4 420 cas de violences domestiques envers les femmes et 5 448 de maltraitance d’enfants
Il n’y a pas que les femmes qui sont victimes de violence domestique. Les Gender Statistics de 2022, publiées par Statistics Mauritius, indiquent en effet que 17,9% des cas rapportés de victimes de violence domestique impliquaient des hommes, contre 82,1% des femmes. Les chiffres indiquent aussi que 4 293 hommes ont été victimes d’homicides et d’agressions, contre 4 150 femmes, tandis que 568 femmes ont été victimes de violences sexuelles et d’exploitation sexuelle, contre 44 hommes. Ils révèlent également 5 448 cas de maltraitance à l’égard d’enfants et 4 420 de violences domestiques à l’égard des femmes en 2022, contre 1 434 en 2021.
Autres faits saillants de ce rapport : la tendance dans le taux de natalité ne s’est pas renversée alors que les hommes et les femmes se marient à un âge plus avancé et la différence d’âge entre eux se réduit avec le temps. Par ailleurs, plus de femmes que d’hommes étaient inscrites dans des établissements d’enseignement supérieur, et seules 10,4% des femmes actives sont chefs d’entreprise, contre 28,3% d’hommes.
Les femmes au chômage sont aussi qualifiées que leurs homologues masculins, note le rapport. 16,2% des femmes détiennent des diplômes au niveau de l’enseignement supérieur, comme les hommes. Et les femmes sont largement sous-représentées dans la prise de décision dans les sphères supérieures de la société. À noter aussi : le nombre de femmes ministres n’était que de 3 sur 21; la proportion de femmes occupant les postes les plus élevés dans les services de l’État (directrice générale, secrétaire permanente, secrétaire permanente adjointe, directrice, gestionnaire, juge et magistrate) était de 38,6%. Les femmes ont aussi moins participé que les hommes dans le sport en tant qu’athlètes de haut niveau (64,7% d’hommes contre 35,3% de femmes).
Au Global Gender Gap Index (GGI) du World Economic Forum, Maurice était classée 105e sur 146 pays dans le monde. Le GGI mesure l’égalité des sexes dans quatre domaines clés, à savoir la participation et les opportunités économiques, le niveau d’instruction, la santé et la survie, et l’autonomisation politique.
Les femmes plus nombreuses que les hommes
Ces statistiques confirment que la population se chiffrait à 638 642 femmes et 623 787 hommes en 2022. Avant 1950, les femmes étaient moins nombreuses que les hommes. Cependant, la population féminine a augmenté à un rythme plus rapide, de sorte que dans les années 50’, il y avait un nombre presque égal d’hommes et de femmes.
Cet équilibre de la population s’est maintenu pendant une quarantaine d’années. Depuis 1990, les femmes sont de plus en plus nombreuses que les hommes. En 2022, il y avait 14 675 femmes de plus que d’hommes. Sur une population totale de 1 262 249 personnes, il y avait 638 462 femmes, contre 623 787 hommes, soit 98 hommes pour 100 femmes.
Bien que les femmes soient plus nombreuses dans la population totale, ce n’est pas le cas dans tous les groupes d’âge. Aux âges les plus jeunes (moins de 50 ans), les hommes sont plus nombreux, principalement en raison de plus de naissances de bébés garçons que de filles avant 2022. En 2022, il y avait un nombre égal d’hommes et de femmes, soit pour 100 naissances masculines pour 100 naissances féminines.
À 50 ans et plus, les femmes étaient plus nombreuses que les hommes, et leur proportion augmentait aux âges plus élevés. Le ratio hommes-femmes se situe autour de 103 pour les 40-49 ans, contre environ 56 pour les 80 ans et plus; il y avait environ deux femmes pour chaque homme dans ce groupe d’âge. La principale raison de ce déséquilibre est que les femmes vivent plus longtemps que les hommes.
Les femmes ont en effet une espérance de vie plus élevée que les hommes, soit environ sept ans de plus. En 2022, l’espérance de vie à la naissance des femmes était de 77,2 ans, contre 70,2 ans pour les hommes. L’espérance de vie à la naissance s’est améliorée au fil des ans pour les hommes et les femmes, et l’écart a diminué de 2010 à 2018. De 2019 à 2022, il est passé de 6,8 ans à 7 ans.
Fertilité et contraception
Les femmes ont continué à donner naissance à moins d’enfants que dans le passé. L’indice de fécondité, qui indique le nombre moyen d’enfants nés d’une femme pendant sa période de procréation, a maintenu une tendance générale à la baisse depuis le début du siècle, soit après 2002. Ainsi, le nombre moyen d’enfants nés d’une femme a diminué de près d’un enfant.
En 2022, les Government Family Planning Clinics, la Mauritius Family Planning & Welfare Association et l’Action Familiale ont enregistré un total de quelque 56 040 utilisateurs de méthodes contraceptives à Maurice, soit une augmentation de 248 par rapport aux 55 792 en 2021.
Taux de divorce en hausse
Alors que le taux de mariage est en baisse, le taux de divorce est en hausse. Le taux de nuptialité, c’est-à-dire le nombre de personnes mariées pour 1 000 habitants en milieu d’année, est passé de 17,4 en 2002 à 15,1 en 2022. Le nombre de personnes divorcées pour 1 000 habitants en milieu d’année est, lui, passé de 2,1 en 2002 à 3,9 en 2022. Au moins un couple sur cinq divorcés en 2022 n’avait pas d’enfant, tandis que le reste avait au moins un enfant.
Diabète sucré et maladies cardiovasculaires principales causes des décès
Bien que les femmes soient plus nombreuses que les hommes dans la population, il y a moins de décès chez les femmes que chez les hommes. En 2022, 7 105 hommes et 5 833 femmes sont décédés. Le taux brut de mortalité pour 2022 était de 11,4 pour l’homme et de 9,1 pour la femme.
En 2021, les maladies cardiaques et le diabète sucré étaient les principales causes de décès dans les deux sexes. Le diabète sucré et les maladies cardiaques étaient respectivement responsables de 20,7% et 21,3% des décès chez les femmes et de 19% et 21,4% chez les hommes. Les maladies cérébrovasculaires étaient, elles, responsables de 8,4% des décès chez les femmes et de 7,8% chez les hommes.
Les causes de décès spécifiques aux femmes, telles que le cancer du sein et de l’utérus, étaient la case de 5% des décès chez les femmes, tandis que les décès maternels étaient responsables d’un autre, 0,1%. Comparativement aux hommes, les femmes étaient plus susceptibles de mourir d’une maladie hypertensive et de néoplasmes, mais moins susceptibles de décéder de maladies du foie et de se suicider.
Le risque qu’une femme meure des suites d’une grossesse ou d’un accouchement au cours de sa vie a généralement diminué au fil des ans, avec un niveau légèrement plus élevé de décès maternels ces dernières années. De 2000 à 2006, le taux de mortalité maternelle est passé de 0,20 décès maternel pour 1 000 naissances vivantes à 0,17. Après 2006, le taux de mortalité maternelle a connu une tendance à la hausse pour atteindre 0,66 en 2013, mais a ensuite diminué pour atteindre 0,46 en 2016. Le taux de mortalité maternelle a de nouveau augmenté en 2017 à 0,74 et a ensuite chuté à 0,39 en 2018, avant de remonter à 0,62 en 2019 et de tomber à 0,54 en 2021.
Secteur public
Les femmes sous-représentées
Les femmes continuent d’être sous-représentées aux postes de décision au sein du secteur public. La part de femmes parmi les ministres au sein du gouvernement était de 14,3% en 2022 (trois ministres sur 21). Même si la proportion de femmes élues aux municipales a augmenté au fil des ans, le nombre de femmes maires est resté faible. En 2022, il n’y avait pas de mairesse dans les cinq municipalités. De plus en plus de femmes occupent des postes de direction dans les services gouvernementaux. La proportion de femmes occupant les postes les plus élevés est passée de 38,3% en 2021 à 38,6% en 2022.
Violence domestique : nombre de cas en hausse
Les femmes sont plus susceptibles d’être victimes de violence domestique. Le nombre de cas de violence domestique signalés au ministère de l’Égalité des genres et du Bien-être a augmenté en 2022 pour atteindre 5 381, contre 1 654 en 2021. Le nombre total de violences domestiques à l’égard des femmes est passé de 1 434 en 2021 à 4 420 en 2022, alors que le nombre de cas touchant les hommes est passé de 220 à 961.
Child Abuse : une quinzaine de cas maltraitance par jour
Le nombre total de cas de maltraitance d’enfants signalés à la Child Development Unit est passé à 5 448 en 2022, contre 4 746 en 2021, soit une moyenne d’une quinzaine de cas par jour. Parmi les cas signalés en 2022, 55% des victimes étaient des femmes. La nature la plus courante de la violence était, tant pour les hommes que pour les femmes, la garde d’un enfant (25,5% pour les hommes et 22,7% pour les femmes). Chez les femmes, 13,3% de cas de négligence ont été signalés, suivis d’abus sexuels (11,4%). Alors que chez les hommes, 18,3% des cas de négligence suivis de violences physiques.
Délits criminels
Les hommes sont plus susceptibles d’être victimes d’homicides et d’agressions, tandis que les femmes sont plus sujettes à la violence et l’exploitation sexuelles. En 2022, 50,6% des agressions et 69% des homicides volontaires ont été commis contre des hommes. Pas moins de 92,8% des victimes de violences sexuelles et d’exploitation sexuelle étaient des femmes.
Pauvreté
Les ménages pauvres sont situés en dessous du seuil de pauvreté relative, estimé à partir de l’enquête découlant du Household Budget Survey (HBS). Les seuils de pauvreté pour 2012 et 2017 ont été estimés à Rs 5 652 et Rs 7 509 respectivement. Les femmes sont plus susceptibles que les hommes de vivre dans la pauvreté.
En 2017, 11% de la population féminine vivait sous le seuil de pauvreté, contre 9,6% pour les hommes. Sur 131 300 personnes en situation de pauvreté relative, 70 800 étaient des femmes et 60 500 des hommes. Le HBS de 2017 a montré que la pauvreté était plus susceptible de toucher les ménages dirigés par une femme que ceux dirigés par un homme (15,9%, contre 7,6% en 2017).
BRP : plus de femmes
En juin 2022, sur 250 411 Basic Retirement Pensioners, 55,1% étaient des femmes. Au cours de cette période, le nombre de femmes recevant une pension de retraite de base a dépassé de 25 763 leurs homologues masculins, et ce nombre devrait être d’environ 23 300 d’ici 2061. Les retraités, hommes et femmes, étaient concentrés dans le groupe d’âge de 60 à 69 ans. Il est à noter que 72,9% des retraités de la tranche d’âge 90-99 étaient des femmes. Pour chaque retraité centenaire de sexe masculin, il y avait six centenaires de sexe féminin.
Il y avait également 18 034 bénéficiaires de la pension de base des veuves en juin 2022, soit une diminution de 15,4% par rapport à 21 323 en 2000. Une grande majorité (68%) des veuves étaient âgées de 50 à 59 ans. Les retraités invalides étaient au nombre de 32 252 en juin 2022, avec une proportion plus élevée d’hommes (54%) que de femmes (46%).
En juin 2022, quelque 395 enfants recevaient une pension d’orphelin de base, dont 54,9% de filles. En 2022, quelque 58,5% des 583 détenus vivant dans les infirmeries et les orphelinats enregistrés au ministère de l’Intégration sociale, de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale (Division de la sécurité sociale), étaient des femmes. Les femmes résidentes étaient plus âgées que les hommes, avec 32% de 80 ans et plus, contre 12,8% pour les hommes.
Sports : faible participation des femmes
Au cours de la période 2020 à 2022, la participation à des sports de haut niveau était systématiquement plus faible chez les athlètes féminines que chez les hommes. En 2022, la participation d’athlètes féminines était de 35,3%, contre 64,7% chez les athlètes masculins.
Les disciplines sportives les plus pratiquées par les femmes en 2022 étaient l’athlétisme (21,4%), le handisport (16,7%), le judo (11,9%) et le cyclisme (9,5%). Pour les hommes, les disciplines sportives les plus pratiquées étaient l’athlétisme, la boxe et le handisport (15,6%), suivis du kickboxing (11,7%).
Éducation : disparité signalée
À la fin du primaire, les filles réussissent généralement mieux que les garçons aux examens du Primary School Achievement Certificate (PSAC). En 2021/2022, le taux de réussite des filles était de 85,2%, contre 75,3% pour les garçons. Au niveau secondaire, les filles sont plus susceptibles d’être scolarisées que les garçons.
Le Gender Parity Index (GPI) dans la scolarisation secondaire, qui mesure l’accès relatif à l’enseignement secondaire des hommes et des femmes, était de 1,1 en 2022, montrant une disparité en faveur des filles. Par conséquent, plus de femmes que d’hommes sont inscrites dans des établissements d’enseignement supérieur. La scolarisation dans l’enseignement supérieur, tant pour les filles que pour les garçons, a augmenté au fil du temps, mais avec un écart grandissant en faveur des filles.
En 2021, les femmes inscrites dans les établissements d’enseignement supérieur publics, privés et étrangers, étaient au nombre de 28 393, représentant 57,4% de la population étudiante, qui s’élevait à 49 497.

