« Rendre nos routes plus sûres et réduire le nombre d’accidents ». Le ministre du Travail, Reza Uteem, reconnaît que la réintroduction du système de Penalty Points, il y a quelques mois, constitue une étape importante, mais estime que « ce n’est pas suffisant face à certains comportements au volant.»
Pour illustrer la nécessité d’un durcissement de la législation, le ministre a évoqué un récent accident mortel impliquant un conducteur qui, selon lui, était sous l’influence de l’alcool et ne possédait pas de permis de conduire. « C’est précisément pour cela que ce projet de loi vise à introduire de nouvelles infractions et à renforcer les sanctions pour certaines infractions routières », dit-il.
Reza Uteem s’est également expliqué sur l’utilisation du Handheld Communication Device au volant. Il a ainsi expliqué que la loi vise désormais l’utilisation du hand phone and handheld communicating device, afin de couvrir plus largement les différents appareils susceptibles de détourner l’attention du conducteur.
Concernant la disposition concernant la Road Rage, l’intervenant a rejeté l’idée selon laquelle le gouvernement chercherait, « par la porte arrière », à s’attaquer à la liberté de rassemblement. Il a expliqué que la disposition vise des situations dans lesquelles des personnes, sous l’effet de la colère, adoptent des comportements susceptibles de perturber ou de bloquer la circulation. « Cette section de la loi concerne la Road Rage, les personnes qui sont en colère et qui doivent se contrôler. Elle ne concerne pas les rassemblements illégaux », maintient-il en ajoutant que « je peux assurer au leader de l’opposition qu’il existe une liberté d’association et de tenir des rassemblements publics. »
Le volet le plus sévère concerne la conduite sous l’influence de l’alcool ou de drogues lorsqu’elle entraîne la mort d’une personne. Pour le ministre Reza Uteem, le message doit être clair. L’amendement vise à « décourager ce type de comportement », avec des sanctions renforcées.
« Il n’y aura pas de travaux communautaires pour ce type d’infraction, car nous voulons dissuader ce comportement », fait-il ressortir. Le dispositif prévoit notamment des amendes, des peines d’emprisonnement et la disqualification du conducteur.
Un nouveau durcissement des peines pourrait intervenir à une étape ultérieure. Reza Uteem a expliqué que le bureau de l’Attorney General a recommandé davantage de consultations ainsi que l’élaboration de lignes directrices en matière de peines, en collaboration avec le bureau du Chief Justice. « Nous avons été avisés par le bureau de l’Attorney General qu’il faut davantage de consultations et des lignes directrices en matière de sentencing avec le bureau du Chief Justice », dit-il.
Le ministre s’est appesanti sur le message politique: « ce gouvernement a une tolérance zéro pour ceux qui boivent et conduisent ou qui consomment des drogues. »
La possibilité de saisir des véhicules a également été abordée. Reza Uteem a tenu à faire une distinction entre les infractions ordinaires et les comportements présentant un danger sérieux pour le public. « Nous parlons d’infractions très graves », a-t-il affirmé, notamment lorsqu’un conducteur circule sous l’influence de l’alcool ou de drogues.
Dans ces circonstances, le policier pourra intervenir pour protéger les autres usagers de la route. « Dans l’intérêt de la sécurité du public, le policier prend le véhicule sous sa garde et le place dans un lieu sûr », explique-t-il.
Reza Uteem a également voulu répondre à ceux qui pourraient voir dans le durcissement des amendes une volonté de renflouer les caisses de l’État.
Il a plutôt mis l’accent sur les conséquences économiques et humaines des accidents de la route. Selon lui, la situation est d’autant plus préoccupante que les victimes peuvent se retrouver sans couverture d’assurance lorsqu’un accident implique un conducteur sous l’influence de l’alcool ou de drogues, ou encore une personne conduisant sans permis.
« C’est pourquoi la population doit comprendre que l’objectif n’est pas de collecter des revenus », a-t-il affirmé. Le véritable objectif, selon le ministre, est ailleurs :« des routes plus sûres et moins d’accidents .»

