FINANCE ISLAMIQUE — Maurice veut se positionner comme une plate-forme internationale du Waqf

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Faire de Maurice un centre international pour la structuration et la gestion du Waqf. C’est l’ambition affichée par le gouvernement lors de l’ouverture, hier, à Port-Louis, d’une conférence internationale réunissant des spécialistes de la finance islamique et du Waqf.

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Le ministre du Logement et des Terres, Shakeel Mohamed, a annoncé que des consultations sont en cours avec des professeurs et des experts afin de revoir le cadre légal régissant le Waqf. « La législation actuelle, la Waqf Act, remonte à 1941 et nécessite une mise à jour afin de tenir compte de l’évolution des pratiques et des nouveaux instruments liés à ce secteur. », déclare-t-il.

Il ajoute que la réforme devra également prendre en considération les standards internationaux en matière de transparence et de lutte contre le blanchiment d’argent, notamment les dispositions de l’ESAAMLG et du FATF. Pour Shakeel Mohamed, le statut de Maurice comme centre financier constitue un atout pour développer cette activité et attirer des investissements. « Une plate-forme internationale du Waqf ne profitera pas uniquement à une communauté, mais à toute l’île Maurice », a-t-il déclaré, en évoquant les retombées potentielles en termes d’investissements et d’emplois.

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Le ministre du Travail, Reza Uteem, souhaite pour sa part que Maurice bénéficie de l’expertise de l’Islamic Development Bank Institute dans le cadre de cette réforme. Il estime que « le Waqf dépasse désormais le cadre traditionnel des pays musulmans et représente un mécanisme pouvant contribuer au financement de projets à vocation sociale. »

Les ressources ainsi mobilisées pourraient être dirigées vers l’éducation, la santé ou encore les initiatives destinées à réduire la pauvreté.

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Pour le Dr Najmul Hussein Rassool, Chairman de l’AWQAF (Mauritius) Foundation, l’enjeu est également de renforcer la gouvernance du système. « La législation devra garantir une administration conforme aux principes de l’éthique islamique, tout en assurant une gestion responsable des fonds », dit-il encore.

La conférence permet par ailleurs à Maurice de confronter son expérience à celle de plusieurs juridictions étrangères. Des spécialistes de Malaisie, de Singapour, d’Afrique du Sud et d’Angleterre sont présents pour partager leurs pratiques et leur savoir-faire.
Le Dr Najmul Hussein Rassool souligne que la perception du Waqf à Maurice reste encore largement associée aux biens immobiliers. « Or, le secteur s’est diversifié avec l’apparition de nouveaux modèles, dont le cash Waqf » , qui repose sur la mobilisation de liquidités à des fins sociales.

Pour sa part, Yahya Aleem Ul Rehman, de l’Islamic Development Bank Institute en Arabie saoudite, a exprimé la disponibilité de son institution à accompagner Maurice dans la mise en place d’un environnement légal et institutionnel adapté du Waqf.

Il explique que le Waqf repose sur la constitution d’un patrimoine dont le capital est préservé, tandis que les revenus qu’il génère sont affectés à une personne, à une communauté ou à une cause d’intérêt général. « Un immeuble peut, par exemple, être placé en Waqf sans être vendu. Les loyers perçus peuvent ensuite être consacrés à des actions caritatives », dira-t-il.

Pour Maurice, la modernisation de la Waqf Act et l’intégration de nouveaux modèles de financement constituent ainsi les premières étapes vers la création d’un écosystème susceptible d’attirer des capitaux internationaux et de soutenir des projets à vocation sociale.

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