Le secteur du textile/habillement toujours sous pression
Les exportations devraient enregistrer une croissance d’environ 2 % cette année, pour atteindre près de Rs 110 milliards, malgré un environnement commercial international difficile. C’est ce qui ressort du rapport Mauritius Export Performance and Outlook for 2026, réalisée par la Mauritius Export Association (MEXA) auprès de ses membres, dans le but d’évaluer les performances du secteur et ses perspectives pour le second semestre.
Les premiers résultats de l’année témoignent d’une évolution contrastée. Au premier semestre 2026, les exportations totales ont progressé de seulement 0,2 %, pour atteindre Rs 54 milliards. Si les exportations domestiques ont affiché une hausse de 4,5 %, les réexportations ont, en revanche, chuté de 26,9 %, pesant sur la performance globale du commerce extérieur.
La MEXA anticipe néanmoins une amélioration au second semestre. Les exportations des entreprises tournées vers l’exportation (Export Oriented Enterprises – EOE) devraient progresser d’environ 3 % sur cette période, permettant de ramener la croissance annuelle à près de 2 %. Cette évolution devrait être soutenue par la progression des exportations nationales et des activités de soutage (Bunkering).
Le secteur du textile et de l’habillement demeure confronté à des difficultés structurelles, notamment la hausse des coûts de production, le recul des exportations et l’intensification de la concurrence internationale. Dans ce contexte, le maintien de l’accès préférentiel au marché américain dans le cadre de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) reste un enjeu majeur pour les exportateurs mauriciens.
Les perspectives sont plus encourageantes pour les produits de la mer. Une reprise de l’activité d’exportation est attendue au second semestre, même si les opérateurs doivent composer avec une concurrence accrue sur le marché britannique. La suspension temporaire des droits de douane sur certains produits à base de thon constitue notamment un facteur de préoccupation.
Le secteur biomédical devrait, pour sa part, conserver une dynamique positive et continuer à contribuer à la croissance des exportations. L’exportation de primates vivants devrait également progresser, mais à un rythme plus modéré. Une amélioration progressive est aussi anticipée dans le segment de la bijouterie et des cadrans de montres (Jewellery and Watchdials). Malgré ce redressement attendu, les exportations de cette catégorie devraient rester inférieures aux niveaux enregistrés l’année dernière.
Au-delà des performances commerciales, l’évolution de l’emploi constitue un autre indicateur des transformations à l’œuvre dans le secteur. En juin 2026, les EOE comptaient 26 657 travailleurs, soit une baisse de 7,2 % sur un an. Selon les éléments présentés dans le rapport de la MEXA, ce recul s’explique principalement par l’importance croissante accordée à la productivité, à la digitalisation et à l’automatisation des activités. Cette évolution traduit les efforts des entreprises pour améliorer leur efficacité opérationnelle dans un contexte marqué par la hausse des coûts et la pression concurrentielle.
Dans l’ensemble, les perspectives pour l’année 2026 restent modérément positives. La croissance attendue des exportations devrait toutefois dépendre de l’évolution des réexportations et des conditions sur les marchés extérieurs. Pour la MEXA, la résilience du secteur demeure essentielle, mais la consolidation de cette croissance nécessitera des efforts soutenus. « Mauritius’ export sector is expected to demonstrate resilience, although sustaining growth will require continued efforts to strengthen competitiveness in an increasingly challenging international trading environment », note le rapport de la MEXA.

