Le négociateur de la FTU : « Le deadlock avec Innodis est l’exemple que l’ERA et l’ERiA ne protègent pas les travailleurs »
Le syndicaliste Atma Shanto a démarré une grève de la faim au Jardin de la Compagnie, hier. Cette démarche vise à amener le gouvernement à amender l’Employment Relations Act (ERA) et l’Employment Rights Act (ERiA). Il est d’avis que ces lois ne protègent pas suffisamment les travailleurs, en particulier ceux du secteur privé. Il a cité plusieurs cas, dont le deadlock avec Innodis, pour soutenir son point.
« Enough is enough. » C’est en ces termes que s’est exprimé, hier, Atma Shanto, négociateur de la Fédération des Travailleurs Unis (FTU). « Cette décision a été prise après une analyse en profondeur au sein de la FTU de la situation dans le secteur privé depuis quelque temps. Les travailleurs sont toujours victimes et les lois du travail ne les protègent pas », affirme-t-il.
« Innodis refuse de négocier avec un syndicat, reconnu depuis plus de 20 ans, sur trois sites de travail, soit Port-Louis, Phœnix et Beau-Climat. La compagnie fait fi de la législation. » Atma Shanto a donné l’exemple des conditions imposées par le management pour pouvoir organiser des réunions sur le lieu de travail. « Ces conditions sont inacceptables et n’ont jamais existé par le passé », dénonce-t-il.
Atma Shanto a également évoqué un nouveau contrat de travail, d’ex-employés de Poulet Arc-en-Ciel Ltd, lors de la fusion avec Innodis. « Le syndicat n’était pas d’accord avec plusieurs dispositions de ce nouveau contrat. Le Performance Bonus, qui était un droit acquis, a disparu, de même que le droit à une augmentation de salaire. En dépit de notre objection, ce contrat a été imposé aux travailleurs, qui ont été contraints de signer de peur de perdre leur emploi. »
Il a également dénoncé des atteintes à la liberté syndicale. « C’est le management qui décide qui doit rester au syndicat ou qui doit rejoindre un autre. Le Collective Agreement a expiré depuis longtemps, mais la direction refuse d’ouvrir les négociations. »
Par ailleurs, ce « deadlock » avec Innodis, a mis en exergue le négociateur de la FTU, démontre que les lois du travail ne protègent ni les travailleurs, ni le rôle des syndicats. Tout cela, a-t-il déploré, a été porté à la connaissance du ministère du Travail, qui s’est montré impuissant : « J’ai discuté de la question avec le ministre du Travail, Reza Uteem, qui m’a dit qu’il faudra amender la loi. Voilà pourquoi je suis là aujourd’hui pour réclamer des amendements aux lois du travail afin de mieux protéger les travailleurs. »
Dans le sillage des amendements réclamés, Atma Shanto a également cité les comités disciplinaires, financés par les patrons. Les syndicats ont déjà suggéré, par le passé, que ce soit le ministère du Travail qui s’occupe des comités disciplinaires.
Atma Shanto a conclu qu’il est prêt à aller jusqu’au bout de sa grève de la faim en dépit de sa santé fragile.

