Initiative du ministère des Affaires étrangères : Les Conventions sur la discrimination raciale et les droits économiques traduites en KM

  • Ritesh Ramful : « KM pa zis enn langaz, se enn instriman ki finn gard nou pei ini »

Le ministère des Affaires étrangères a procédé hier au lancement de deux livrets sur la traduction en kreol morisien (KM) des Conventions de l’Onu sur la discrimination raciale et les droits économiques, sociaux et culturels. Pour le ministre Ritesh Ramful, cette démarche traduit la volonté du gouvernement pour une société plus inclusive. Il a aussi précisé que ces deux conventions touchent à la vie des Mauriciens au quotidien. D’où la nécessité de les rendre plus accessibles.

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Konvansion Internasional lor Eliminasion Tou bann Form Diskriminasion Rasial et Konvansion Internasional lor Drwa Ekonomik, Sosial ek Kiltirel, sont les deux livrets réalisés par le ministère des Affaires étrangères, en collaboration avec la Creole Speaking Union. « KM pa zis enn langaz, se enn instriman, enn mediom kominikasion, ki finn gard nou pei ini pandan bann lane », s’est-il appesanti.

Il ajoute que la langue maternelle est aussi un instrument qui a permis au peuple mauricien de créer sa propre identité et qu’elle fait partie de la culture mauricienne à part entière.  « C’est important, lorsque nous parlons des droits internationaux ratifiés par Maurice, que tous les Mauriciens soient en mesure de les comprendre. C’est la raison qui nous a poussés à traduire ces deux conventions », ajoute-t-il.

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Les livrets seront distribués aux différentes parties prenantes et mis en ligne sur le site Web du ministère des Affaires étrangères. Maurice a ratifié la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discriminations raciales le 30 mai 1972. Cette convention avait été adoptée par les Nations unies le 21 décembre 1966 et est entrée en vigueur le 4 janvier 1969. Elle comporte 25 articles, touchant à l’élimination de toute forme de discrimination, ainsi qu’à la promotion de l’harmonie entre les races, communautés et groupes ethniques.

« La Convention demande à prendre des décisions politiques et amender les lois pour éliminer toute forme de discrimination, que ce soit dans les secteurs public ou privé. Toutes les parties prenantes doivent joindre les efforts pour cela. La traduction en KM de ces instruments internationaux est une façon pour le gouvernement de montrer sa volonté d’éliminer toute forme de discrimination et de promouvoir l’égalité dans la société mauricienne », poursuit-il.

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D’autre part, la Convention sur les droits économiques, sociaux et culturels a été adoptée par les Nations unies le 16 décembre 1966 et est entrée en vigueur le 3 janvier 1976. Maurice a accédé à la Convention le 12 décembre 1973. Elle comprend des articles mettant l’accent sur les droits touchant à la vie quotidienne de tous les citoyens. Notamment, le droit à l’éducation, à la santé, au travail et à une meilleure qualité de vie de tous les citoyens. « C’est important pour les personnes qui font face à des inégalités dans le pays », maintient-il.

Avec cette initiative, le gouvernement réaffirme son engagement et sa volonté à promouvoir et protéger les droits humains. « En même temps, nous faisons en sorte que la langue ne soit pas une barrière, afin que chaque Mauricien exerce ses droits fondamentaux », estime le chef de la diplomatie.

Ritesh Ramful a salué le gros travail entrepris par le Pr Arnaud Carpooran et la Creole Speaking Union, ainsi que les fonctionnaires du ministère ayant travaillé sur ce projet. Le ministère des Affaires  étrangères, a-t-il précisé, a la responsabilité de s’assurer que Maurice respecte toutes les conventions que nous avons ratifiées. À travers le National Mechanism for Reporting and Follow-up, la mise en pratique des différents articles des conventions est passée en revue deux fois l’an.

Pour le Pr Carpooran, la traduction des conventions sur la discrimination raciale et les droits économiques s’insère dans la dynamique instaurée depuis quelques années pour que les Mauriciens aient accès à toutes les informations les concernant, en tant que citoyens. « La traduction de la Constitution et des Standing Orders de l’Assemblée nationale s’inscrivent dans cette même dynamique. Nous sommes fiers, au niveau de la Creole Speaking Union, d’avoir contribué à faire connaître leurs droits et devoirs aux citoyens », fait-il ressortir.

Il précise que même si les textes en anglais sont importants, il faut aussi s’assurer que de telles informations soient disponibles dans la langue maternelle. « Le degré de compréhension est différent. Cela permet de mieux assumer son rôle de citoyen », rassure-t-il.

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