À l’occasion de la commémoration du 192e anniversaire de l’arrivée des 36 premiers travailleurs engagés à Maurice, la Première ministre suppléante, Arianne Navarre-Marie, a lancé un appel à l’unité et à la solidarité nationale. « Continuons à travailler ensemble pour faire avancer notre pays, pour construire une société plus solide et pour améliorer la vie de tous nos compatriotes, sans aucune distinction concernant leur origine, leur couleur de peau ou leurs croyances », a-t-elle déclaré. En l’absence du Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui participe actuellement au sommet du Commonwealth, Arianne Navarre-Marie, a prononcé le discours principal. Le président de l’Aapravasi Ghat Trust Fund, le ministre des Arts et de la Culture, Mahen Gondeea, ainsi que le haut-commissaire de l’Inde à Maurice, Anurag Srivastava, sont également intervenus.
Arianne Navarre-Marie a rendu hommage au courage et à la détermination des premiers travailleurs engagés, qui, malgré les conditions difficiles de leur arrivée et de leur existence, ont contribué à façonner la société mauricienne et à transmettre aux générations suivantes un patrimoine religieux, culturel et linguistique considérable. « Aujourd’hui, nous sommes réunis avec reconnaissance, émotion et humilité pour rendre hommage à ces pionniers courageux qui, malgré toutes les difficultés, ont transmis un héritage riche en valeurs religieuses et culturelles aux générations qui les ont suivis », dit-elle, en faisant état de l’attachement des Mauriciens d’origine indienne à leurs religions, à leurs langues ancestrales et à leurs traditions culturelles.
« Si les Mauriciens descendants indiens restent profondément attachés à leurs religions, leurs langues ancestrales et leur culture, c’est en grande partie en raison des premiers immigrants et des centaines de milliers de girmityas qui les ont suivis. Cette commémoration n’a pas uniquement pour but de nous rappeler le passé. Il nous faut encourager nos jeunes à connaître leurs racines et à développer un lien plus solide avec leur histoire », ajoute-t-elle. Elle a rendu un hommage particulier à la mémoire de Beekrumsing Ramlallah, disparu après avoir consacré plus de trois décennies à la préservation de ce patrimoine historique.
Souffrance historique
Abordant la question de l’esclavage et de l’engagisme, Arianne Navarre-Marie avance que la mémoire de ces deux périodes de l’histoire ne saurait faire abstraction des traitements brutaux et des souffrances endurées par les ancêtres. Toutefois, elle estime que cette mémoire doit également mettre en lumière leur capacité de résistance et leur volonté de ne jamais renoncer à leur dignité.
« Lorsque nous nous rappelons l’esclavage et les travailleurs engagés, nous ne pouvons pas éviter de nous rappeler le traitement brutal et la souffrance que nos ancêtres ont endurés. Toutefois, il nous faut également nous souvenir qu’ils ont résisté, lutté et ont refusé de se plier. Aujourd’hui, il est temps pour nous de dépasser une façon de penser qui nous force à rester bloqués dans la souffrance et le sentiment de culpabilité. Continuons à travailler ensemble pour faire avancer notre pays, pour construire une société plus solide et pour améliorer la vie de tous nos compatriotes, sans aucune distinction concernant leur origine, leur couleur de peau ou leurs croyances », poursuit-elle en s’appuyant sur les recommandations du Mahatma Gandhi à Maurice, en 1901, soit d’envoyer leurs enfants à l’école et de prendre leur place dans la vie publique.
Préserver les sites liés à l’engagisme
La Première ministre suppléante a également évoqué les différents projets entrepris par les gouvernements successifs en vue de préserver l’Aapravasi Ghat et de mettre en valeur les autres sites historiques associés à l’arrivée et à l’installation des travailleurs engagés à Maurice.
Elle a notamment indiqué que, depuis 2005, l’Aapravasi Ghat Trust Fund a mis en œuvre plusieurs projets destinés à étudier, documenter et préserver des lieux témoignant de cette période de l’histoire nationale. Parmi les sites concernés figurent Trianon, Antoinette (Phooliyar), Bras-d’Eau, l’île Plate et le Vagrant Depot.
En conclusion, Arianne Navarre-Marie a transmis un message particulièrement fort sur la responsabilité collective envers les enfants du pays : « Anou asire ki nou zanfan ek nou zenn konpran ki nou listwar, avek tou so difikilte ek so konba, form enn parti fondamantal nou lidantite nasional. Anou kontinie avanse, dan linite ek respe, pou konstrir enn Moris pli solid ek pli ini, kot sak sitwayen kapav viv avek dinite ek gagn mem sans pou reisi. Nou, nou ena devwar fer sir ki okenn zanfan ki ne dan Moris pa trouv devan li enn montagn ki tro ot. Zanfan pei Moris bizin kapav ouver tou laport dan sa pei-la. »
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Mahen Gondeea annonce un Cultural Heritage District
Le ministre des Arts et de la Culture, Mahen Gondeea a annoncé la vision du ministère de créer « un vrai quartier patrimoine », à Port-Louis, qui sera baptisé Cultural Heritage District.
Ce projet a pour objectif de préserver les bâtiments historiques de la capitale tout en assurant le développement de la ville. Il a affirmé que le ministère travaillera en collaboration avec celui du Tourisme et la mairie de Port-Louis pour sa concrétisation.
Mahen Gondeea a noté que les travaux de recherches annoncées sur le site de l’ancien bâtiment des Docks sont bien avancés. « Tre biento nou pou ena posibilite rakont zistwar travayer angaze », estime-t-il.
Le ministre a passé en revue les projets de l’Aapravasi Ghat Trust Fund (AGTF), dont l’organisation d’un atelier régional sur l’héritage des travailleurs engagés dans l’océan indien et une conférence internationale sur l’Indentured Labour Route Project. « Deux projets qui renforcent la position de Maurice dans le monde de la recherche sur l’histoire de l’engagisme », se félicite-t-il.
Mahen Gondeea s’est appesanti sur le travail et le sacrifice des ancêtres et la nécessité que la jeune génération en prenne conscience et s’y appuie pour forger leur identité afin d’éviter toute forme de crise identitaire. Commentant les événements qui ont récemment secoué le pays, il prévient : « Nou bizin pa les personn servi nou diferans pou met nou enn kont lot. Nou bizin fier de nou rasinn et respekte rasinn nou prosin. »
Pour sa part, le président du AGTF, Sukhend Ramdass, a parlé des projets du AGTF dont la collaboration internationale dans le cadre de l’Indentured Labour Route Project, des travaux sur l’île Plate, à Trianon et à Antoinette.
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PBD 2027 — À Kolkota : Anurag Srivastava invite les jeunes à participer en force
Du 7 au 9 janvier 2027, la 19e convention du Pravasi Bharatiya Divas se tiendra à Kolkota, un lieu qui revêt une signification particulière puisque c’est « depuis Calcutta que les travailleurs sous contrat étaient partis », d’Inde pour les colonies dont l’île Maurice qui les a accueillis sous le programme britannique connu comme The Great Experiment, il y a 192 ans. Dans ce contexte, le haut-commissaire indien à Maurice, Anurag Srivastava, invite les Mauriciens surtout les jeunes à s’y rendre en grand nombre.
Dans ce cadre, le diplomate indien souhaite que Maurice, « le pays où l’histoire des Aapravasi a commencé, soit représentée avec force ». Dans ce contexte, ajoute-t-il, toute l’équipe de la haute commission se tient à disposition pour les aider dans les inscriptions et pour avoir d’autres détails sur l’événement.
Anurag Srivastava note que le PBD est le pont le plus important entre les membres de la diaspora et l’Inde. Il ajoute que le 9 janvier commémore le jour où Mahatma Gandhi, le plus grand des Pravasis, est retourné en Inde depuis l’Afrique du Sud en 1915.
Le haut commissaire indien s’est longuement appesanti sur les liens qui unissent Maurice et l’Inde. Il met en exergue la préservation du Geet-Gawaï, le bhojpuri et les autres langues ancestrales et traditions. « Every song sung at a wedding, every festival celebrated in a village, keeps this story alive », estime-t-il.
Anurag Srivastava indique que « nous soutenons le MGI dans la numérisation des archives de l’immigration indienne. Le but : que chaque famille mauricienne puisse rechercher ses ancêtres facilement. Nous soutenons également le projet d’histoire orale qui est l’enregistrement des mémoires de nos ainés avant la disparition de ces voix. Ceci parce que ce n’est pas une histoire unique à l’Inde ou à Maurice. C’est notre histoire ! ».
Il avance que « l’Inde voit sa diaspora non comme des personnes qui sont parties mais comme une famille qui a porté l’Inde plus loin. » Au cours de la dernière décennie, nous avons créé des ponts afin de rester en connexion comme une grande famille. » Au sujet de l’Overseas Citizenship of India Card, il faut état d’une provision spéciale pour Maurice, selon laquelle, la septième génération de Mauricien d’origine indienne bénéficie de l’OCI Card. Pour les plus jeunes, l’Inde offre le Know India Programme (KIP) qui permet aux jeunes de la diaspora de voyager en Inde.
Anurag Srivastava explique que le Ghat est non seulement un monument de l’arrivée mais de l’endurance. « It reminds us how a people who were given the least went on to build the most (…) In India, we take great pride in their success. It is a living reflection of what our shared values can achieve when given a chance to flourish », fait-il valoir.

