Cancer Infantile : Pr David Khayat (oncologue) : « Un enfant mort est un drame pour la nation »

Le Dr David Khayat, éminent oncologue et chef du service d’oncologie de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, à Paris, a participé à la Suncare Charity Golf Competition organisée par le groupe Sun Resorts pour la cause des enfants atteints de cancer.

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Il a aussi visité l’unité pédiatrique de cancer de l’hôpital Victoria, tout en ayant des entrevues avec les dirigeants de C-Care. Évoquant la guérison des enfants atteints de cancer, soit 85% d’entre eux, il souligne le fait qu’un enfant décédé de cancer est un drame pour la nation.

Conseiller de Jacques Chirac entre 2002 et 2006, le Pr David Khayat a institué le plan national pour le cancer, une grande première au niveau de la santé en France. « La cause du cancer chez l’enfant me touche beaucoup. Lorsque j’ai commencé mes études, dans les années 70’, la cancérologie n’existait pas. On parlait alors de maladies malignes. Jeune étudiant lors de mon stage dans le service à Saint-Louis du Pr Jean Bernard, c’était un choc de voir la transplantation subie chez des enfants de 0 à 4 ans, et leur souffrance, surtout chez ceux atteints de leucémie. Cela a été pour moi un semestre de larmes et de sang de voir mourir ces petits enfants. Il faut faire du mieux possible pour que cette injustice qui touche l’enfant disparaisse », confie-t-il. Il rappelle aussi que le cancer chez l’enfant est fort heureusement rare, et n’est pas comparable à celui de l’adulte.

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Autre point abordé : derrière le cancer de l’enfant, il y a aussi le traumatisme vécu par les parents. « L’enfant vit son cancer de manière particulière; toutes les études psychologiques l’ont montré. L’enfant n’est pas triste à l’idée de mourir, il comprend qu’il est arrivé au bout de son combat, mais il est triste à l’idée de faire de la peine à sa maman. C’est quelque chose de troublant, car la chose qui préoccupe le plus l’enfant, c’est la souffrance de sa mère », dit-il.

Le Pr Khayat parle aussi de « l’enfant de remplacement », de ces parents dont l’enfant est en train de mourir d’un cancer et qui, sans le vouloir, et sans le savoir, font un autre enfant. « C’est ce qu’on appelle l’enfant de remplacement. Sans le vouloir, pour faire le deuil dans sa tête, il cherche à remplacer cet enfant », avance-t-il.

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S’il reconnaît que les progrès enclenchés par la médecine ont permis de traiter et de guérir 85% des enfants atteints de cancer, il insiste toujours sur le fait qu’il est doublement important de redoubler d’efforts afin d’inclure les 15% restants, taux qui reste encore inacceptable, vu que tous ne sont pas encore guéris. D’où l’importance, dit-il, de créer des services qui permettent un lien en accès avec la maladie.

À ce titre, il s’est dit satisfait du travail effectué par Sun Resorts pour la Cancer Ward et trouve que la Suncare Charity Golf Competition, organisée à l’Ile-aux-Cerfs, est un moyen de récolter des fonds pour améliorer le sort de ces enfants atteints de cancer. Et que l’argent récolté serve à la remise en état du bâtiment et du toit de l’unité pédiatrique de cancer de l’hôpital victoria.

« On ne peut rater une guérison possible »

L’oncologue David Khayat dit s’être beaucoup impliqué en France dans le cancer touchant l’enfant. Pour lui, quand on a la chance de sauver 85% des enfants cancéreux, il ne faut pas rater cette chance de survie. D’où, dit-il, la mise en place de centres spécialisés qui se concentrent sur les cas de ces enfants malades. « Ce suivi permet l’accès à la guérison. On ne peut pas se permettre de rater une guérison possible. Un enfant qui meurt, ce sont des années de potentiel de vie perdu qui volent en éclats. Traiter un enfant atteint d’une maladie grave, cela nécessite de mettre à la disposition des enfants tous les moyens thérapeutiques possible, mais aussi leur permettre de s’en sortir sans trop de séquelles lourdes », dit-il.

« On va en diminution de l’intensité des traitements pour qu’il y ait moins de séquelles. Il n’y a pas que l’aspect psychologique et physique, mais aussi l’école. Un enfant qui est malade, il faut apporter l’école à l’hôpital, alléger les familles. En France, tous les parents de ces enfants malades vivaient dans des bidonvilles à côté des hôpitaux. Il y avait comme des maisons de vie à côté de chaque centre pour que le choc de la maladie soit plus facile à vivre et pour aider ces enfants à sortir de leur combat, en renouant avec la santé », affirme-t-il encore.

Le Pr Khayat explique qu’il y a une dizaine d’années, à la demande du gouvernement mauricien, il avait établi un rapport sur l’évolution du traitement et du suivi des patients atteints de cancer à Maurice. Aujourd’hui, il se dit heureux de constater que son message a trouvé écho auprès des responsables, notamment en ce qui concerne la nécessité d’avoir des centres et du personnel formés dans le traitement du cancer.

Il dira aussi qu’à l’heure actuelle, il ne se passe pas grand-chose dans les cancers pédiatriques, le succès étant déjà engrangé. « La particularité des cancers pédiatriques, c’est que les cellules se multiplient beaucoup, étant très agressives, proliférant beaucoup. Ce qui explique la gravité des cancers de l’enfant à l’époque. Le succès des traitements a été la chimiothérapie et les rayons, qui sont des armes qui tuent les cellules malades au moment où elles se divisent. » Et, dit-il, plus une tumeur prolifère, plus on arrivera à être efficace. « Il faut aussi arriver à mettre la balle de match en enlevant ce qui reste, mais c’est difficile chez l’enfant… à cause des séquelles. Les rayons détruisent les cellules capables de se multiplier. On n’ampute plus aujourd’hui des enfants qui ont un cancer des jambes, ce qui est une bonne chose. La chirurgie est difficile chez l’enfant. »

« Le jus d’orange exposé au soleil augmente le risque de mélanome »

David Khayat, qui a écrit plusieurs ouvrages autour du cancer, est formel sur le fait qu’il n’y a aucun aliment anti-cancer. « À chaque fois, il y a un gourou qui sort un régime à base de céléri, de carottes… Tout est faux. Je pose une seule question : est-ce qu’il y a un aliment anti-cancer ? Il n’en existe pas. Il faut considérer deux choses : la complexité de l’être humain et de son alimentation », conseille-t-il.

Il poursuit : « en tant qu’être humain, comment digère-t-on l’aliment ? C’est parce que nous avons des enzymes. Nous avons en effet des gènes qui fabriquent des enzymes, qui digèrent ces aliments. Or, nous n’avons pas tous les mêmes gènes. Si je mange du curry, je ne le digère pas, mais une autre personne, oui. Comment imaginer qu’un aliment ait le même effet chez chaque personne ? On connaît des aliments qui ne sont pas bons. Comme le jus d’orange exposé au soleil, où il a été démontré qu’il augmente le risque de mélanomes. »

À noter que depuis 2008, Sun Resorts soutient financièrement l’unité pédiatrique de cancer à l’hôpital Victoria, à Candos. L’année dernière, ce tournoi avait permis de récolter Rs 1,6 million, somme qui a servi à la mise en place de plusieurs projets essentiels pour accompagner au mieux les enfants. Ainsi, le transport pour les enfants ayant des difficultés à se déplacer pour leurs soins est financé par Sun Resorts, ainsi que les soins d’enfants plus vulnérables, et dont les parents n’ont pas les moyens de leur offrir de meilleurs traitements à l’étranger. De même, pour Noël, des tablettes éducatives leur ont été offertes comme cadeaux.

Le Sun Children Cancer Fund a réalisé une série d’actions afin de soulager les maux dont souffrent ces enfants. Mais aussi de leur apporter tout le soutien nécessaire durant leur combat contre la maladie.

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