Misie Moustass Leaks – Enquête du CCID : Pravind Jugnauth interrogé sur la Cybersecurity and Cybercrime Act

Ajouter en tant que source préférée sur Google

L’ex-PM remet en cause la démarche du Central CID : « Randevou pou ki interrogatwar kontinie »

- Publicité -

L’enquête du Central Criminal Investigation Department (CCID) sur les écoutes téléphoniques et l’interception de communications, soit l’épisode de Misie Moustass Leaks en marge des élections générales du 10 novembre 2024, continue d’être menée dans la plus grande discrétion. L’ancien Premier ministre et leader du MSM, Pravind Jugnauth, a été de nouveau entendu hier. À la fin de l’exercice, qui s’est déroulé aux Casernes centrales, le principal concerné a laissé entendre aux journalistes présents : «Randevou pou ki interrogatwar kontinie. »
Selon les recoupements d’informations effectués auprès de différentes sources, l’exercice était axé sur la cybersécurité en relation avec les préparatifs de la Cybersecurity and Cybercrime Act de 2021. Le Central CID a voulu obtenir des éléments « confidentiels » auprès de Pravind Jugnauth, dont la teneur des réunions organisées pour préparer cette loi et l’identité des représentants de certaines institutions de l’État y ayant participé, notamment ceux du Prime Minister’s Office (PMO), de la police et de la Counter-Terrorism Unit. Il a également été question de l’installation d’appareils d’interception des échanges protégés par la loi et de leur utilisation au Prime Minister’s Office à des fins de surveillance et d’interception massive de données, à la manière de l’épisode de Misie Moustass Leaks.
Vu la nature sensible de cette investigation, ni le Central CID ni l’entourage de Pravind Jugnauth n’ont donné de détails au sujet de cet exercice. « La section 24 de la Cybersecurity and Cybercrime Act nous empêche de divulguer des informations », a fait comprendre Me Raouf Gulbul à sa sortie des Casernes centrales.
D’autre part, des sources officieuses avancent que Pravind Jugnauth n’a pas souhaité répondre aux questions des enquêteurs du Central CID à ce stade. Il estime que la police n’a aucune base pour l’interroger à ce sujet. Il est d’avis que les autorités ne détiennent aucun élément susceptible d’étayer les soupçons à son égard dans ce dossier. Il a soumis une demande pour que cet exercice prenne fin prématurément. En l’absence de Me Ivan Collendavelloo, Senior Counsel, il n’a donc pas souhaité que l’interrogatoire se poursuive.
Initiée dans le sillage de la vaste affaire des fuites de données apparues durant la campagne électorale de 2024, la saga Misie Moustass Leaks porte notamment sur la diffusion d’enregistrements de conversations privées impliquant des personnalités politiques, des membres de la justice, des diplomates et des journalistes. Au cœur des investigations se trouve également l’origine d’équipements technologiques sophistiqués qui auraient été destinés à intercepter des communications. Les enquêteurs du Central CID cherchent notamment à déterminer les circonstances dans lesquelles ces appareils auraient été commandés et à quelles fins ils auraient été utilisés, particulièrement en lien avec les opérations des services de renseignements et de la Counter-Terrorism Unit (CTU), attachée au Prime Minister’s Office (PMO).
Menée par une équipe restreinte aux Casernes centrales, l’enquête a déjà conduit à l’audition de plusieurs personnalités de l’ancien gouvernement. L’ancien ministre des Technologies, Deepak Balgobin, a notamment été interrogé sur la Cybersecurity and Cybercrime Act adoptée durant son mandat. La police tente de savoir si des informations sensibles auraient été communiquées lors des différentes réunions consacrées à la préparation de cette loi.
Par ailleurs, l’ancien responsable de la cellule antiterroriste, l’ACP Lilram Deal, avait lui aussi été au centre des investigations. Son interpellation est intervenue dans le contexte de son refus initial de collaborer avec les enquêteurs ou de communiquer les codes nécessaires à l’examen forensique des équipements concernés.
Pravind Jugnauth a ainsi été autorisé à rentrer chez lui, mais il devra revenir ultérieurement pour la suite de son interrogatoire.
Face aux journalistes, l’ancien Premier ministre a commenté les affaires qui défraient la chronique ces jours-ci. D’abord, au sujet de la bande sonore contenant des allégations d’extorsion de Rs 350 millions dans l’enquête sur l’homme d’affaires malgache Mamy Ravatomanga, et de la réaction du Premier ministre, Navin Ramgoolam, selon lequel il s’agirait d’une « fabrication », Pravind Jugnauth a préféré emprunter la voie de l’ironie. « Mo pa kone kouma li kapav fer enn lanket osi rapidman ki sa ! Dan enn zour, linn fini get otantisite sa band-la », a-t-il laissé entendre.
Par contre, Pravind Jugnauth maintient que les Misie Moustass Leaks ne sont que des fabrications. « Dan Moustass Leaks, kisan-la inn vinn de lavan ek inn dir linn record sa bann konversasion ki mo’nn touzour dir bann fabrikasion ? », a-t-il demandé. Il a ajouté que le précédent gouvernement avait annoncé l’institution d’une commission d’enquête, mais que cette démarche n’a pas été retenue par le gouvernement de l’Alliance du Changement après les dernières élections législatives.
Le leader du MSM a également tourné en dérision le projet d’amendements porté par neuf projets de loi, comprenant notamment des modifications de la Constitution, en vue de mettre sur pied la National Crime Agency en remplacement de la Financial Crimes Commission (FCC). « Se Navin Chandra Agency ki pe fer la », a-t-il lancé, en indiquant qu’après une première lecture, ces amendements, devant être adoptés à l’Assemblée nationale à la reprise du 20 octobre prochain, comportent « des éléments très graves et extrêmement dangereux ». « Li pe fer enn zafer zis pou li », a-t-il encore déclaré

 

EN CONTINU