L’explosion de cas positifs à la Covid-19 dans l’île affecte grandement le personnel médical. « Nous avons beaucoup plus de travail, alors qu’il y a un gros manque d’effectif. Les salles fonctionnent à plein régime, mais avec des équipes réduites », s’alarme Priya Govinden (noms modifiés), membre du personnel médical de l’hôpital Victoria, à Candos.

Depuis quelques semaines, le personnel soignant, nous indique-t-on, est soumis à « une pression énormément plus intense ». Le rythme effréné des opérations et la nécessité d’interventions promptes, couplés aux risques omniprésents de contamination… « Nous sommes fatigués », laisse échapper Priya Govinden, alors que 141 nouveaux cas positifs ont été annoncés ce vendredi.

Toutefois, le manque d’effectif n’est que la partie émergée de l’iceberg. En effet, le personnel médical se dit préoccupé par « le manque d’équipement » dont disposent les hôpitaux.

A ce titre, Priya Govinden soutient que les masques sanitaires leur sont distribués chaque 15 jours, alors qu’il faudrait en changer « chaque quatre heures! »

« Nous sommes comme envoyés sur le champ de bataille sans arme », explique-t-elle.

« Il est urgent de recruter », appuie de son côté Naraindranath Gopee, président de la Federation of Civil Service and Other Union (FCSOU). « Le nombre de personnel est resté le même, mais, en parallèle, plusieurs unités ont été créées pour lutter contre la pandémie », indique-t-il.

L’union observe avec inquiétude que, depuis l’émergence de la Covid-19 dans l’île, le personnel de la santé est déployé sur tous les fronts. Entre notamment les Covid-19 Testing Centres, les centres de quarantaine, les équipes dédiées au Contact Tracing, le personnel du service de santé a diminué au sein des hôpitaux. D’où la nécessité de recruter, plaide la FCSOU.

« Quelque 180 médecins ont participé aux derniers entretiens. Le ministère de la Santé ne doit absolument pas tarder à recruter », déclare Naraindranath Gopee. Il explique que cette situation peut impacter la continuité des soins au seins des hôpitaux.

Le syndicaliste est également d’avis que les équipes de Contact Tracing doivent être renforcées. Plusieurs familles testées positives se retrouvent à attendre des jours avant d’être prises en charge par l’équipe de Contact Tracing, relève-t-il.

« Il faut pallier à ce manque rapidement. D’ailleurs, le ministère de la Santé est au courant de ce manque de staff », déplore-t-il.