Économie bleue — Lancement de la Semaine de l’Océan — Boolell : « Un océan durable, moteur d’une nouvelle croissance économique »

Le lancement de la Semaine de l’Océan marque un « moment charnière » pour Maurice, appelée à accélérer sa transition vers une économie bleue durable et résiliente. C’est ce qu’a déclaré le ministre de l’Agro-Industrie. Il réitère le fait que le pays dispose de l’une des plus vastes zones économiques exclusives (ZEE) en Afrique — la 20e plus importante au monde.

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S’appesantissant sur les responsabilités qui en découlent, le ministre fait comprendre qu’« en tant que grand État océanique et petit État insulaire en développement, nous avons des droits, mais aussi l’obligation d’adopter des plans océaniques durables. »

La conférence s’articule autour de trois tables rondes de haut niveau consacrées à la finance bleue, aux énergies marines renouvelables et à l’économie bleue. « L’océan représente bien plus qu’un patrimoine naturel. Il constitue la prochaine frontière économique, sociale et environnementale. Si l’économie océanique contribue déjà à hauteur d’environ 10 % du PIB, l’objectif est clair : doubler cette contribution en dix ans » fait-il ressortir.

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Toutefois, Arvin Boolell a averti que cette expansion ne doit pas se faire au détriment de la biodiversité. « Un océan bien protégé et durable offre des opportunités pour une activité économique durable accrue ou nouvelle dérivée de l’océan. Les progrès et perspectives pour l’énergie liée aux océans, telles que l’éolien offshore et l’énergie marémotrice, semblent prometteurs. L’aquaculture et le commerce maritime, entre autres, sont des secteurs clés qui méritent une priorité », dit-il encore.

Le ministre a évoqué les enseignements tirés de l’érosion côtière à Tamarin ainsi que de la marée noire du Wakashio Oil Spill, relevant l’importance de la protection et de la restauration des écosystèmes marins. « There are lessons to be learnt from the wreck of Wakashio and the application of Innocent passage as defined by UNCLOS Article 19.

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Damage means legal reparation. Our case will be heard before the international court. As a responsible sovernment, we have released the findings of the report of the Court of Investigation on wreck of Wakashio the third biggest cape size vessel », poursuit-il.

« Les récifs coralliens et les Mangroves sont des forteresses naturelles », fait-il valoir, mettant en avant leur rôle dans la protection des côtes et la capture du carbone.

Parmi les secteurs prioritaires figurent l’aquaculture, le commerce maritime, ainsi que les énergies marines, notamment l’éolien offshore et l’énergie marémotrice. Le ministre réaffirme l’importance de la lutte contre la pêche illégale, non-déclarée et non-réglementée (INN), responsable de pertes estimées entre 10 et 11 milliards de dollars par an dans la région de la SADC. « Le thon est notre or blanc », indique-t-il.

Sur le plan stratégique, quatre axes d’action ont été définis. Le premier concerne l’humain, avec un appel à une meilleure intégration entre secteurs économiques, du tourisme aux pêcheries en passant par l’énergie.

« Transformer Maurice en un port insulaire attractif, avec le transbordement indépendamment de la performance des ports à conteneurs de premier plan, est une priorité absolue de notre gouvernement. Maurice sera l’étoile et la clé de l’océan Indien. Le passage de plus de 38 000 navires sur la route maritime du Sud-Ouest constitue une opportunité. L’escalade des tensions au Moyen-Orient nous donne un avantage comparatif. Nous prions pour une paix durable », fait-il comprendre.

Le deuxième axe porte sur la politique, avec un projet de loi sur l’économie bleue et la création d’institutions dédiées pour structurer le secteur. « Judith Swan, conseillère juridique de renom, a travaillé sur le projet de loi, comprenant un cadre de développement politique conçu pour guider le pays vers une économie bleue diversifiée et durable. Cela ouvrira la voie à la mise en place du Département de l’économie bleue et d’un Conseil de l’économie bleue, tous deux avec des mandats très distincts mais interconnectés », annonce-t-il.

Le troisième pilier, la finance, met l’accent sur les mécanismes innovants tels que les obligations bleues et les échanges dette-nature. Il a noté que la finance bleue est un concept émergent.

De son côté, le Junior Minister Fabrice David a participé à un échange entre pairs au Cap-Vert et, depuis, un comité travaille à exploiter le mécanisme d’outils de financement innovants.

Le ministre a aussi cité l’exemple des Seychelles, qui ont considérablement étendu leurs zones marines protégées et émis la première obligation bleue souveraine en 2018.

Enfin, la science constitue le quatrième levier, avec des projets axés sur le carbone bleu et la restauration des écosystèmes. Le ministère travaille sur un projet visant à promouvoir la recherche, la conservation et la restauration de ces écosystèmes via un mécanisme volontaire de marché du carbone bleu.

« Les mangroves, les prairies d’herbiers marins et les récifs coralliens ne sont pas seulement des écosystèmes mais des forteresses naturelles. Elles nous protègent contre l’érosion, offrent des nurseries pour les poissons et capturent le carbone à des taux dix fois supérieurs aux forêts terrestres. Maurice possède le plus grand puits de carbone de l’océan Indien. Le Saya de Mahla, avec sa vaste superficie d’herbiers marins, est l’Amazone de l’océan », reconnaît le ministre de l’Agro-Industrie.

De plus, la National Blue Carbon Task Force, le National Coral Reef Network et le Sea Turtle Network sont en cours de relancement afin de collaborer avec le public, le privé et les ONG, renforçant les programmes de conservation et de restauration et insufflant un nouvel élan à la protection et à la conservation des écosystèmes marins. De ce fait, Maurice entend notamment développer un Blue Carbon Tech Hub avec le soutien du Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD).

En conclusion, Arvin Boolell a appelé à une mobilisation collective en affirmant que « la Semaine de l’Océan est plus qu’un événement. C’est le moment d’écrire un nouveau chapitre, en impliquant pleinement les jeunes générations.»

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