Être prêt à réagir efficacement pour protéger l’environnement marin et les moyens de subsistance des communautés côtières, renforcer les capacités locales pour répondre aux catastrophes causées par les déversements d’hydrocarbures et renforcer la résilience des communautés. C’est ce qu’a mis en avant le Senior Economist de l’United Nations Resident Coordinator’s Office pour Maurice et les Seychelles, Sebastian Vauzelle, au cours d’un atelier organisé pour la validation du Revised National Oil Spill Contingency Plan 2023 (NOSCP), qu’il a estimé urgent de mettre à jour.
De son côté, le ministre de l’Environnement, Kavy Ramano, avance que l’élément essentiel demeure la planification d’urgence de la gestion des risques. À ce titre, la réponse à une marée noire majeure exige une prise de décision rapide à mesure que la situation évolue, dit-il. Ce qui ne peut être réalisé que « si toutes les organisations et les parties impliquées sont suffisamment préparées pour comprendre la crise et prendre des décisions cruciales en vue de mobiliser les ressources appropriées dans les plus brefs délais. » D’où la nécessité d’un plan d’urgence pleinement développé en cas de déversement d’hydrocarbures.
Avec l’augmentation du commerce maritime dans les eaux territoriales, le risque d’accidents maritimes a augmenté. « Selon un rapport du Carnegie Endowment for International Peace, intitulé Cartographie de la région de l’océan Indien (juin 2023), près de 90 000 navires, transportant 9,84 milliards de tonnes de marchandises, traversent l’océan Indien chaque année, et 40% de la production mondiale de pétrole transite par cette région », indique-t-il. Ce qui représente une menace potentielle pour le milieu marin en cas de catastrophes en mer.
« La mise à jour du NOSCP permettra de protéger la santé humaine, et de prévenir les catastrophes écologiques et les perturbations socio-économiques dues au risque omniprésent de marée noire », reconnaît-il. L’immense trafic maritime et l’évolution du climat marin et des conditions dues à l’accélération des impacts du changement climatique ont rendu essentiel le renforcement d’un certain nombre de domaines liés à la réponse et à la préparation aux déversements d’hydrocarbures, estime le ministre.
Quatre éléments dans le cadre de la facilité d’amorçage, de préparation et de suivi des projets de l’Agence Française de Développement pour le renforcement de la réponse aux déversements d’hydrocarbures à Maurice et à Rodrigues ont été validés, explique-t-il. Il s’agit notamment d’un plan de gestion des déchets liés aux déversements d’hydrocarbures; d’un plan de coordination des bénévoles; d’un cadre pour évaluer les impacts socio-économiques; et d’un rapport sur un audit sur un déversement d’hydrocarbures. Des éléments qui consolideront désormais davantage le NOSCP 2023 et permettront une réponse plus structurée et plus efficace en cas de marée noire.
Parlant de la nouvelle version du NOSCP, Kavy Ramano précise qu’il s’agit d’un document unique en trois parties : la stratégie de préparation; les procédures opérationnelles pour prévenir et répondre aux incidents de déversement d’hydrocarbures; et des annexes fournissant des informations techniques sur la lutte contre les déversements d’hydrocarbures. « Ce qui rend cette mise à jour plus User-Friendly », rassure-t-il.
Le NOSCP 2023 est basé sur le système de gestion des incidents et permet aux agences de travailler ensemble pour développer des stratégies d’intervention en cas de marée noire, poursuit-il. Avant de dire qu’il dispose également d’un nouveau concept de réponse à plusieurs niveaux, dans lequel sont prises en compte la sensibilité environnementale de la zone touchée et les probabilités d’impacts plus élevés du pétrole déversé.

