Linion Moris présente une autre vision de l’économie

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• « Le coût de l’inaction » évalué à Rs 298 milliards par an
• Le parti préconise une réorganisation des ministères et des organismes parapublics
• 50 000 personnes « inactives » en raison de la dépendance aux drogues dures et synthétiques

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Linion Moris veut porter le taux de croissance économique du pays entre 5 % et 10 % par an jusqu’en 2050. Lors d’une présentation consacrée à sa vision économique, Dev Sunnasy a détaillé une série de propositions portant notamment sur la dette, la dépendance énergétique, l’emploi, la productivité et la réforme de l’appareil public. Le parti estime surtout que l’absence de réformes structurelles depuis 15 à 20 ans représente désormais un coût considérable pour l’économie.
Linion Moris part d’une situation économique qu’il juge préoccupante. Pour 2026, le parti retient une dette publique à 88 % du PIB, un déficit budgétaire de 10,8 % et un déficit commercial supérieur à USD 5 milliards. La dépréciation de la roupie constitue l’un des principaux indicateurs avancés.
Selon les projections présentées, le dollar américain, qui valait Rs 31.50 en 2015, atteindrait Rs 54.00 en 2030, Rs 64.00 en 2036 et Rs 96. en 2050 – voire Rs 104 selon un scénario plus pessimiste. « Parmi sa ban deviz-la, zis roupi morisien ki pe depresie. Sa prouve ki enn lot zestion ekonomik li posib », soutient Dev Sunnasy, en comparant l’évolution de la roupie à celle du dollar singapourien et de la roupie seychelloise.
À cette pression monétaire s’ajoute, selon Linion Moris, une perte de capital humain. Le parti estime que 12 000 jeunes quittent le pays chaque année, soit potentiellement 300 000 Mauriciens d’ici à 2050. « D’ici 2050, nous aurons perdu 300 000 Mauriciens. Le pays finance leur formation, mais ce sont des nations étrangères qui en bénéficient », regrette Dev Sunnasy.
La facture énergétique est également mise en avant, avec une fuite de devises estimée à USD 40 milliards sur la période. Linion Moris chiffre le coût de l’inaction à environ Rs 298 milliards par an. Cette estimation intègre notamment la dégradation du pouvoir d’achat, les pertes de productivité et les sorties de devises. Pour inverser cette tendance, Linion Moris propose une nouvelle architecture financière axée sur un Future Generations Fund. Le principe serait de permettre à l’État d’emprunter pour investir dans des secteurs stratégiques capables de générer à terme des revenus et de contribuer au remboursement de la dette.
Le plan présenté représente un investissement de USD 3,9 milliards, soit environ Rs 185 milliards, dans plusieurs domaines : innovation, centres de recherche pour les PME, économie verte et bleue, exportation maritime, transformation et énergie. Un capital initial de USD 1,9 milliard serait notamment nécessaire pour accélérer la transition énergétique, alors que Maurice importe près de Rs 10 milliards de carburant et d’huile lourde par an.
Le parti veut parallèlement réduire la complexité de l’appareil public. Sur 165 organismes existants, il estime possible d’en ramener le nombre à 95, grâce à des fusions stratégiques et une organisation par pôles. Sur le front de l’emploi, Linion Moris avance le potentiel de 89 000 emplois d’ici à 2036 et de 155 000 d’ici à 2050, principalement dans des activités à haute valeur ajoutée. Le parti propose également le développement d’une dizaine de fermes verticales pour renforcer la production alimentaire et réduire la vulnérabilité aux aléas climatiques.
La drogue est présentée comme un problème économique autant que social. Linion Moris estime à USD 2,05 milliards, soit environ Rs 96 milliards par an, l’impact économique du trafic de drogue. Le parti évalue par ailleurs à 50 000 le nombre de personnes « inactives » au sein de la population active en raison de leur dépendance aux drogues dures et synthétiques. Cette perte de capacité productive est intégrée dans son estimation du coût de l’inaction. À cela s’ajouteraient environ Rs 8 milliards transférées hors du pays chaque année par les travailleurs étrangers.
Pour Linion Moris, la combinaison de ces facteurs – dette, dépréciation monétaire, dépendance énergétique, exode des compétences, économie informelle et perte de productivité – justifie une réorientation profonde de la politique économique. L’objectif affiché reste de renouer avec une croissance comprise entre 5 % et 10 % par an, afin de créer davantage d’emplois à haute valeur ajoutée et d’améliorer le revenu disponible des ménages.
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