Mahend Gungapersad et Fabrice David, députés du Parti travailliste, se sont rendus la semaine dernière sur la plage publique de Mon-Choisy après que des filaos ont été abattus. « Nous sommes choqués de voir qu’environ 200 filaos ont été abattus pour aménager des aires de stationnement avec de nouveaux blocs sanitaires, un parcours de santé, un espace de gym, des douches à ciel ouvert, des tables pour pique-niquer et des lampadaires, entre autres. » Les travaux d’aménagement ont été confiés à Prakash Foolchand Contractor Ltd.

Selon les deux députés, ils ne sont pas opposés au développement, mais celui-ci doit respecter l’environnement. « Après un constat, nous sommes d’avis que les autorités auraient pu faire de la place de l’autre côté de la route pour aménager le parking. Je ne comprends pas l’opacité totale autour de ce projet. Il n’y a pas eu de consultation avec les conseillers, les habitants du village et les “stakeholders” pour avoir leurs points de vue. Nous avons déjà parlé à nos hommes de loi pour qu’ils étudient toutes les implications légales et voient s’il y a matière à poursuite. Et nous n’allons pas hésiter à mobiliser toutes les ressources pour contrer ce projet. Nous sommes prêts à organiser une grande manifestation pour sensibiliser les Mauriciens à ce massacre de l’environnement sur cette plage. »

Des habitants estiment, eux, qu’un parking n’est pas nécessaire à cet endroit car il n’y a jamais eu de problème de stationnement, « Se enn gaspiyaz fon piblik », estime Bernard, un habitué de cette plage. « Nous parlons presque chaque jour des problèmes liés au réchauffement climatique à travers le monde. Ici à Maurice, nous abattons des arbres par centaines, même des arbres centenaires, pour faire place au béton », déplore le député Gungapersad.

Les habitants du Nord, ceux qui ont l’habitude de faire leur jogging le week-end et les jours fériés en famille, ne voient pas d’un bon œil cette démarche. Ils rappellent que des incendies ont éclaté plusieurs fois à cet endroit en détruisant les arbres. Il a fallu qu’un gros travail soit effectué pour replanter les arbres, avec l’aide du département des Bois et Forêts. L’initiative de ce projet d’aménagement revient à la Beach Authority. Et l’abattage des arbres est financé par le ministre de l’Environnement à hauteur de Rs 125 millions.