Callichurn sur le cas Baboo : « Le rapport du ministère restera confidentiel » 

Le ministre du Travail : « Li bizin vinn dir nou ki bann zafer li anvi nou ankete… »

Les malheurs de la présidente de l’Air Mauritius Cabin Crew Association (AMCCA), Yogita Baboo, limogée sans aucune autre forme de procès par la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius, pour avoir donné son opinion sur les ondes d’une radio, semblent encore loin d’être terminés. Les discussions avec le ministère sont dans une impasse et à ce stade, les autorités ne semblent pas vraiment enclines à vouloir mettre fin à son calvaire dans un délai raisonnable. Hier matin, le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, qui participait à un atelier de travail au Vaghjee Hall, a commenté la presse sur l’enquête initiée par le ministère. Il a laissé entendre que le ministère ne compte nullement accéder à la demande au sujet des conclusions de l’enquête officielle.

- Publicité -

Le ministre du Travail s’est contenté de dire que Yogita Baboo et son représentant syndical ont été appelés, qu’il a été demandé à cette dernière de « donner un statement » et qu’à ce jour « on attend toujours celui-ci. » Il a déclaré que « tou lanket fer baze lor Statement. Li bizin dir ki finn arive, lerla nou kapav initie lanket. Zordi mo tann dir zot pe donn nou enn dele avan le 19, me get sa, tan ki ou pa donn Statement, kouma nou pou fer ? Ena enn lanket en zeneral ki nou pe fer a nou nivo, me li bizin vinn dir nou ki bann zafer li anvi nou ankete. Par examp, li pe dir ki finn met li deor lor baz ki li finn koz lor enn radio par rapor a so stati sindikalis, li pou bizin dir tou sa la, pou ki nou kapav al ver Air Mauritius pou met zot devan le fe. »

En réponse à la demande de Radhakrishna Sadien, représentant syndical, pour une copie du rapport de l’enquête, le ministre Callichurn lâche que « ce n’est pas logique. Nou pa kapav donn a enn parti bann Findings de nou lanket, kot zot kapav servi sa apre dan enn kour de zistis. Rapor pou res konfidansiel pou minister. Ek se baze lor sa rapor-la ki nou pou initie pourswit. Bizin ena matier pou avoy enn Case tribinal. » Il précise que l’enquête déterminera s’il y a effectivement matière à une affaire en justice pour demander la réintégration de Yogita Baboo à son poste au sein de la compagnie aérienne nationale.

- Publicité -

Riz ration attendu
Par ailleurs, commentant la pénurie de riz ration sur le marché, Soodesh Callichurn a souligné qu’il s’agit d’un problème mondial, du fait que l’Inde a interdit les exportations et que d’autres pays risquent de suivre la tendance. Il est d’avis qu’il n’y a pas de pénurie sur le marché local, mais plutôt un Panic Buying  qui fait que les rayons des supermarchés se dévident rapidement. Il se veut toutefois rassurant, en disant que les autorités se sont déjà engagées avec d’autres pays pour l’approvisionnement de riz ration, afin d’éviter une pénurie, ajoutant qu’une cargaison va arriver très prochainement.
Protection des droits des travailleurs migrants

Dans la matinée, le ministre du Travail participait à l’ouverture d’un atelier sur le code de conduite sur le recrutement et l’emploi des travailleurs étrangers, organisé avec la collaboration de la MEXA et de l’International Organisation for Migration. Il a d’emblée souligné que chaque année, quelque 200 millions de travailleurs migrants envoient de l’argent chez eux et que 800 millions de personnes à travers le monde en bénéficient : « According to the latest World Bank data, remittances to low and middle-income countries reached the staggering figure of 647 billion US dollars in 2022. »
Et de l’autre côté, les pays riches avec des populations en régression sont désespérément à la recherche de travailleurs. « Unfilled jobs cost the global economy over USD 3 billion per day », a dit le ministre Callichurn, qui ajoute que « in Mauritius, there is opportunity for any willing worker capable of filling an open job, and the protection of a worker’s human rights, regardless of their nationality, is something that is of absolute priority to this government ».

- Advertisement -

“Unmerited criticism”
Commentant le dernier rapport du US Department of State sur la traite des humains, Soodesh Callichurn parle de Unmerited Criticism pour Maurice, tout en reconnaissant que « there is, in any country, a need for ongoing monitoring, evaluation and adjustment to labour laws to ensure that those few who seek to exploit human capital and propagate modern slavery for their commercial benefit, are stopped and brought to justice ».
Par ailleurs, le ministre du Travail, qui préside le comité interministériel sur la traite des personnes, déclare qu’il existe actuellement huit cas de « suspected trafficking in persons which are under police investigation. »

Le président de la MEXA, Dominique de Froberville, a expliqué pour sa part que la dépendance de Maurice des travailleurs étrangers n’a cessé de s’accentuer au fil des ans, si bien que ces derniers représentent aujourd’hui 45% des emplois dans le secteur des exportations. Il a soutenu que l’association a travaillé de manière continue à essayer d’améliorer les conditions de travail de ces travailleurs, tout en promouvant les meilleures pratiques au sein des entreprises.

Il a rappelé que la MEXA a été proactive en se lançant dans l’élaboration de ce code de conduite, avec le soutien de l’IOM, et ces efforts sont reconnus : « Both MEXA and IOM are overwhelmed by the feedback received. The international stakeholders who attended the session welcomed this initiative and were of the view that it is a very strong and pragmatic code of conduct, which incorporates most of the international standards and norms of concern. »

Ashraf El Nour, Regional Director de l’International Organisation for Migration, avance que l’IOM continuera de participer aux efforts de la MEXA dans ce sens, notamment pour développer le processus de certification des entreprises locales. Il s’est appesanti sur la nécessité de continuer à promouvoir le droit des migrants dans le monde du travail et qu’à cet égard, il faut de la Capacity Building, de l’engagement et de la formation.
Ashraf El Nour affirme que pour assurer la croissance dans les secteurs tels que le tourisme, les exportations, la construction et les Tic, il faut d’abord reconnaître et accepter que Maurice repose sur la main-d’œuvre étrangère. Il a suggéré au gouvernement de continuer à signer des Bilateral Labour Agreements afin de faciliter les procédures pour l’importation de la main d’œuvre.

- Publicité -
EN CONTINU
éditions numériques