Fêtes religieuses : Réflexion sur l’Assomption de Marie

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L’Assomption de la Vierge Marie que nous fêtons aujourd’hui nous invite d’abord à mieux comprendre ce qu’est une personne humaine. La personne humaine n’est pas seulement une âme, un esprit qui habitent un corps visible et sensible. La personne humaine est un tout : corps, esprit et âme. Ce sont les 3 dimensions constitutives de l’être humain.

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La mort d’une personne met un terme à cette cohabitation de l’âme et du corps, puisque notre corps va pourrir au cimetière alors que notre âme, selon le catéchisme, va rejoindre Dieu, en passant s’il le faut par la purification du purgatoire.

La résurrection de Jésus nous ouvre une nouvelle perspective. Jésus est ressuscité en tant que personne, corps et âme, et l’évangile nous dit qu’il a rencontré les disciples et a même marché avec eux sur le chemin d’Emmaus, mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Ce qui nous permet de déduire que le corps de Jésus ressuscité n’était pas exactement de la même nature que le corps qu’ils avaient connu et qu’ils avaient mis au tombeau. N’empêche que c’était un véritable corps qui pouvait marcher sur la route et partager le pain dans le restaurant du village.
Notre espérance à nous qui croyons à la résurrection des corps c’est que nous allons revivre en tant que personne, c’est-à-dire « corps âme et esprit » à la suite de Jésus ressuscité.

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Cette conviction concernant Jésus ressuscité s’est développée au 5ème siècle par une nouvelle manière de voir la mort et le départ de Marie vers le Père. Certaines traditions disent que Marie n’est jamais vraiment morte et qu’elle s’est endormie avant de « monter au Ciel ». C’est toute cette dévotion envers Marie qui s’est développée pendant plus de 1500 ans et qui a permis au Pape Pie XII en 1950 de proclamer le dogme de l’Assomption de Marie. L’Eglise proclame donc que Marie a été d’une certaine manière à la suite de Jésus, « glorifiée corps, âme et esprit ». C’est cette glorification de Marie que nous célébrons le jour de l’Assomption. Il faut tenir compte du fait que nos frères protestants ne nous suivent pas tous sur cette manière de parler de la survie de Marie. Certains soulignent que cette manière de glorifier Marie ne rejoint pas la spiritualité profonde de la Vierge elle-même, dont l’humilité est la vertu principale.

Nous n’aurons jamais fini d’essayer de comprendre ce qu’a été vraiment l’Assomption de Marie et les avis continueront de diverger. Mais l’essentiel pour nous est de contempler le « regard » de Marie. Son chant d’action de grâce, le Magnificat, nous dit que Marie commence d’abord par regarder Dieu. Elle tourne son regard vers Dieu car c’est Dieu qui a commencé par la regarder : « Il s’est penché sur son humble servante ».
Si donc nous prenons Marie comme modèle pour notre propre vie il nous faut croire en la proximité de Dieu. Ce regard vers Dieu pourra nous permettre alors, comme Marie, de regarder l’humanité. Quel regard Marie porte sur l’humanité ? Marie voit une humanité renouvelée, transformée par son Fils : « les affamés sont comblés, les orgueilleux sont dispersés ». Si nous voulons suivre Marie il nous faudra être nous aussi des personnes qui annoncent une humanité renouvelée, transformée, pleine d’espérance.

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Pour terminer, nous devons nous rappeler que notre principale richesse ne se trouve pas dans l’avoir et le pouvoir, mais dans le don de notre vie. Combien de pauvres nous connaissons dont la seule richesse est de se donner. Pensons à ces missionnaires comme le Père Laval qui ont tout quitté par amour et qui ont offert leur vie à l’humanité. Rendons grâce pour ces pères et mères de familles, ces catéchistes, ces personnes dévouées dans l’ombre qui n’hésitent pas à donner de leur temps, de leur argent, de leur vie – Dieu les a déjà exaltées. Un jour ils connaitront leur Assomption.

 

Père Philippe Goupille
15 août 2026

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