Alors que 76 % des Mauriciens âgés de 18 à 25 ans interrogés envisagent de quitter le pays et que le taux de chômage dans cette tranche d’âge atteint 20 %, soit quatre fois la moyenne nationale, le gouvernement étudie la possibilité de relancer le Youth Employment Programme. Interpellé par le député Adrien Duval lors des travaux parlementaires de ce mardi 27 octobre, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a reconnu la gravité de la situation, tout en soulignant les contraintes budgétaires qui freinent le financement d’un tel programme.
S’appuyant sur les conclusions de l’Afrobarometer Flagship Report 2026, Adrien Duval a également indiqué que jusqu’à 44 000 jeunes de cette tranche d’âge ne sont ni en emploi, ni aux études, ni en formation. Il a plaidé pour le retour du Youth Employment Programme, lancé en 2013, qui aurait permis, selon lui, à plus de 50 000 jeunes de trouver un emploi grâce à une subvention gouvernementale pouvant atteindre 50 %.
En réponse, Navin Ramgoolam a confirmé que la relance de ce programme est envisagée. Il a toutefois insisté sur les limites financières de l’État, affirmant que le gouvernement ne peut pas tout subventionner. Le Premier ministre a également évoqué la nécessité d’éviter une dégradation de la notation financière de Maurice par Moody’s.
Pour retenir les jeunes diplômés, le gouvernement mise notamment sur le Skills Development Scheme for Professionals, lancé en septembre 2026 par le Human Resource Development Council (HRDC), ainsi que sur la création d’une zone économique spéciale de haute technologie à Côte-d’Or. Ce projet vise à attirer des investissements dans l’intelligence artificielle, les technologies numériques et l’industrie de pointe au cours des cinq prochaines années. Une plateforme numérique de SME Mauritius est également en préparation pour faciliter l’accès des entrepreneurs aux aides et aux financements.
Concernant les Mauriciens établis à l’étranger, le Premier ministre a annoncé qu’une plateforme nationale e-Diaspora, développée par l’Economic Development Board (EDB), devrait être opérationnelle en janvier 2027. Elle permettra de faciliter l’accès aux possibilités d’emploi, d’investissement et de transfert de compétences. Il a également rappelé les amendements apportés au Public Procurement Act en août 2026 pour faciliter le recours aux experts mauriciens de la diaspora.
Face aux préoccupations soulevées par Adrien Duval sur l’avenir du pays, alors que près de huit jeunes sur dix envisagent l’émigration, Navin Ramgoolam a reconnu la nécessité de renforcer les mesures pour retenir les jeunes à Maurice. Il a annoncé la préparation d’un cadre politique sur la migration, la population et la diaspora. Quant à une éventuelle relance du Youth Employment Programme, le Premier ministre a précisé qu’aucune décision n’a encore été prise, son financement restant un obstacle majeur.

