Pesticides : Boolell se veut menaçant à l’encontre des contrevenants

Ajouter en tant que source préférée sur Google

Le ministre de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et des Pêches, Arvin Boolell, entend durcir le ton face aux planteurs et aux opérateurs qui ne respectent pas la réglementation sur l’utilisation des pesticides. Il prévient que des sanctions seront prises contre ceux qui ne se conforment pas aux règles établies, allant jusqu’au retrait des terres de l’État et à la perte de la carte de planteur. La question des pesticides sera au centre d’une réunion avec les planteurs hier lors d’une réunion organisée à la MCIA, à Réduit, en présence du ministre délégué Fabrice David. Cette réunion était organisée en marge du World Food Day 2026.

La réglementation sur les pesticides constitue actuellement une priorité pour le ministère de l’Agro-industrie. Arvin Boolell indique qu’un comité ministériel a été institué à la suite d’une décision du conseil des ministres afin de faire avancer ce dossier. Face aux interrogations exprimées dans la population sur un éventuel lien entre l’utilisation des pesticides et l’augmentation des cas de cancer enregistrés dans le pays, le ministre appelle toutefois à éviter toute réaction excessive. « Il faut éviter l’hystérie et agir avec beaucoup de lucidité », met-il en exergue.

- Publicité -

Le gouvernement travaille sur ce dossier en collaboration avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD), le ministère de la Santé, le Pesticide Regulatory Office, ainsi que les opérateurs qui importent les pesticides et les agriculteurs qui les utilisent. Le ministre souligne que le travail porte notamment sur les compétences des personnes appelées à mettre en œuvre les nouvelles réglementations. Il rappelle que, depuis 2018, l’ancien gouvernement avait déjà annoncé son intention de travailler sur ce cadre réglementaire.
Un atelier de travail réunissant les planteurs et les autres acteurs concernés doit permettre d’aborder plusieurs aspects de la question, notamment les Maximum Residue Levels (MRL), les bonnes pratiques agricoles et l’agriculture de précision. Pour Arvin Boolell, l’enjeu ne se limite pas à l’élaboration de règles. Il faut également assurer une communication adéquate afin que les utilisateurs comprennent les exigences auxquelles ils sont soumis, tout en prévoyant des sanctions pour ceux qui refusent de s’y conformer.

Le ministre s’appesantit particulièrement sur le respect des conditions d’utilisation des produits phytosanitaires. Le fait qu’un pesticide figure sur la liste des produits autorisés ne signifie pas qu’il peut être utilisé indistinctement sur toutes les cultures. Un produit adapté à la culture de la pomme de terre ne l’est pas nécessairement pour celle de la tomate. Les planteurs doivent ainsi respecter les indications relatives aux cultures concernées, les bonnes pratiques agricoles ainsi que les limites maximales de résidus autorisées.
Arvin Boolell affirme que les autorités ne feront preuve d’aucune complaisance envers les contrevenants. Il évoque notamment les quelque 600 arpents de terres distribués cette année par l’État. Les bénéficiaires devront respecter les conditions établies et les mesures d’accompagnement prévues. Dans le cas contraire, le gouvernement pourrait reprendre les terres attribuées et recourir à la publication des noms des contrevenants (Name and Shame).

- Publicité -

« Si ou fote ou perdi ou kart planter, et la réhabilitation ne se fera pas comme il faut », prévient le ministre, en faisant référence aux conséquences auxquelles s’exposent ceux qui ne respectent pas les exigences réglementaires. Il tient néanmoins à faire ressortir que la majorité des planteurs se conforme aux conditions établies et aux bonnes pratiques agricoles.
Au-delà de la question des pesticides, la rencontre de mardi abordera également l’approvisionnement en eau et les difficultés auxquelles le secteur agricole est confronté. Le ministre met en avant la collaboration entre le secteur public, le secteur privé et les différentes associations pour identifier des solutions et accompagner les opérateurs.
Sur le plan des investissements, des négociations sont en cours avec le gouvernement indien. Quelque Rs 3 milliards devraient être décaissées dans le cadre de cette coopération, alors que les besoins d’investissement dans le secteur agricole sont estimés à près de Rs 35 milliards. Arvin Boolell espère que les agences de notation financière tiendront compte des investissements productifs réalisés dans l’agriculture, qu’il qualifie de « sound investments », dans leurs évaluations de la situation économique du pays.

Le ministère entend également renforcer les mesures d’accompagnement à travers la Development Bank of Mauritius (DBM). Le ministre reconnaît toutefois que les investissements nécessaires pour développer certains modèles de production à grande échelle, à l’instar de celui pratiqué par Alteo, sont considérables et exigent des formations spécifiques.

EN CONTINU ↻