Quatre-vingt-quatre personnes ayant suivi le Top-Up Course in Tour Guiding ont reçu leurs certificats. La formation était étalée sur une durée de 40 heures, à la suite d’une demande de la Tourism Authority. Il s’agit aussi d’une première pour l’École hôtelière Sir Gaëtan Duval qui a déployé toutes les ressources adéquates pour regrouper partenaires et experts, et assurer une formation pointue aux guides touristiques et aux employés des tour-opérateurs.
Lors de son discours pour la remise des certificats, Harrykrishna Vydelingum, Chairman de la MITD, a mis l’accent sur le savoir-faire des guides touristiques tout en disant miser sur une formation adéquate et des compétences nécessaires pour organiser des randonnées et des escalades. Il a aussi fait part du manque de guides touristiques formés et certifiés pour accompagner les visiteurs.
D’où l’urgence d’avoir formé 84 guides lors de séances théoriques et pratiques sur le terrain. Ce qui leur a permis d’élargir leurs connaissances en matière de faune et de flore, de lois et de codes d’éthiques régissant le métier de guide, de communication professionnelle et de service clientèle, de premiers soins et d’opérations de sauvetage sur le terrain. Il a fait ressortir que la pandémie du Covid-19 a nécessité la révision des pratiques de santé et des mesures de sécurité dans le secteur des voyages et du tourisme international.
Harrykrishna Vydelingum a aussi tenu à féliciter ceux qui suivent le Top-Up Course in Tour Guiding, tout en espérant que cette formation les confortera dans leur métier et les aidera à offrir un niveau de service pour que le touriste garde un souvenir inoubliable de son séjour à Maurice. Il a aussi salué l’engagement de la Tourism Authority et de l’Union européenne pour les efforts soutenus à apporter le financement nécessaire pour le développement d’un tourisme durable à Maurice.
Lindsay Morvan, directeur de la Tourism Authority, a salué l’engouement pour le tourisme en nature, le tourisme vert et le tourisme écologique. Il a laissé entendre que les guides touristiques sont souvent cités comme étant en première ligne de l’hospitalité mauriciennes dans cette chaîne de valeurs. « Le secteur du tourisme a repris ses couleurs et les chiffres qui tombent mois après mois depuis la reprise au niveau du nombre d’arrivées ainsi que les revenues nous réconfortent dans l’aboutissement d’un travail collectif permanent», dit-il.
Lindsay Morvan a aussi parlé du changement climatique et de son impact significatif sur le tourisme vert, Maurice étant un petit Etat insulaire sujet à des microclimats de plus en plus instables. Face à des défis constants, il a rappelé qu’il est impératif que les prestataires de services soient à la hauteur des exigences du guidage actuel.
Il a tenu également à saluer l’Union européenne pour son soutien à travers Vincent Degert, qui a favorisé ses cours de Top-Up Course in Tour Guiding qui, a-t-il dit, est une autre initiative de la Tourism Authority en vue de remettre à niveau les acteurs de notre industrie. « Les guides touristiques pour des activités spécifiques telles que l’aventure et les activités en plein air sont appelés aujourd’hui à être non pas polyvalents mais multivalents. »
Il a eu un mot spécial pour la MITD, l’École hôtelière SGD et des prestataires de services, GIPM, NPCS qui ont consacré leur savoir-faire durant ces 30 heures de formation pédagogique et pratique. Et de souligner que la mission de la Tourism Authority est « de créer un environnement favorable et équitable axé sur la qualité pour tous les opérateurs ». Ce qui permet, a-t-il souligné, de développer et de surveiller les réglementations qui garantiront la pérennité de Maurice « comme destination accueillante et responsable pour l’avenir ».
Réactions des participants
Prisca Bhavajee (Summer Times) : « Les guides sont des “frontliners” de leur pays »
« C’est un “Top-Up Course in Guiding”. Et on a eu l’occasion pendant le cours d’approfondir nos connaissances. Nous sommes déjà dans le métier, moi chez Summer Times depuis sept ans déjà. Et c’est un métier où il faut approfondir nos connaissances en ce qui concerne la faune et la flore. On a eu des cours de “first-aid”, (théorie et pratique), des randonnées. On essaie d’être des ambassadeurs de notre pays. Le cours était gratuit, sur une durée de 40 heures une fois par semaine pendant un mois, et le samedi était consacré aux randonnées. Ce certificat est une première et le métier sera reconnu. Souvent on parle de guides sans savoir que nous sommes des “frontliners” pour notre pays. Et quand le client a ce contact avec les Mauriciens, c’est vraiment une belle expérience pour lui.
Le cours était ouvert à tous ceux qui travaillent : guides touristiques polyvalents, tour-opérateurs, randonneurs. Ce qui est intéressant c’est que ce cours était aussi ouvert aux nouveaux venus dans le domaine également, ce qui est important pour notre pays. Il faut être passionné et j’invite les jeunes à se lancer dans ce métier. Comme Mauricien, je trouve très important qu’on ne prenne pas de la main-d’œuvre de l’extérieur pour exercer ce métier, on est nés sur cette île et on représente Maurice.
J’invite les jeunes à se lancer dans le domaine touristique et à apprendre une troisième langue. Vu qu’on a eu le soutien de l’Union européenne, l’Europe est notre marché principal. Et il est de notre intérêt d’apprendre l’espagnol, l’italien, l’allemand qui devient un marché niche. Que ce soit à l’École hôtelière ou une autre institution, on nous apprend à connaître une troisième langue pour pouvoir faire une excursion dans la langue du client.
Dans très peu de destinations, on fait cela. En général, comme la langue dominante est l’anglais dans tous les pays du monde, les excursions se font en anglais. À Maurice, on le fait en français, italien, espagnol, ou l’allemand. C’est ce qui fait la beauté de l’île car il n’y a pas de barrière entre le Mauricien et le client.
Le Covid a marqué les esprits, mais on dit un grand merci au gouvernement pour l’aide financière en faveur des entreprises engagées dans le tourisme. Sans cette aide, les tour-opérateurs allaient chômer. »
Dominique Édouard (Casela) : « Un esprit de partage avant tout »
« La formation nous a aidés à nous conformer au standard que veut l’autorité mauricienne pour qu’on donne les vraies informations et permette de visiter les sites de la MPCS, qui nous a ouvert ses portes pour voir ce qu’ils attendent de nous comme guides. À connaître aussi les autres opérateurs, partager nos expériences. Mais aussi la MITD nous a donné énormément d’outils pour nous adresser à la clientèle touristique.
Quatre-vingt-quatre participants ont été enthousiasmés par cette formation qui n’était pas basée sur la compétition, mais sur un esprit de partage. C’est un examen où l’on s’est enrichi des connaissances et où l’on a appris à donner des connaissances exactes au client. Cela m’aide aussi à partager l’héritage et la culture de mon pays. J’ai appris énormément sur les plantes endémiques. Je remercie les formateurs mauriciens de nous avoir donné accès à des sites et de nous avoir aidés à approfondir nos connaissances. »
Kevin Nurseegadoo (Horazis) : « Être plus professionnel dans le métier »
« Chez Horazis, on organise des randonnées guidées dans l’ouest et le sud de l’île. J’ai mieux appris à devenir un professionnel. J’ai fait une formation dans les Himalaya en Inde pour connaître les montagnes, mais les cours à Maurice sont un plus, car on est en terrain d’entente pour être né ici. C’est une formation plus que bénéfique, qui nous aide à parfaire nos connaissances, et surtout d’avoir des compétences nécessaires pour organiser des randonnées et escalades à travers le pays. »
Mélanie Lauria (Italie Tour) : « Le challenge d’être une femme guide touristique »
« Le cours a été en interne, et l’accent a été mis sur la protection de la nature. Être femme guide touristique, ce n’est pas difficile, mais juste un challenge de tous les jours. J’ai des enfants de 16, 15 et 8 ans et, pour moi, tout ce que j’ai appris au cours, je vais le transmettre à mes enfants. »
Wendy Marie (Adventurous Spirit) : « Des activités au cœur de la nature »
« Une bonne formation qui m’a permis de mieux connaître les plantes, les parcs, nos forêts ; c’est un gros travail. J’avoue avoir mieux cerné tout ce qui se rapporte aux plantes endémiques et un de mes projets est de faire découvrir aux clients des activités dans la nature. Ce travail de guide est un vrai défi de connaissance de terrain. »
Sarajane Bouquet (Casela) : « Mieux maîtriser l’aspect de sécurité »
« Je suis dans le domaine de la tyrolienne au Casela. Au début, je cherchais un travail dans la nature. Et quand on m’en a proposé un au Casela, j’étais réticente. Maintenant, cela fait 15 ans que j’y suis et je suis la première femme à faire de la tyrolienne à Maurice. Je parviens aisément à maîtriser l’altitude. Le plus haut sommet est celui de la Montagne-Rempart. Cette formation m’aidera à mieux communiquer avec mes clients au quotidien. Le point négatif de ce métier a été la pandémie, et la sécurité au niveau des clients, car il faut tout une mise en place avant de s’adonner à de la haute voltige. »

