Rs 11,5 milliards puisés des fonds publics pour indemniser les souscripteurs du Super Cash Back Gold
Navin Ramgoolam : « Et certains tentent de se refaire une virginité politique »
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam a révélé que cinq organismes publics ont des dettes cumulées de Rs 18,6 milliards. Il a aussi précisé que Rs 11,5 milliards ont été utilisées pour rembourser les clients de la Super Cash Back Gold, alors que l’ancien Premier ministre, Pravind Jugnauth, et son ex-ministre de la Bonne gouvernance, Roshi Bhadain, avaient affirmé que pas un sou ne serait puisé des fonds publics suivant le démantèlement de l’empire BAI.
Le Premier ministre a indiqué que le rapport The State of the Economy a démontré la situation précaire de certains d’organismes parapublics et entreprises appartenant à l’État. Ce rapport impute cette situation à un manque de supervision financière pendant des années, ainsi qu’à une dépendance sur l’emprunt. Ce qui a mis la pression sur les finances publiques. Il est revenu sur la nécessité de restaurer la discipline fiscale, le renforcement de la bonne gouvernance et la résilience financière de ces entités.
Au 30 juin 2026, cinq corps parapublics avaient des dettes d’un montant de Rs 18,6 milliards. Parmi Rs 15,4 milliards étaient dus aux banques commerciales et Rs 3,2 milliards à d’autres institutions financières. Sous l’ancien régime, a-t-il précisé, le montant des prêts impayés a plus que doublé, soit passant de Rs 6,2 milliards en décembre 2014, à Rs 15,9 milliards, à la fin de décembre 2024 : « Les dettes ont plus que doublé. Ils se contentaient de donner de l’argent, sans aucun contrôle, sans responsabilité fiscale », s’insurge-t-il.
Navin Ramgoolam a ajouté que cette forte augmentation de l’endettement est principalement attribuable aux besoins de financement du Central Electricity Board, dont l’ardoise est passée de Rs 3,4 milliards, ainsi qu’à ceux de la State Trading Corporation, dont la dette est passée de Rs 1,1 milliard à Rs 5,3 milliards.
En plus de ces cinq organismes, 20 entreprises appartenant à l’État affichaient une dette totale de Rs 48,9 milliards à fin juin, dont Rs 16,5 milliards aux banques commerciales, Rs 32,4 milliards à d’autres institutions financières, et Rs 7,2 milliards empruntés auprès de la Banque de Maurice. L’endettement des entreprises publiques a plus que triplé sous le précédent gouvernement, passant de Rs 15,1 milliards en décembre 2014 à Rs 54,3 milliards à fin décembre 2024, avec en première ligne Metro-Express Ltd, MauBank Holdings Ltd et Mauritius Telecom.
De plus, a-t-il indiqué, « the debt levels of the DBM, the IFCM Ltd, and the SIC Ltd increased significantly following the implementation of various dubious support schemes introduced in response to the COVID-19 pandemic. These schemes were financed through a line of credit provided by the Bank of Mauritius. » Cette accumulation de dettes, a-t-il précisé, a exercé une pression supplémentaire sur les finances publiques, réduit la marge de manœuvre budgétaire pour les investissements prioritaires et accru l’exposition du gouvernement aux risques financiers, notamment aux passifs éventuels.
Par ailleurs, depuis 2020, le gouvernement a dû fournir un soutien financier total de Rs 14,4 milliards, principalement aux entreprises appartenant à l’État, afin de leur permettre d’honorer leurs obligations de remboursement, soit
Rs 7,9 milliards à la National Property Fund Ltd (NPFL) en 2020-21, afin d’indemniser les souscripteurs du Super Cash Back Gold Scheme (SCBG) ;
Rs 3,6 milliards supplémentaires à la NPFL au cours des deux derniers exercices financiers, afin de lui permettre de rembourser la ligne de crédit consentie par la Banque de Maurice pour le règlement des réclamations des souscripteurs du SCBG et des investisseurs de Bramer Assets Management Ltd ;
Rs 1,5 milliard à Metro-Express Ltd depuis 2021, pour payer les intérêts sur la ligne de crédit accordée par l’EXIM Bank of India pour la réalisation du projet Metro ;
Rs 1,4 milliard à MauBank Holdings Ltd en 2025-26, afin de lui permettre de faire face à ses obligations financières envers la Banque Africaine de Développement et MauBank Ltd.
Le Premier ministre a fait état de Rs 11,5 milliards pour indemniser les souscripteurs de Super Cash Back Gold Scheme. Il a ainsi dénoncé la « décision délibérée de l’ancien Premier ministre et de son ministre de la Bonne gouvernance, de démanteler la BAI, qui avaient dit publiquement que pas un sou en provenance des fonds publics ne serait utilisé pour un plan de sauvetage. »
« A total lie, because I mentioned the figures that were used from public funds. Billions of rupees. It was a deliberate lie. And today some are trying to get political virginity. These are the people that we have to be careful about. I hope that the people will remember these things when the time comes », dira-t-il.
Pour l’année financière en cours, une provision de Rs 1,9 milliard a été faite pour fournir des fonds à MauBank Ltd et Metro-Express Ltd, et leur permettre de respecter les échéances de leurs remboursements. Il a aussi relevé l’urgence de mettre en œuvre des mesures correctives, afin d’assurer la viabilité financière à long terme de nos organismes parapublics et de nos entreprises publiques.
Un certain nombre d’organismes publics travaillent actuellement sur des plans de restructuration, visant à renforcer leur situation financière, à améliorer leur viabilité opérationnelle et à réduire leur impact sur les finances publiques.
Ces mesures comprennent notamment : un plan de transformation de Metro-Express Ltd ; l’extension des sources de revenus de Mauritius Post Ltd; l’accélération du recouvrement des arriérés de prêts, la rationalisation des dépenses, la révision des frais appliqués et la cession des actifs non-stratégiques de MauBank Holdings Ltd; une révision des processus de recouvrement des créances en souffrance, la modernisation des produits de prêts et de crédit-bail et la valorisation des espaces immobiliers inutilisés à la DBM.
Le Premier ministre a indiqué qu’il présidera un comité directeur sur l’efficacité du secteur public afin d’identifier les chevauchements, les inefficacités et les gaspillages au sein du secteur public. Il a ajouté que le gouvernement demeure résolument engagé à rétablir la viabilité financière des organismes publics et à accroître la discipline budgétaire dans l’ensemble du secteur public. À une précision demandée par la Chief Whip, Stéphanie Anquetil, qui voulait savoir qui est l’ex-ministre de la Bonne gouvernance qu’il a mis en cause, le Premier ministre a cité nommément Roshi Bhadain.


