Le leader de l’opposition, Joe Lesjongard, est monté au créneau lors d’une conférence de presse tenue mercredi, ciblant la gestion de l’approvisionnement en huile lourde et la récente hausse des tarifs de l’électricité. Il évoque des irrégularités, des coûts excessifs et une possible violation de la loi, tout en liant ces décisions à la pression accrue sur les consommateurs.
Joe Lesjongard a longuement commenté le contrat entre la State Trading Corporation (STC) et Sahara Energy Resources, soulevant de nombreuses interrogations. Il indique que l’huile lourde, essentielle à la production d’électricité par le Central Electricity Board (CEB), est achetée par la STC avant d’être revendue au CEB avec une prime.
Il avance que la rupture du contrat avec le fournisseur Two Rivers — sanctionné par l’Union européenne — aurait dû conduire à une gestion rigoureuse des cargaisons restantes. Or, il affirme que le 19 décembre 2024, un Emergency Procurement a été lancé pour une seule cargaison, alors que trois étaient à remplacer.
Le leader de l’opposition dénonce également une multiplication des procédures d’urgence « Il y a eu deux Emergency Procurements alors qu’un seul aurait suffi », dit-il. À ses yeux, ces décisions ont contribué à faire grimper les coûts de manière significative.
Il relève notamment que la STC aurait payé 16 dollars de plus par tonne métrique et évoque une hausse pouvant atteindre 25 dollars par tonne dans le cadre d’un contrat d’un an alloué sans appel d’offres. « Quand nous analysons tout cela, il y a beaucoup de révélations et beaucoup de choses troublantes qui restent à éclaircir », fait-il comprendre.
Joe Lesjongard s’interroge aussi sur l’exclusion de certains soumissionnaires expérimentés lors d’un appel d’offres, alors même que leurs propositions étaient plus compétitives. Il pointe également du doigt des décisions prises dans un contexte de crise internationale, où des contrats auraient été conclus dans l’urgence avec des primes élevées. « La question que je pose est très simple : est-ce que toutes ces décisions ont été prises dans l’intérêt du pays ? » se demande-t-il.
Pression accrue sur le CEB et les consommateurs
Pour le leader de l’opposition, ces choix ont eu un impact direct sur les finances du CEB. « C’est une des raisons pour lesquelles le prix du courant a augmenté », affirme-t-il, accusant la STC d’avoir imposé des conditions défavorables à l’organisme public. Il estime que la gestion de ce dossier illustre un manque de transparence et une absence de stratégie cohérente dans un secteur pourtant crucial.
Joe Lesjongard s’est également montré très critique à l’encontre de la révision à la hausse de 15 % des tarifs de l’électricité, en vigueur depuis le 1er mai.
« On avait promis de baisser les tarifs. Le peuple a été trompé. Au lieu que les tarifs baissent, ils augmentent », déclare-t-il, dénonçant un revirement des engagements gouvernementaux. Dans un contexte économique difficile, il juge cette hausse particulièrement injustifiée. « La population fait déjà face à une période de grandes difficultés et on lui impose encore une augmentation », déplore-t-il.
Au-delà de la critique politique, Joe Lesjongard avance un argument juridique de taille en soulignant que la procédure ayant conduit à cette augmentation ne respecte pas les dispositions de l’Electricity Act de 2005.
« La détermination des tarifs relève du régulateur, comme le précisent les sections 26, 27 et 28 de la loi », explique-t-il, ajoutant que « je crois fermement qu’il y a eu vice de procédure et, plus grave encore, violation de la loi. Cette augmentation est illégale.»

