Efficacité énergétique | Campagne nationale — CEB : La demande aux  heures de pointe en baisse

– 151 notifications adressées aux grands consommateurs d’énergie à ce jour

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La campagne nationale d’économie d’énergie menée conjointement par l’Energy Efficiency Management Office (EEMO) et le Central Electricity Board (CEB) commence à produire des résultats encourageants. Entre janvier et mars, la demande en électricité durant les heures de pointe a diminué d’environ 40 MW, permettant de réaliser des économies estimées à Rs 110 millions par mois sur les coûts de production. Cette baisse de la consommation a également permis d’éviter le recours à des délestages préventifs, malgré les fortes pressions exercées sur le réseau électrique national.

Cette campagne, qui se poursuivra jusqu’en septembre prochain, s’inscrit dans une stratégie plus large du gouvernement visant à améliorer l’efficacité énergétique et à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Maurice ambitionne ainsi d’accroître son efficacité énergétique de 10 % d’ici à 2035, en prenant 2019 comme année de référence.

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Pour atteindre cet objectif, l’EEMO met en œuvre le projet quinquennal Realising Energy Savings and Climate Benefits of Implementing Mandatory Energy Auditing in the Republic of Mauritius. Financé à hauteur de 4,53 millions de dollars américains par le Global Environment Facility Trust Fund, avec le soutien financier du gouvernement et de plusieurs partenaires, ce programme vise à rendre pleinement opérationnel le système d’audits énergétiques obligatoires en supprimant les obstacles techniques, institutionnels et financiers qui freinent les investissements dans l’efficacité énergétique.

Les mesures mises en œuvre dans le cadre de ce projet devraient permettre d’éviter l’émission d’environ un million de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) au cours de leur durée de vie.

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L’EEMO poursuit également le déploiement de plusieurs initiatives, notamment les normes minimales de performance énergétique, l’étiquetage énergétique obligatoire, les audits énergétiques obligatoires pour les gros consommateurs, les contrats de performance énergétique ainsi que des campagnes de sensibilisation et l’élaboration de guides sectoriels.

Les audits énergétiques enregistrent une progression constante. À ce jour, 151 notifications ont été adressées aux grands consommateurs d’énergie des secteurs public et privé. À fin juin 2026, 70 audits avaient été réalisés.

Ces évaluations ont permis d’identifier un potentiel d’économie de près de 100 GWh d’électricité par an, avec une réduction potentielle de 83 000 tonnes de CO2 annuellement . Les investissements nécessaires pour concrétiser ces mesures sont estimés à Rs 2,3 milliards.

L’étiquetage énergétique continue également de se développer. Six catégories d’appareils électriques sont désormais soumises à cette réglementation. Trente-cinq distributeurs sont enregistrés sur la plateforme en ligne de l’EEMO et 1 595 certificats d’enregistrement ont déjà été délivrés.

Parmi les principales réalisations de l’exercice financier 2025-26 figure l’introduction, en septembre 2025, des normes minimales de performance énergétique pour les climatiseurs, étendues en mai dernier aux appareils de réfrigération. Les nouvelles exigences applicables aux réfrigérateurs entreront pleinement en vigueur le 1er octobre prochain, après une période transitoire accordée aux importateurs.

Afin de limiter la consommation d’électricité non essentielle dans un contexte de hausse du coût des combustibles fossiles, le gouvernement a également introduit les Energy Efficiency (Control of Non-Essential Grid Powered Activities) Regulations de 2026.

Depuis leur entrée en vigueur, 70 plaintes ont été enregistrées, entraînant 59 inspections et la délivrance de 26 avis de non-conformité. Dix-sept institutions ont depuis confirmé avoir engagé les mesures correctives demandées.

Le secteur manufacturier bénéficie également d’un accompagnement spécifique grâce au Energy Efficiency Audit Scheme for the Manufacturing Sector. Seize entreprises ont déjà entamé leur processus d’audit énergétique avec l’appui technique de l’EEMO.

L’organisme a également finalisé un cadre national destiné à promouvoir les contrats de performance énergétique, comprenant des contrats types et des directives en matière de passation de marchés, élaborés en collaboration avec Deloitte.

En parallèle, une demande de financement de 14 millions d’euros a été soumise la Mitigation Action Facility afin de mettre en place un mécanisme de garantie destiné à faciliter le financement des projets d’efficacité énergétique portés par les entreprises spécialisées.

L’EEMO renforce également sa coopération avec plusieurs partenaires internationaux, notamment la Danish International Development Agency (DANIDA) et le Programme des Nations unies pour l’environnement – Copenhagen Climate Centre. Des formations sur l’efficacité énergétique des bâtiments ont été organisées au profit de centaines de participants, tandis que de nouveaux guides de bonnes pratiques ont été élaborés pour les secteurs commercial et industriel.

La sensibilisation du public demeure un pilier essentiel de cette stratégie. Depuis 2025, près de 1 000 élèves des Grades 5 et 6, répartis dans 14 écoles primaires, ont été sensibilisés à la maîtrise de l’énergie à travers des présentations interactives et des concours.

La campagne nationale d’économie d’énergie, qui se poursuivra jusqu’en septembre 2026, mobilise plusieurs canaux de communication, notamment la télévision, la radio, les réseaux sociaux, les écoles, le Metro-Express ainsi que la ligne d’assistance du CEB permettant au public de signaler les cas de gaspillage d’énergie. À travers cette vaste mobilisation, les autorités entendent ancrer durablement une culture de consommation énergétique responsable à Maurice.

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