En cette fin d’année, au vu de tous les événements ayant eu lieu dans le monde comme dans notre pays : les situations chaotiques des guerres, la misère amplifiée par la crise économique, poussant les victimes ainsi que les observateurs externes à s’interroger sur la nature de l’existence humaine, son devenir, sa destinée, le Divin, empruntons le regard de trois personnes riches en expérience spirituelle pour essayer d’obtenir des éléments de réponses aux interrogations du monde. Et si on leur demandait d’écrire une lettre au Créateur, qu’auraient-ils à lui dire en cette fin d’année ?
Pour Jonathan Ravat, docteur en anthropologie des religions et directeur de l’ICJM, une telle démarche n’est « ni loufoque ni naïf mais a du sens ». Il note d’abord que qui que nous soyons, « nous avons toujours une propension en nous à rechercher le bien, à essayer d’être heureux, à essayer de donner sens à notre vie ». Dans sa lettre, il aurait demandé au Suprême « de nous aider à aller au profond de nous-mêmes, de plonger dans le mystère qui se cache au fond de nous, de nous aider à développer notre intériorité, à être impagarike, mot rwandais signifiant se remettre à l’endroit, dans une verticalité entre le Très Haut et le très fond en moi ». À partir de cette plongée intérieure, « je peux trouver une source de résilience qui me permettra d’être au monde et de déployer de la créativité, de la relation avec autrui ».
Bashir Nuckchady, secrétaire du Conseil des Religions, constate que beaucoup de problèmes de société « émanent de nos propres manquements, abus et négligences, et surtout par les combats de pouvoir au niveau mondial ». Dans sa lettre, il interrogerait ainsi le Créateur : « Le monde ne tourne vraiment pas rond, comme Tu avais voulu. À qui la faute ? » et exprimerait ainsi son regret : « Nous avons tous négligé et oublié les valeurs morales et spirituelles que Tu nous as léguées. » Il implorerait le Divin pour qu’Il « fasse de notre petite île un endroit où il fait toujours bon vivre et d’être un modèle pour le monde entier, en matière de vivre-ensemble, en harmonie et dans le respect des différences ».
Sister Gaitree, directrice de la Brahma Kumaris World Spiritual University (Maurice), ne pense pas devoir passer par une lettre pour s’adresser à Dieu mais le ferait directement. « Je lui dirais de faire de moi un instrument de sa paix. » D’après son interprétation du monde, chaque humain veut la paix, l’amour, la joie.
« Toutefois, ce qu’il y a, c’est que beaucoup ne sont pas conscients qu’ils sont des êtres spirituels. Nous aspirons tous au bonheur mais nos actions vont à l’encontre. Cela veut dire que nous sommes en guerre avec notre moi. Mais, il y aura une percée car la nuit ne peut pas durer. Le jour viendra, bien vite ! » dit-elle, convaincue. Pour combattre efficacement les problèmes et les vices du monde, estime-t-elle, « il faut commencer par augmenter sa richesse intérieure ».
JONATHAN RAVAT (ANTHROPOLOGUE RELIGIEUX) :
« Une lettre au Divin n’aurait rien de loufoque »
Devant la détresse criante de notre monde, dans les pays en guerre mais aussi dans notre pays où les travers de la société et autres fléaux sociaux sont monnaie courante, les questions essentielles liées à l’existence humaine et au Divin surgissent chez beaucoup. Quels sentiments vous animent, vous, en cette fin d’année par rapport aux événements qui se sont déroulés en 2023 ?
Il faut indéniablement assumer que notre monde comme notre pays ont tous deux à faire face à d’énormes défis : blanchiment d’argent, corruption, mort d’hommes, misère, populisme qui ébranle la démocratie, entre autres. En même temps, la vie peut être odifiée pour sa beauté si on choisit de regarder le monde et notre pays avec un regard, que je dirais, humain car un regard humain est aussi un regard qui ose voir de belles choses.
Cela m’amène à rejeter la posture selon laquelle « c’était mieux avant ». C’est un grand mythe de croire que c’était toujours mieux autrefois. La trame du développement fait son chemin avec ses cycles, ses hauts et bas, etc. Plutôt que de regarder dans le rétroviseur, à ressasser le passé idéalisé, il vaut mieux regarder le pare-brise avec tout ce qui se présente devant.
Si vous deviez écrire une lettre à Dieu, quels seraient les interrogations/chagrin/désespoir/espoir que vous lui feriez parvenir ?
Au plus profond de l’âme de chaque être humain, il y a une espèce de quête, de désir, d’idéal, un rêve qui donnent sens et souffle à la vie. C’est dans la nature même de l’homme. Qui que nous soyons, nous avons toujours une espèce de propension en nous à rechercher le bien, à essayer d’être heureux, à essayer de donner sens à notre vie. C’est pour cela que nous sommes des êtres de spiritualité. Le mot “spiritualité” doit absolument être remis en avant, particulièrement, en ce XXIe siècle. C’est pourquoi
André Malraux a dit : « Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas ».
Certains voient en Dieu la source de cette quête de sens, du sacré. Si je devais écrire une lettre à Dieu (je suis croyant et pratiquant), je lui dirais : voilà l’humanité : elle a ses déchirures, ses divisions, ses blessures mais en même temps elle a du beau, du bon, du vrai. Je parlerais donc à Dieu à partir du réel de l’homme et de la femme. Dieu ne serait pas désincarné de notre condition humaine. Je crois en un Dieu qui est très proche de cette réalité. Oui, j’aurais osé écrire une lettre au Divin, au Mystère, à l’Inconnu. Ce n’est ni loufoque ni naïf. Je crois que cela a du sens…
Quelles seraient les paroles que vous inscririez en priorité dans cette lettre ?
Plutôt que de croire que nous sommes des êtres humains avec un aspect spirituel, nous sommes des êtres spirituels empreints d’humanité. J’aurais donc demandé à Dieu de nous aider à aller au profond de nous-mêmes, de plonger dans le mystère qui se cache au fond de nous. Plutôt que d’être tournés vers l’extérieur, de nous aider à développer notre intériorité, à être impagarike, un mot rwandais signifiant se remettre à l’endroit, dans une verticalité entre le Très Haut et le très fond en moi.
Ce serait donc ma première demande : que nous puissions être davantage des hommes qui prendraient du temps avec leur famille intérieure et qui soient en quête d’eux-mêmes. Faire l’inverse serait prendre la mauvaise direction. Il s’agit de plonger dans la beauté qui est en moi car chaque personne est un être de beauté. À partir de cette plongée intérieure, je peux trouver une source de résilience qui me permettra d’être au monde et de déployer de la créativité, de la relation avec autrui. Ensemble, alors, on pourra faire face à tous les défis en vue du bien commun.
Ce trésor que nous devons construire ensemble, s’il a un tel soubassement, cette aventure avec mon prochain ne pourra qu’être densifiée. L’horizontalité (on est tous ensemble sur cette terre) est sujette à la verticalité. Mon mentor, Jean-Noël Adolphe, m’a toujours appris que l’être est préalable au faire. Dans ma lettre, j’aurais demandé à Dieu de nous aider à être davantage pour que notre agir se déploie de manière plus intense.
Vous avez évoqué la beauté de la vie. Quels sont ces témoignages quotidiens que vous recevez comme autant de réponses du Divin au désespoir des hommes ?
Il y a une multitude de petits exemples de vie humaine qui sont preuves de persévérance. Ces adultes que nous accueillons à l’ICJM qui n’avaient jamais eu la chance d’avoir accès à un savoir ; ceux qui réussissent à être alphabétisés même à 50 ou 70 ans ; ces hommes et femmes qui donnent leur vie à travers des ONG ; des patrons qui ont de la considération pour leurs employés qui ne sont pas que des ressources humaines mais des êtres humains… Il y a tellement d’exemples ! Il y a aussi ces heureux hasards de la vie avec des petites leçons qui nous renforcent.
Quels sont ces êtres pour lesquels vous aimeriez implorer l’intervention du Suprême ?
Ceux qui pour une raison ou une autre trouvent leur bonheur dans des excès comme la drogue, la violence et qui cachent des personnes en quête de bonheur. Malheureusement, la vie étant ce qu’elle est, peut-être ont-ils reçu d’autres trajectoires de vie. Toute personne est porteuse d’une dignité inviolable et plutôt que de rentrer dans une punition, il faut essayer de rejoindre chacune d’elle. Aussi ceux qui portent une responsabilité, comme les décideurs politiques, économiques, religieux qui influencent la vie de tant d’hommes et d’enfants, je prie pour eux.
Comment termineriez-vous cette lettre à Dieu en cette fin d’année ?
J’aurais imploré le Seigneur pour qu’Il me donne de goûter de sa présence pour que je reste toujours enraciné en Lui. Même si je reste pêcheur comme tous les êtres humains avec mes limites, qu’Il soit mon soubassement, comme on dit en japonais, ikigai (raison d’être).
À partir de cette connexion, que je sois toujours un citoyen au service de la République, avec espérance. Ne nous laissons jamais voler notre espérance ! Notre République a besoin d’hommes et de femmes d’espérance (pas juste de l’espoir, un sentiment qui vient et qui part).
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BASHIR NUCKCHADY (CONSEIL DES RELIGIONS) :
« À qui la faute si le monde ne tourne pas rond ? »
Devant la détresse criante de notre monde, dans les pays en guerre mais aussi dans notre pays où existent injustices et fléaux sociaux, les questions essentielles liées à l’existence humaine et au Divin surgissent chez beaucoup. Quels sentiments vous animent, vous, en cette fin d’année par rapport aux événements qui se sont déroulés en 2023 dans notre société ?
C’est vrai qu’il y a eu beaucoup de gros problèmes cette année, mais il faut savoir que beaucoup de ces problèmes émanent de nos propres manquements, abus et négligences, et surtout par les combats de pouvoir au niveau mondial. Ajoutés à cela, il y a les crises de perte de valeurs morales, le plaisir éphémère, le monde matérialiste et le consumérisme excessif.
Par ailleurs, la terre et les océans se dégradent, nous sommes confrontés à une extinction massive d’espèces animales et végétales, entraînant un déclin de la biodiversité ; les inondations se multiplient, la sécheresse et les vagues de chaleur sont la nouvelle norme dans de nombreuses régions. Notre planète est en danger, et si nous ne changeons pas radicalement nos actions, les conséquences pourraient être plus dévastatrices pour tous les humains, y compris pour les générations futures.
Si vous deviez écrire une lettre à Dieu, quels seraient les interrogations/chagrin/désespoir/espoir que vous lui feriez parvenir ?
Dieu, je me permets de Te contacter afin de m’interroger sur ce qui se passe ici-bas. Le monde ne tourne vraiment pas rond, comme Tu avais voulu. À qui la faute ?
Bien que les enseignements religieux nous disent que nous sommes dignes de Ton amour et de Ta grâce, nous vivons dans un monde qui nous enseigne que notre valeur provient de ce que nous produisons ou accomplissons.
Le cri de désespoir dans la conjoncture actuelle est que nous avons tous négligé et oublié les valeurs morales et spirituelles que Tu nous as léguées par le biais de tes messagers. Dans toutes les religions, les valeurs morales englobent le concept de droiture, de vertus et le fondement d’une société pacifique, équilibrée et organisée, comme prescrit dans Tes textes religieux.
Le principe et le but fondamental de la valeur morale sont l’amour : l’amour pour Toi et l’amour pour Tes créatures. La conception religieuse est que l’humanité se comportera moralement et se traitera les uns les autres de la meilleure manière possible pour créer une société harmonieuse et propice.
Mais avec nos faiblesses et notre train-train quotidien, nous avons tout oublié. Nous avons négligé notre devoir envers Toi. C’est pourquoi nous sommes confrontés à un grand dilemme. Nous sommes détournés négativement par différentes activités immorales qui n’influencent pas seulement la société actuelle, mais impactent également la génération future de notre civilisation.
D’ailleurs, c’est triste que le monde continue de lutter contre des conflits qui durent depuis des décennies, des bouleversements économiques et les effets dévastateurs du changement climatique. Les garde-fous qui empêchaient autrefois de telles crises d’échapper à tout contrôle, notamment les traités de paix, l’aide humanitaire et l’obligation de rendre des comptes pour les violations du droit international, ont été affaiblis ou démantelés.
Cela risque d’aller vers une augmentation de la privation et de l’injustice et dans un monde défini par l’incertitude, nous avons besoin d’un sens renouvelé de la solidarité mondiale pour relever nos défis interconnectés et communs.
Notre Seigneur ! Que nos cœurs ne s’écartent pas de la vérité, accorde-nous miséricorde.
Notre Seigneur ! Nous nous sommes fait du tort. Pardonne-nous ! Si Tu ne nous pardonnes pas et ne nous accordes pas Ta miséricorde, nous serons certainement des perdants.
Quels sont ces témoignages quotidiens que vous recevez comme autant de réponses de Dieu à vos interrogations, à votre désespoir ?
Lorsque la voie quotidienne à suivre est incertaine, généralement, les gens se tournent vers Dieu pour les aider à y voir plus clair et à avoir l’espoir d’un avenir meilleur. Par conséquent, ils se dirigent vers des gens ou des ONG avec une vision positive.
L’espoir rejaillit quand nous franchissons les barrières culturelles et faisons preuve de gentillesse envers ceux qui font face à des difficultés. On met l’accent sur la charité, l’empathie et la responsabilité sociale. Les religions mettent surtout l’accent sur l’obligation morale de soutenir les moins fortunés et montrent comment la générosité peut apporter des changements significatifs.
Quels sont ces êtres pour lesquels vous aimeriez implorer l’intervention du Créateur et pourquoi ?
Je prie pour que mes supplications et mes actions de grâce soient faites pour tous les hommes, les plus démunis de la société, les victimes et les personnes déplacées à cause de la guerre, les gens qui souffrent à cause de la famine, etc. afin que nous puissions mener une vie paisible et tranquille, ensemble et en toute piété et décence.
Il ne peut pas y avoir une paix durable tandis que les autres à côté de nous, nos voisins, nos amis, nos collègues souffrent. La plupart des religions considèrent le service de l’humanité en général comme un principe fondamental de leur foi.
Comment termineriez-vous cette lettre à Dieu en cette fin d’année ?
Oh Seigneur Dieu ! Nous reconnaissons que cette année se termine dans des circonstances très difficiles, ainsi nous Te prions très sincèrement que nos prières soient exaucées.
Écoute nos invocations. Fais qu’il y ait plus d’harmonie sociale tout au long de l’année, que nous ayons une société plus égalitaire et plus juste, qu’il y ait moins de carnage sur nos routes. Donne-nous le courage de lutter contre l’insécurité croissante, la criminalité et l’abus de drogue. Éradique la pauvreté et rabaisse le coût de la vie.
Nous croyons tous en un Créateur. Unis dans ce même esprit, invoquons le Créateur suprême pour qu’Il continue à verser ses bénédictions sur nous tous et qu’Il fasse de notre petite île un endroit où il fait toujours bon vivre et qui soit un modèle pour le monde entier, en matière de vivre-ensemble, en harmonie et dans le respect des différences.
SISTER GAITREE (BRAHMA KUMARIS) :
« Nous aspirons tous au bonheur mais nos actions vont à l’encontre »
Devant la détresse criante de notre monde, dans les pays en guerre mais aussi dans notre pays qui a son lot de problèmes, les questions essentielles liées à l’existence humaine et à Dieu ressurgissent chez beaucoup. Quels sentiments vous animent en cette fin d’année par rapport aux événements qui se sont déroulés en 2023 ?
Au Brahma Kumaris, nous nous focalisons davantage sur le côté positif de la vie. Nous venons d’organiser un programme axé sur la Lumière. Il s’agissait de trouver des symboles très terre à terre autour de la lumière à l’exemple du soleil, de la lune, des étoiles, des phares, des flambeaux, des chandelles ainsi que de l’électricité. Nous avons ensuite essayé de chercher la place qu’occupe la lumière dans les diverses religions.
Les participants ont, en outre, été appelés à dire comment ils appliquent cette lumière dans leur vie. Ils sont allés réfléchir dans le silence pour revenir avec un mot autour de ce thème et chaque groupe a formé une phrase à partir des mots de chacun. À l’intérieur de chacun des trois cercles concentriques de participants, nous avons placé un globe du monde en 3D et médité durant 15 minutes sur la phrase formée. Ce silence a été une expérience extraordinaire.
Quelle attitude adoptez-vous face aux divers chaos dans le monde et divers problèmes dans notre pays ?
En tant qu’humains, nous sommes interconnectés, non seulement avec la terre mais avec les éléments. Nus disons que man is the highest in the hierarchy of beings. Mais, les hommes en général, sont loin de leur idéal. Ils sont en train de chercher. L’idéal, nous le trouvons dans notre cœur. Chaque humain veut la paix, l’amour, la joie. Toutefois, beaucoup ne sont pas conscients qu’ils sont des êtres spirituels.
Comme disait Pierre Teilhard de Chardin : « nous ne sommes pas des humains vivant une expérience spirituelle mais des êtres spirituels vivant une expérience humaine ». Nous avons oublié cette première identification de notre être. Nous sommes en effet les enfants de Dieu. En tant qu’enfants de Dieu, nous sommes en train d’éviter cette qualité.
Si nous demandons à une personne “normale” ce qu’elle préfère entre amour et haine, entre paix ou guerre, elle vous dira amour et paix. Nous aspirons tous au bonheur mais nos actions vont à l’encontre. Cela veut dire que nous sommes en guerre avec notre moi. Nous ne sommes pas en harmonie avec notre moi intérieur. Mais, il y aura une percée car la nuit ne peut pas durer éternellement. Le jour viendra, bien vite !
Comment expliquez-vous cela ?
Nous sommes en train de traverser la nuit de l’humanité et bientôt ce sera le jour. Il faut naviguer vers le jour pour retrouver la lumière en soi à travers notre connexion avec Dieu, l’âme suprême. Dès que nous sommes connectés par une pensée positive ou par la prière ou quelque chose de très profond en nous, des choses positives descendront sur notre mental pour nous pousser vers cet effort individuel.
Drops and drops make the ocean. Cela commence donc à petite échelle et comme un jet d’eau, cela va travailler à condition qu’il y ait des groupes de personnes à travers le monde, de toutes fois, qui fassent des efforts en ce sens. Dans toutes les religions, il y a cette notion de “retraite” et de “silence” à travers lesquels on navigue vers la lumière.
Quels sont ces témoignages quotidiens que vous voyez comme autant de réponses de Dieu par rapport aux interrogations des gens, aux dérives du monde et qui sont porteurs d’espoir et de lumière ?
La lumière nous montre le chemin. Imaginez que je suis dans une chambre plongée dans l’obscurité. Faute de lumière, je ne vois rien et je risque de trébucher. Mais, j’ai aussi une lumière intérieure sous forme de facultés personnelles diverses. Il faut donc développer ces facultés en trouvant des chemins intérieurs comme le silence, la méditation ou la connexion avec Dieu. À ce moment, beaucoup de qualités émergeront qui pourront me changer moi-même d’abord, ensuite les gens autour de moi.
Au BKWSU, nous commençons la journée par la méditation. Certains se lèvent à partir de 2h du matin pour consacrer 45 minutes à la méditation. Au travail, je deviens un Karma Yogi, soit un être en connexion avec l’être suprême qui va me guider dans ma journée. Tout cela rejaillit sur mes rencontres avec les autres, les paroles que je prononce, mon attitude. Ce n’est pas que je ne rencontre pas de difficultés mais j’arrive à trouver une lumière pour naviguer sainement, rendre service aux autres autour de moi.
Si vous deviez écrire une lettre à Dieu, que lui diriez-vous ?
Je parlerais à Dieu directement, pas à travers une lettre. Je lui dirais de faire de moi un instrument de sa paix ; là où il y a la haine, que je mette l’amour, comme l’a dit Saint François d’Assise. Nous ne pouvons combattre le mal par le mal. Nous ne pouvons combattre la colère par la colère. I must be peaceful, then only I can win over that anger in others. Nous n’avons pas besoin d’écrire une lettre à Dieu. Si nous sommes dans l’intimité avec lui, il sait ce qui se passe dans notre cœur.
Si c’est au moyen d’une communication autre qu’une lettre, qu’aimeriez-vous lui demander pour le pays ?
Le BKWSU ne travaille pas que pour le pays mais pour le monde entier. Ce sont les mêmes problèmes dans le monde entier car à la racine, il y a les vices comme la gourmandise, la luxure, l’arrogance, qui accaparent l’âme. Pour vraiment les combattre, il faut commencer par augmenter sa richesse intérieure comme la paix, la joie, la connaissance divine, la bonté, la compassion, la tolérance, etc. Dieu est l’océan de toutes ces qualités. Quand nous nous connectons avec lui, nous recevons ces qualités.

