JOURNÉE MONDIALE DE L’ALIMENTATION : L’ACIM prône une Alimentation saine et sans gaspillage

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À l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, l’Association des Consommateurs de l’Île Maurice (ACIM) souhaite attirer l’attention du public, des autorités et de l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire sur un enjeu fondamental : le droit de chaque consommateur à disposer d’une alimentation suffisante, saine, nutritive, sûre et financièrement accessible.

L’alimentation constitue un besoin essentiel et un droit fondamental. Pourtant, dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie, les difficultés économiques des ménages, les changements climatiques et les défis liés à la production et l’approvisionnement, l’accès à une alimentation de qualité demeure une préoccupation croissante pour de nombreux consommateurs.
À Maurice, comme dans de nombreux autres pays, les questions de sécurité alimentaire, de pouvoir d’achat, de gaspillages et de contrôle de la qualité des denrées alimentaires méritent une attention particulière. Il est donc indispensable de renforcer la protection des consommateurs et de promouvoir un système alimentaire plus juste, responsable et durable.
Garantir une alimentation suffisante et de qualité
La sécurité alimentaire ne consiste pas uniquement à assurer la disponibilité des produits sur le marché. Elle suppose également que chaque famille puisse accéder, en permanence, à une quantité suffisante d’aliments nutritifs, variés et de bonne qualité.

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Maurice demeure confronté à des défis liés à sa dépendance aux importations alimentaires, aux fluctuations des prix internationaux, aux perturbations des chaînes d’approvisionnement et aux conséquences des changements climatiques sur la production agricole.
Ces facteurs peuvent fragiliser l’approvisionnement du pays et exposer les consommateurs à des hausses de prix ou à des ruptures de stock de produits essentiels. Nous avons eu des expériences il y a quelques années, à deux reprises, avec la rupture de stock de riz ration.
L’ACIM estime qu’il est nécessaire de renforcer la production locale, de soutenir les agriculteurs et les petits producteurs, de développer les capacités de stockage et de conservation et de diversifier les sources d’approvisionnement. De plus, la nécessité de transformer les produits en excès en période de surplus de production est toujours de mise.

Une politique de sécurité alimentaire efficace doit également prévoir des mécanismes de surveillance des stocks de produits essentiels, des mesures d’urgence en cas de pénurie et une meilleure coordination entre les autorités, les importateurs, les distributeurs et les producteurs locaux.
La sécurité alimentaire doit être considérée comme une priorité nationale afin de garantir à chaque famille un accès régulier à des produits alimentaires essentiels.
Droit de bien manger ne doit pas dépendre du revenu
Disposer d’aliments sur les étagères des supermarchés ne signifie pas nécessairement que tous les consommateurs peuvent s’en procurer.
La hausse des prix des produits alimentaires affecte particulièrement les ménages et les personnes âgées à faibles revenus, les familles nombreuses.

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Pour certaines familles, les contraintes budgétaires conduisent à réduire les quantités achetées, à privilégier des produits moins nutritifs ou à renoncer à certains aliments indispensables à une alimentation équilibrée.
Cette situation peut avoir des conséquences directes sur la santé, notamment chez les enfants, les adolescents et les personnes âgées.
L’ACIM considère que l’accessibilité alimentaire doit être abordée sous deux aspects : la disponibilité physique des produits et leur accessibilité financière.

À cet égard, plusieurs mesures méritent d’être envisagées :
• Renforcer le suivi régulier des prix des produits alimentaires essentiels et identifier les hausses injustifiées.
• Assurer davantage de transparence sur les prix, les marges commerciales et les coûts de distribution.
• Examiner les possibilités de réduire les coûts d’importation et de distribution lorsque cela est justifié.
• Encourager la production et la commercialisation de produits locaux à des prix raisonnables.
• Renforcer les dispositifs d’aide alimentaire destinés aux familles les plus vulnérables.
• Veiller à ce que les consommateurs disposent d’un choix suffisant de produits sains et nutritifs à des prix abordables.
L’accès à une alimentation équilibrée ne devrait pas être un privilège réservé à ceux qui disposent de moyens financiers suffisants.

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Responsabilité collective
Le gaspillage alimentaire constitue un problème économique, social et environnemental majeur. Des quantités considérables de nourriture sont perdues ou jetées à différentes étapes de la chaîne alimentaire : production, transport, stockage, distribution, restauration et consommation domestique.
À Maurice, il est important de sensibiliser davantage le public aux conséquences de ce phénomène.
Jeter de la nourriture encore consommable représente non seulement une perte financière pour les ménages, mais également un gaspillage des ressources utilisées pour sa production, notamment l’eau, l’énergie, les terres agricoles, la main-d’œuvre et les moyens de transport.
Le gaspillage alimentaire contribue aussi à l’accumulation des déchets et aux émissions de gaz à effet de serre.

L’ACIM encourage les consommateurs à adopter des comportements plus responsables :
• Planifier les achats alimentaires en fonction des besoins réels du ménage.
• Éviter les achats excessifs et les achats impulsifs.
• Vérifier régulièrement les dates de péremption et les conditions de conservation.
• Bien conserver les aliments au réfrigérateur ou au congélateur, selon les recommandations.
• Utiliser les restes alimentaires de manière appropriée et éviter de jeter les aliments encore propres à la consommation.
• Privilégier le partage ou le don des surplus alimentaires lorsque cela est possible et dans des conditions sanitaires appropriées.
Les commerces, les hôtels, les restaurants et les grandes surfaces ont également un rôle important à jouer. Ils sont encouragés à améliorer leur gestion des stocks, à limiter les invendus , à mettre en place des initiatives responsables pour réduire les pertes alimentaires, et à s’adonner à un commerce au profit raisonnable et non pas exagéré.
La lutte contre le gaspillage doit devenir un engagement collectif impliquant les consommateurs, les entreprises et les pouvoirs publics.

Protéger la santé et les droits des consommateurs
La qualité et l’innocuité des denrées alimentaires représentent une exigence incontournable. Aucun consommateur ne devrait être exposé à des aliments susceptibles de mettre sa santé en danger.
Les aliments impropres à la consommation peuvent présenter différents risques : produits périmés, aliments contaminés par des bactéries ou des substances chimiques, rupture de la chaîne du froid, mauvaises conditions de stockage, emballages endommagés, présence de corps étrangers ou étiquetage trompeur.
Ces situations peuvent entraîner des intoxications alimentaires et d’autres problèmes de santé, parfois graves, notamment chez les enfants, les personnes âgées et les personnes dont la santé est plus fragile.
L’ACIM rappelle que les consommateurs doivent être particulièrement vigilants lors de leurs achats. Il est important de vérifier les dates de péremption, l’état des emballages, les conditions de conservation, l’étiquetage et l’aspect général des produits.

L’ACIM demande un renforcement des contrôles sanitaires tout au long de la chaîne alimentaire, depuis l’importation et la production jusqu’au stockage, au transport et à la vente au consommateur.
Les autorités compétentes doivent disposer des moyens nécessaires pour effectuer des inspections régulières, procéder aux analyses requises, retirer rapidement du marché les produits dangereux et sanctionner les pratiques commerciales qui mettent en péril la santé publique.
Les consommateurs doivent également être encouragés à signaler tout produit suspect, toute anomalie d’étiquetage ou toute pratique susceptible de compromettre leur sécurité.

Meilleure protection alimentaire
À l’occasion de cette Journée mondiale de l’alimentation, l’ACIM appelle les pouvoirs publics, les producteurs, les importateurs, les distributeurs, les commerçants, les restaurateurs et les consommateurs à unir leurs efforts pour construire un système alimentaire plus sûr, plus équitable et plus durable à Maurice.
L’Association estime que la protection alimentaire ne doit pas se limiter à la disponibilité des produits. Elle doit également garantir leur qualité, leur innocuité, leur accessibilité financière et le respect des droits fondamentaux des consommateurs.
Elle réaffirme ainsi son engagement à défendre les intérêts des consommateurs sur l’évolution des prix, à dénoncer les pratiques abusives, à sensibiliser le public et à contribuer aux réformes visant à améliorer la qualité de vie de la population.
Bien se nourrir est une nécessité, accéder à une alimentation saine est un droit et lutter contre le gaspillage est une responsabilité de tous.

Jayen Chellum
Secrétaire général
ACIM

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