Journée mondiale du Migrant et du Réfugié – Mgr Durhône : « Derrière chaque migrant, il y a un être humain »

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L’évêque de Port-Louis dénonce les conditions de vie et de travail parfois “inacceptables”, “dégradantes” pour certains travailleurs migrants

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Une messe a été célébrée, hier, à l’église Saint-François-d’Assise, à Pamplemousses, dans le cadre de la 112e Journée mondiale du Migrant et du Réfugié, placée cette année sous le thème « Même pour un seul de ces petits ». À cette occasion, l’évêque de Port-Louis, Mgr Jean-Michaël Durhône, s’est attardé sur la situation des migrants et de leurs enfants à Maurice, tout en appelant à davantage de sensibilité, d’accueil et de solidarité à leur égard.
Dans son homélie, Mgr Durhône s’est appuyé sur le fait que Maurice est profondément marquée par une histoire de migrations. « De siècle en siècle, notre pays a connu plusieurs migrations. Des personnes sont venues de différentes régions du monde, notamment d’Europe, d’Afrique, d’Inde et d’Asie », dit-il. Pour lui, ce parcours historique doit amener les Mauriciens à être davantage sensibles à la réalité des travailleurs migrants, des réfugiés et de toutes les personnes qui ont quitté leur pays pour venir à Maurice dans l’espoir de construire leur avenir.

« Quand nous écoutons la vie des migrants à Maurice, que découvrons-nous ? De nombreux migrants contribuent au développement économique et social du pays. Malheureusement, certains d’entre eux font aussi face à l’incompréhension et subissent des discours de rejet », déclare-t-il. Il a également fait référence aux préoccupations exprimées récemment par la Pastorale des migrants et des réfugiés du diocèse de Port-Louis face à certaines attitudes de rejet. Pour lui, derrière chaque migrant se trouve avant tout une personne humaine qui mérite respect et dignité. « Comme le dit ce message, derrière chaque migrant, il y a un être humain », affirme-t-il.

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L’évêque de Port-Louis s’est appesanti sur l’importance d’une intégration progressive des migrants au sein de la communauté locale. Il estime que les paroisses doivent être des lieux où les personnes venues d’ailleurs peuvent trouver des communautés accueillantes et bienveillantes. « Il faut valoriser la présence des migrants dans la communauté paroissiale locale », fait-il valoir.

Abordant les conditions de vie et de travail de certains travailleurs migrants, l’évêque a dénoncé des situations qu’il qualifie parfois d’« inacceptables », voire de « dégradantes » et « irrespectueuses de la dignité des travailleurs ». Il fait état qu’à Maurice au moins 52 000 travailleurs migrants employés dans différents secteurs, notamment la construction, le commerce, la restauration et la santé. Certains d’entre eux vivent dans des dortoirs qui sont parfois dans des conditions insalubres.

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L’Église, a-t-il expliqué, cherche depuis la mise en place de la Pastorale des migrants, en 2021, à « accueillir, protéger, promouvoir et intégrer » les migrants. Elle cherche également à accompagner spirituellement les communautés étrangères, à soutenir les personnes vulnérables et à reconnaître les talents et les capacités que les migrants apportent à l’Église et à la société mauricienne. Il a aussi soulevé la question des réfugiés et de leurs enfants, rappelant que Maurice n’est pas signataire de la convention internationale relative au statut des réfugiés. « Cela arrive qu’il y ait des réfugiés à Maurice. Ces réfugiés, qui viennent avec leurs enfants, ne peuvent pas toujours être scolarisés parce qu’ils ne sont pas en règle », déplore-t-il, ajoutant que cette situation soulève d’importantes questions concernant le droit à l’éducation des enfants concernés.

« Beaucoup de ces enfants doivent malheureusement rester à la maison pendant des années et des années. Ces enfants ne peuvent accéder à ce droit universel qu’est l’éducation, qui relève de la dignité et des droits humains », s’insurge-t-il. « Il faut travailler avec les autorités de notre pays pour voir quel chemin accomplir pour ces enfants mineurs dont les parents sont venus ici sans papiers régularisés », précise-t-il. Il estime ainsi que la situation de ces enfants devrait interpeller la société mauricienne.

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