Une des descendants de Sir Henry Barkly, dixième gouverneur de l’île Maurice (du 21 août 1863 au 3 juin 1870), est attendue au pays à la fin de juillet prochain. Cette descendante du gouverneur britannique, historienne engagée dans le mouvement international pour la reconnaissance et la réparation des crimes contre l’humanité liés à l’esclavage, ne sera pas à sa première visite à Maurice. C’est dans cette optique qu’elle aurait exprimé le souhait de participer au processus de réparation à travers le développement, l’éducation et la culture dans la région — Barkly à Beau-Bassin — qui porte le nom de son illustre ancêtre.
Historienne publique basée à Norwich, spécialisée dans l’étude de l’esclavage, de l’Empire britannique et de leurs héritages contemporains. Ancienne médecin généraliste, la descendante de Sir Henry Barkly a vécu et travaillé en Zambie, en Afrique du Sud, en Écosse et en Angleterre, des expériences qui ont nourri son engagement en faveur de la justice sociale et de la lutte contre les conséquences du colonialisme. Ses recherches portent principalement sur l’abolition de l’esclavage et la justice réparatrice.
Membre du groupe Heirs of Slavery, elle s’appuie également sur sa propre histoire familiale, marquée par des ancêtres négriers, propriétaires fonciers, universitaires et historiens. Conférencière reconnue, elle a notamment présenté des travaux sur Thomas Fowell Buxton, artisan de la loi britannique abolissant l’esclavage en 1833, sur les femmes abolitionnistes du Norfolk, ainsi que sur l’héritage complexe de l’esclavage en Écosse. Elle s’intéresse plus largement aux effets de la colonisation et aux débats actuels sur la responsabilité historique.
Un « coordinated State boycott»
Cette visite s’inscrirait dans le cadre de la Première Conférence internationale sur la justice réparatrice, prévue les 1er et 2 août 2026 à Maurice, à l’initiative du Kolektif Reparasyon Avansman Kreol (KRAK). Cependant, selon José Moïrt, membre fondateur du KRAK, le collectif rencontrerait actuellement des obstacles dans l’organisation de cette conférence. Dans un courrier adressé à plusieurs instances internationales, dont le Commonwealth, la Commission de l’Union africaine et le Vatican, il évoque un « coordinated State boycott ».
Avant d’embrasser une carrière politique et d’être nommé à la tête de plusieurs colonies de la Couronne britannique, Henry Barkly a reçu, en 1836, une indemnisation de plus de 3 000 livres sterling pour l’affranchissement de 142 esclaves de son domaine de Mount Parnassus, à la Grenade, ainsi que près de 2 000 livres sterling pour la libération de 148 esclaves de sa propriété de Mount St. George’s Estate, à Tobago. Même après l’abolition de l’esclavage, il a continué à tirer des revenus de ses plantations jusqu’en 1843, avant de se consacrer pleinement à la vie politique.
À Maurice comme ailleurs, notamment en Afrique du Sud, son nom a traversé le temps pour s’inscrire dans l’histoire contemporaine de ces pays.

