Un Rodrigues College en jubilation et en fête après la proclamation des résultats du Higher School Certificate (HSC). Les quatre lauréats, qui viennent tous du collège, sont Azie Thierry Pascal et Prudence Joseph Mathieu pour les garçons, et Roussety Christina et Hortence Mary Juliana chez les filles.
Sur les 93 candidats inscrits au Rodrigues College, 88 ont réussi à ces examens, pour un pourcentage de 94,6%, soit en hausse par rapport aux examens précédents (85,25%). Pour cette année, sur les 25 classés de l’île, 20 des 25 premières filles viennent du collège de Port-Mathurin, et, chez les garçons, le Rodrigues College compte 22 étudiants sur les 25 premiers.
Roussety Christina, première fille
« Toujours donner le meilleur de soi »
« J’ai fait beaucoup d’efforts, et fait de mon mieux, mais je ne m’attendais pas à être classée aussi haut. J’ai beaucoup travaillé, malgré le Covid et trois années de HSC. J’ai donné le meilleur de moi-même.
« Sir lalonger ena enn linpak, me pa sir mo motivasion. Me inn ena moman kot inn ena burnout, bann moman de deprim e boukou de moman de febles. E mo tre kontan ki sa inn ariv a enn fin.
« C’est beaucoup de détermination, de hardwork, de discipline, et surtout ne jamais baisser les bras, même dans les moments sombres, même quand on a plus de forces pour avancer ».
Elle pense continuer ses études en engineering. Son père, ému, a tout d’abord remercié son épouse pour son travail avec leur fille. Il parle du sérieux dont sa fille a fait preuve tout le long de ses études. « Félicitations à ma fille pour tout son travail assidu, méthodique, scientifique et systématique, car elle travaille jusqu’à très tard pour arriver à réaliser un de ses rêves. »
Hortense Maria Juliana, seconde lauréate
« Garder nos objectifs en tête malgré les hauts et les bas »
« Contente, émue et surprise. Je ne m’y attendais vraiment pas, et c’est venu comme un choc. Pas de secret, que du travail. Pendant la période de Covid, j’ai continué comme d’habitude. Je me suis appliquée depuis la Form I. Certes, on a tous des hauts et des bas, me nou bizin tou letan gard nou but an tet. »
Interrogée sur les secrets de sa réussite, elle parle de sa mère, de Dieu, de ses amis et de ses professeurs, qui ont toujours cru en elle, même quand elle avait des doutes. Elle pense aussi à étudier l’engineering, mais reste l’esprit ouvert sur son futur. « Je réfléchis toujours, mais l’engineering m’intéresse beaucoup. » Elle lance un message aux jeunes en leur disant de « toujours persévérer, malgré les difficultés ».
Interrogée, sa mère, qui ne pouvait pas cacher sa joie, parle de soutien moral et des différents rôles que les parents doivent accomplir. « En tant que parent, j’ai aussi vécu cette pression. J’ai porté la casquette de parent, mais aussi de psychologue, d’amie. Je suis devenue la personne dont elle avait besoin. Je suis vraiment très heureuse et, maintenant, elle se lance dans une nouvelle aventure. Je serai toujours là, présente, à lui apporter mon soutien. »
Azie Thierry Pascal, premier garçon
« Croire en soi et ne jamais baisser les bras »
« Mo bien kontan. Pa ti pe atann parski ena boukou zanfan ki merit lorea osi. Pandan Covid mo inn travay tou sel lakaz, me inn ena bann profeser ki’nn ed mwa boukou. Inn ena dekourazman me lesekre se travay. Bizin touzour krwar dan zot kapasite, pa bess lebra. Mem si zot pa’nn travay superbien o komansman, zot bizin gayn enn deklik pou pouse. »
Les parents de Pascal parlent de l’encadrement. « En tant que parent, on doit bien encadrer nos enfants, les soutenir, leur donner tout le matériel mais aussi l’encadrement émotionnel et spirituel dont ils ont besoin. On est vraiment émus, et très contents pour lui, car il a fait beaucoup d’efforts. Maintenant, l’encadrement ne se termine pas maintenant, car il va affronter de nouvelles aventures seul. »
Prudence Joseph Mathieu, le deuxième lauréat
« Il n’est jamais trop tard pour se reprendre en main »
« Beaucoup de reconnaissance, beaucoup de joie. Mo ti pe atann pou gayn bon rezilta par mo zefor kontiniel, me pa ti pe atann pou vinn lorea. Pena sekre, zis boukou travay, perseverans e gard lafwa an swa. Mo ena medesinn e veteriner dan mo lespri. Kan mo ti rant dan lekol mo ti dezorder, me li zame tro tar pou bien fer. Li pa tro tar pou travay dan ladisiplinn kar ena enn sel sekre pou sikse, se travay tou lezour. »
« Premierman mo remersie Bondie. Puis ma mère, car dans les moments difficiles, quand je pleurais avec mes devoirs de chimie, c’est elle qui m’a soutenu. » Mathieu termine en laissant un message aux jeunes de Rodrigues. « Nou bizin pa prese dan lavi. Se pou sa ki mo kontan kan bann-la apel mwa kourpa, parski dan lavi to bizin al a to prop ritm, parski si to pa kapav fer gran kitsoz, to kapav fer ti kitsoz ek grander. »

