le député Farhad Aumeer sur d’éventuelles plantations de cannabis découvertes sur certaines terres louées et sur les conséquences pour les titulaires des baux, le ministre a fait ressortir qu’il n’avait pas connaissance de tels cas. Il a toutefois précisé que la découverte de cultures illicites n’entraîne pas automatiquement la résiliation d’un bail, dans la mesure où il n’est pas établi d’emblée que le locataire en soit responsable.

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