En marge des multiples volets de l’opération Savat Dodo, avec l’ombre de l’ancien ministre des Finances, Renganaden Padayachy planant, l’affaire présumée de malversation de Rs 300 millions liée à une transaction entre la Mauritius Investment Corporation (MIC) et le groupe Apavou entre dans une phase cruciale. Après plusieurs mois d’investigations, la Financial Crimes Commission (FCC) a achevé son enquête et a transmis ses conclusions au Directeur des Poursuites Publiques (DPP), qui devra décider de la suite à donner à cette High Profile Probe avec des fonds publics détournés et blanchis.
Trois anciens dirigeants se retrouvent dans le viseur des autorités, en l’occurrence Harvesh Seegolam, ex-gouverneur de la Banque de Maurice, Jitendra Bissessur, ancien directeur général de la MIC, et Diya Sewraz, ex-Company Secretary. Ils font actuellement face à une accusation provisoire de Fraud by abuse of position.
L’enquête porte sur une importante opération financière réalisée en 2024. Les protagonistes sont soupçonnés d’avoir altéré ou influencé le contenu de documents officiels relatifs aux décisions du conseil d’administration de la MIC dans le cadre du rachat de 1 596 actions d’Eastcoast Hotel Investment Ltd, propriétaire de l’hôtel Ambre du groupe Apavou.
D’après les éléments recueillis par la FCC, la transaction a finalement été conclue pour environ 48 millions d’euros, soit près de Rs 2,4 milliards. Or, les enquêteurs estiment qu’un montant inférieur, évalué à quelque Rs 2,1 milliards, avait été envisagé au départ. Cet écart de près de Rs 300 millions constitue le principal point de litige dans cette affaire.
Les autorités soupçonnent que cette différence de valorisation aurait procuré un avantage financier substantiel à Eastcoast Hotel Investment Ltd, au détriment des intérêts que la MIC était censée protéger. C’est précisément cet aspect qui a retenu l’attention des enquêteurs.
L’état d’avancement du dossier a été évoqué, mercredi, devant le tribunal de Port-Louis. L’Acting Chief Investigator de la FCC, Purgauss, a informé le magistrat Prashant Bissoon que l’enquête concernant la MIC était désormais complétée et que les dossiers avaient été référés au bureau du DPP depuis le 8 juin.
Le Parquet est désormais appelé à examiner l’ensemble des éléments recueillis afin de déterminer si des poursuites formelles doivent être engagées contre les personnes concernées. Dans l’attente de cette décision, l’affaire a été renvoyée au 21 octobre 2026, une échéance qui pourrait marquer un tournant majeur dans ce dossier à forte portée financière et institutionnelle.

