Pas moins de 43 maisonnettes de la National Housing Development Corporation (NHDC) ont été livrées après cinq ans à Calebasses. Un retard dans la livraison de ces « bwat zalimet » qui, dit-on, serait le résultat de « magouilles ». La NHDC se défend d’être à l’origine de la petitesse de ces habitations, d’autant que, selon le programme gouvernemental, ce type de maison ne peut plus être construit. On note par ailleurs, après vérification des comptes, que quelques locataires de la NHDC ne respecteraient pas leurs engagements quant au remboursement de leur bien immobilier.

La livraison des « Résidences Fleurs de Soleil », à Calebasses, dans l’après-midi de vendredi dernier, a permis de lever le voile sur le retard causé par le projet. « Ce projet aurait dû se terminer il y a cinq ans. Mais il y a eu des problèmes, auxquels nous ne nous attendions pas. Le contracteur a en effet quitté le site et les procédures ont dû être relancées pour en approuver un autre. Le cas du contracteur précédent a été référé en cour », explique le ministre du Travail et député de la circonscription No 5, Soodesh Callichurn. Preuve, dit-il, que « ce n’est pas toujours la faute du gouvernement ».

Admettant que des demandeurs « ont dû attendre de longues années » avant de bénéficier d’une de ces unités, le ministre rappelle toutefois qu’une maison coûte environ Rs 1,3 million au gouvernement, les futurs propriétaires n’ayant, eux, « qu’à payer entre Rs 300 000 et Rs 400 000 ». Aussi, lors de cette cérémonie de remise des clés, il a lancé un appel aux bénéficiaires pour que ceux-ci viennent « occuper leur maison dans les plus brefs délais ».

Par ailleurs, le ministre du Logement, Steven Obeegadoo, rappelle que le montant total déboursé pour la construction de ces unités est d’environ Rs 36 millions. Même si, dit-il « elles sont effectivement moins grandes » que celles actuellement construites. Revenant ensuite sur le projet visant à livrer 12 000 maisons, il explique que près de 200 unités ont déjà été livrées cette année, que 1 000 autres le seront d’ici fin décembre et que 1 800 unités encore sont prévues pour l’année prochaine.

« Ce gouvernement construira plus de maisons que jamais construites depuis l’indépendance, il y a donc plus de 50 ans », poursuit Steven Obeegadoo. Et d’avancer que « toutes les procédures sont déjà enclenchées » avec les autorités concernées. « En ce moment, la démarche de l’obtention des terres est faite », dit-il, avant d’avancer que le Premier ministre, Pravind Jugnauth, présidera la 3e réunion de la Task Force avec tous les ministres et départements concernés « en vue d’aller de l’avant avec l’identification des terres pour la construction » de maisons. « Notre objectif, c’est que ces maisons prennent forme début 2023 ! »

À noter que les prochaines inaugurations de maisons de la NHDC sont prévues avant fin décembre à Petite-Julie, Chébel, Baie-du-Tombeau et Bassin. Soit environ 1 000 habitations, dont une centaine est réservée à la Sécurité sociale.


QUESTIONS À | Gilles l’Entêté (directeur général de la NHDC) : 
« Nous ne procédons plus à aucune saisie judiciaire de logements ! »

 

Vous appelez une nouvelle fois les bénéficiaires de maisons à honorer leurs engagements. Y a-t-il tellement de mauvais payeurs ?

Les gens doivent être réguliers dans leur remboursement, car nous devons suivre une structure mise en place pour le recouvrement des arriérés. Aussi, lorsque quelqu’un ne paie pas pendant trois mois, on lui envoie un courrier pour le convoquer au bureau et qu’il explique pourquoi il ne paie pas. À partir de là, nous établissons un engagement avec cette personne et nous lui offrons plus de temps pour le paiement.

Nous ne voulons pas que qui que ce soit tombe dans la sphère de l’endettement. Sans quoi, il sera encore plus difficile pour ces personnes d’honorer leurs engagements. Et nous ne voulons saisir la maison de personne. Toutefois, cela peut arriver, lorsqu’un bénéficiaire n’arrive plus du tout à payer. Dans ce cas, sa maison est saisie et nous l’achetons à la barre pour la revendre à des membres de sa famille. Il faut dire qu’auparavant, beaucoup de gens ne payaient pas, pensant qu’ils n’avaient pas à le faire car il s’agissait d’une maison de la NHDC. Aussi avons-nous pu faire baisser cela de 40% ces cinq dernières années.

À ce jour, combien de maisons ont été saisies ?

Encore une fois, nous ne voulons pas saisir de maisons. Je pense d’ailleurs qu’une seule a été saisie depuis que je suis en poste. En fait, la saisie n’intervient qu’en dernier recours.

Combien d’années sont nécessaires pour que les propriétaires remboursent leur maison ?

Cela dépend du dépôt. Si une personne fait un dépôt plus important, elle peut payer sa maison rapidement. En général, cela varie de 15 à 35 ans. Mais certains arrivent à le faire en 10 ans seulement.

Y a-t-il des cas de personnes qui achètent des maisons de la NHDC mais n’y habitent pas ?

Oui. Certaines maisons ne sont en effet pas habitées. En moyenne, cela concerne une dizaine de maisons par région. Mais en réalité, ces maisons sont réservées à la National Empowerment Foundation. Sinon, je me souviens d’avoir envoyé 225 mises en demeure contre des personnes qui ne vivaient pas dans leur maison. Quelquefois aussi, des sanctions sont prises contre des gens ayant donné de fausses informations. Il faut savoir que nous avons des équipes qui, la nuit, viennent inspecter des régions afin de voir combien de maisons sont inoccupées. Nous collaborons aussi avec l’ICAC pour initier des enquêtes, surtout lorsque des maisons sont agrandies sans respecter les normes.