Le collectif des anciens députés récidive en évoquant également le « lourd passé » du Speaker

Vingt-sept anciens membres de l’Assemblée nationale couvrant la période allant de 1976 à 2010, ont signé une pétition adressée au Premier ministre et Leader of the House, Pravind Jugnauth. Ils réclament la réintégration d’Arvin Boolell au Parlement et le remplacement du Speaker, Sooroojdev Phokeer. Le collectif des anciens députés a déjà alerté la Commonwealth Parliamentary Association (CPA) de la situation prévalant au sein de l’hémicycle à Maurice. Dans une correspondance officielle, cette instance du Commonwealth dit suivre l’affaire de près et en a informé la branche africaine.

Alain Laridon rappelle qu’initialement, cette plateforme des anciens députés avait pour but de militer pour la réintégration d’Arvin Boolell, un élu, à l’Assemblée nationale. « Par la suite, il y a eu une série d’actions du Speaker, jusqu’aux commentaires de bas étage à l’encontre du député Rajesh Bhagwan, qui nous amène à réclamer son départ, » dit-il.
Une pétition dans ce sens a été rédigée et à ce jour, 27 anciens députés, de 1976 à 2010, ont approuvé cette démarche en apposant leurs signatures respectives à cette démarche. Huit autres ont donné leur accord verbal. Les initiateurs comptent l’étendre aux députés de 1963, toujours en vie et qui ont montré un certain intérêt. « La bataille sera longue, mais nous la gagnerons s’il y a la solidarité », a-t-il dit.

De son côté, Bashir Khodabux a évoqué la lettre de la CPA, qu’il qualifie d’encourageante. « Même si cette instance ne peut intervenir dans le déroulement des travaux parlementaires à Maurice, la CPA dit suivre l’affaire de près. Elle affirme avoir également alerté la branche africaine », dit-il.

D’autres instances, telles que la Southern African Development Community (SADC), ainsi que l’International Parliamentary Union (IPU), qui opère sous l’égide des Nations Unies, seront également alertées.

Bashir Khodabux a également évoqué le « lourd passé » de Sooroojdev Phokeer et estime que la population doit maintenant savoir pourquoi Paul Bérenger, alors Premier ministre, l’avait rappelé de son poste d’ ambassadeur en Égypte. « Dans l’intérêt du pays et pour la sérénité du Parlement, le Premier ministre doit remplacer le Speaker en raison de son comportement. »

Armoogum Parsuramen a expliqué les raisons derrière la démarche du collectif. « Quand la démocratie parlementaire est bafouée, en tant qu’anciens députés, nous ne pouvons rester les bras croisés », fait-il comprendre. Cette situation ne fait que ternir l’image du pays. « Tous les pays qui ont toléré une telle situation ont basculé dans la dictature. Pour l’avenir, pour nos jeunes, il faut à tout prix sauver la démocratie parlementaire que nos aînés ont obtenu après une longue lutte  », ajoute-t-il en regrettant également qu’après deux ans et demi, le Premier ministre, Pravind Jugnauth « cautionne toujours » une telle situation.

Le collectif affirme qu’il maintiendra le mouvement tant qu’Arvin Boolell ne retrouvera pas son siège à l’Assemblée nationale et tant que le Premier ministre ne prendra pas des actions à l’encontre du Speaker. Les anciens députés affirment également que ce combat est apolitique et que la démocratie parlementaire demeure le seul motif de mobilisation.