BUDGET AFTERMATH | Réforme de l’État-Providence Pension : Désillusion syndicale à la porte de la State House

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– Deux semaines après le vote au Parlement, le président Gokhool donne son assentiment au Finance Bill

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Jane Ragoo : « Nous le laissons à sa conscience ; une grande action à venir »

Le président de la république, Dharam Gokhool, a donné son assentiment au Finance Bill, adopté par l’Assemblée nationale il y a deux semaines de cela. En début de semaine, il avait reçu les dirigeants de la Platform Komin Sindikal (PKS), venus lui demander de ne pas donner son assentiment à ce projet de loi validant les décisions du dernier budget, dont la réforme de la pension, avec le remplacement de la Basic Retirement Pension (BRP) par la State Age Pension (SAP). Les dirigeants de la plateforme se réuniront la semaine prochaine pour décider de la marche à suivre. Déjà, une « grande action » est annoncée et sera détaillée en temps et lieu.

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Le choix de la State House de donner son assentiment au Finance Bill s’apparente à une chronique annoncée d’une désillusion syndicale à la porte de la State House. « Nous n’avions pas grand espoir, mais nous avons voulu épuiser tous les recours possibles. Nous avons écrit aux parlementaires, rencontré le ministre du Travail, Reza Uteem, ainsi que le Junior Minister aux Finances, Dhaneshwar Damry. Le président était notre dernier recours », avance Jane Ragoo de la Confédération des travailleurs des secteurs privé et public (CTSP).

La syndicaliste se dit toutefois étonnée que le président ait donné son assentiment « aussi vite » car lors de la rencontre, lundi, il avait déclaré qu’il n’avait pas encore reçu le document. « Comme il nous avait dit qu’il allait prendre le temps de lire le document et que celui-ci est volumineux, nous ne nous attendions pas à cela, maintenant. Mais nous comprenons qu’il se soit penché du côté de ceux qui l’ont nommé à ce poste », poursuit-elle.

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Jane Ragoo a dit ainsi laisser Dharam Gokhool à sa conscience et assuré que la Platform Komin Sindikal continuera son travail. « Que chacun assume ses responsabilités ! Je dis au président qu’il n’aura pas la bénédiction du peuple. La plateforme se réunira dans le courant de la semaine prochaine et nous aurons des décisions importantes à prendre pour une grande action à venir », indique-t-elle encore.

Cette dernière s’interroge également sur le rôle joué par l’Attorney General, Gavin Glover, dans cette affaire. « Le président nous a dit qu’il a demandé son avis à l’Attorney General sur les droits acquis et que celui-ci lui a indiqué que la pension n’en fait pas partie. La question que je pose, c’est : est-ce que la rénovation de la maison du président et la pension des parlementaires sont des droits acquis ? » La syndicaliste met également en garde quiconque promet de rétablir la pension universelle à 60 ans s’il prend le gouvernement. Elle ajoutera : « Il devra s’y engager en écrit, avant les élections. »

De son côté, Atma Shanto a déploré lui aussi la décision du président de la république. « Cela veut dire qu’il est d’accord avec ce gouvernement qui dirige le pays de manière unilatérale, sans discussion avec la société civile. C’est très grave », trouve-t-il. Et de regretter que tous n’aient pas le courage de Cassam Uteem – qui n’avait pas hésité à démissionner, refusant de donner son assentiment à la Prevention of Terrorism Act, loi très controversée, qui avait donné lieu à des manifestations et arrestations.

La signature du Finance Bill, a ajouté Atma Shanto, veut tout simplement dire qu’il y a des personnes qui seront privées d’une pension universelle. « Cela fait plus de 25 ans que le Fonds monétaire international cherche à démanteler le Welfare State, mais il y a toujours eu une résistance courageuse de la classe syndicale. Je fais donc appel à la population de rester mobilisée et d’attendre les instructions pour les prochaines actions », indique-t-il.

Par ailleurs, dans un communiqué, Haniff Peerun, président du Mauritius Labour Congress, note que « nous ne pouvons donc que constater avec déception que, malgré ces engagements, le président a finalement choisi de donner son feu vert au texte. Encore une fois, il donne l’impression de rester fidèle au gouvernement, et surtout au Premier ministre qui l’a nommé, plutôt que d’agir comme une personnalité indépendante, capable de défendre l’intérêt général et les préoccupations de la population. »

Le Mauritius Labour Congress poursuit : « Cette décision ne fait que renforcer les interrogations de la population sur l’indépendance réelle du Président dans l’exercice de ses responsabilités. Nous estimons qu’une fonction aussi importante exige du courage, de l’indépendance et surtout la capacité de dire non lorsque l’intérêt de la population est en jeu. »

En conclusion, Haniff Peerun fait ressortir que « nous entendons cette colère et ces inquiétudes. Nous ne resterons pas silencieux. Le mouvement syndical continuera à défendre les travailleurs, les familles et l’ensemble des contribuables qui demandent simplement à être entendus et respectés. »

 

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