Journée mondiale contre la maltraitance des personnes âgées : Subron annonce des réformes en vue de mieux protéger les aînés

À l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation contre la maltraitance des personnes âgées, célébrée hier, le ministre de l’Intégration sociale, de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale, Ashok Subron, a rendu hommage aux aînés tout en annonçant un ensemble de réformes destinées à renforcer leur protection face aux abus, à la négligence et à la violence.

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Dans son message, le ministre a salué la contribution « inestimable » des personnes âgées au développement de Maurice, indiquant leur rôle essentiel dans la construction économique et sociale du pays ainsi que dans la transmission des valeurs familiales. Il a souligné que la société mauricienne a le devoir collectif de garantir à ses aînés une vie digne, sécurisée et sereine.

Instaurée par l’Organisation des Nations Unies, la Journée mondiale de sensibilisation contre la maltraitance des personnes âgées vise à attirer l’attention sur les violences physiques, psychologiques et financières, ainsi que sur les situations de négligence dont sont victimes de nombreuses personnes âgées à travers le monde.

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Ashok Subron a également mis en avant les profondes mutations sociales que connaît actuellement Maurice. L’augmentation constante du nombre de personnes âgées, l’évolution de la structure familiale vers le modèle nucléaire, l’émigration d’une partie de la population active ainsi que l’affaiblissement progressif des mécanismes traditionnels d’entraide contribuent à fragiliser les conditions de prise en charge des aînés.

Pour lui, ces transformations ont accentué les risques de maltraitance, d’abus financiers et de négligence, tout en augmentant les besoins en matière de soins gériatriques et d’accompagnement spécialisé dans les établissements résidentiels pour personnes âgées.
Face à cette situation, le gouvernement entend moderniser un cadre légal jugé dépassé. Ashok Subron a ainsi annoncé la finalisation prochaine de nouvelles réglementations sous la Protection of Elderly Persons Act de 2005. Ces amendements permettront notamment aux personnes âgées de bénéficier de Protection Orders, qu’elles vivent à domicile ou dans un établissement résidentiel.

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Le ministre a également affirmé que des modifications majeures seront apportées à cette législation afin d’élargir la définition de la maltraitance. Celle-ci inclura désormais toutes les formes d’abus physiques, psychologiques, émotionnels, financiers, ainsi que les cas d’exploitation, d’abandon et de négligence.
Parmi les mesures envisagées figure aussi l’introduction d’une obligation de signalement. Toute personne ayant des motifs raisonnables de croire qu’une personne âgée est victime ou risque d’être victime de maltraitance devra en informer les autorités compétentes ou la police.
Autre projet phare annoncé : la préparation d’une nouvelle loi instituant un Ombudsperson for the Elderly. Cette instance aura pour mission d’accroître la protection des personnes âgées et de défendre leurs droits.

Le ministère prévoit par ailleurs une révision des Residential Care Homes Regulations de 2005 afin de consolider le contrôle, la supervision et la sécurité des résidents dans les maisons de retraite, à la suite de plusieurs cas préoccupants signalés ces dernières années.
Dans le cadre des propositions soumises pour le prochain budget, plusieurs mesures sociales ont également été recommandées. Elles comprennent notamment la création d’un fonds destiné à la formation des aides-soignants à domicile et dans les établissements spécialisés, l’extension des visites médicales à domicile aux personnes âgées de plus de 85 ans – contre 90 ans actuellement – ainsi qu’une augmentation de la Carer’s Allowance.
Pour Ashok Subron, la protection des personnes âgées exige non seulement des réformes institutionnelles et des ressources financières adéquates, mais également une prise de conscience collective. « La manière dont une société traite ses personnes âgées est le reflet de ses valeurs les plus profondes », a-t-il mis en exergue.

Le ministre a conclu que la protection des aînés relève avant tout du respect des droits fondamentaux et de la dignité humaine, et ne doit être considérée ni comme un acte de charité ni comme une activité à but lucratif.

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