Une opération menée par des limiers du Central CID, dans une villa située sur la route côtière à Pointe-aux-Biches, a débouché sur l’ouverture d’une enquête sur ce qui serait une maison close, les soupçons initiaux de traite d’êtres humains n’ayant pu être confirmés à ce stade.
Munis d’un mandat de perquisition délivré par le tribunal de Pamplemousses, les policiers ont investi les lieux mercredi après-midi. La responsable présente sur place (33 ans), qui assurait la gestion de l’établissement en l’absence de sa mère, a été informée de l’objet de l’opération avant que les recherches ne commencent.
Dès leur entrée dans une chambre, les policiers ont surpris un entrepreneur (25 ans) et une femme (39 ans) assis sur un lit. Interrogé sur sa présence, le jeune homme a reconnu s’être rendu dans la villa pour avoir une relation sexuelle, disant avoir versé une somme de Rs 2 000 à la réception. La femme a, pour sa part, expliqué qu’elle se prostituait occasionnellement en raison de graves difficultés financières, précisant qu’elle élève seule ses trois enfants.
La fouille de la chambre a permis la saisie d’un préservatif encore emballé ainsi que d’un tube de lubrifiant. La trentenaire a alors été informée qu’elle faisait l’objet d’une enquête pour racolage.
Les inspections se sont ensuite poursuivies dans le reste de la villa. À la réception, les policiers ont découvert Rs 4 200 en espèces, un registre couvrant la période du 1er février 2025 au 21 juillet 2026, ainsi qu’un enregistreur numérique de vidéosurveillance (DVR) accompagné de ses accessoires.
Informée qu’elle était soupçonnée de tenir une maison close, la gérante intérimaire a soutenu que l’établissement était sous la responsabilité de sa mère et qu’elle ne faisait que la remplacer durant quelques heures, celle-ci s’étant absentée pour assister à une cérémonie religieuse.
Trois autres femmes, âgées de 23, 30 et 33 ans, ont également été retrouvées dans une pièce située à l’arrière de la réception. Entendues par les policiers, elles ont déclaré exercer comme travailleuses du sexe. Elles ont accepté d’accompagner volontairement les enquêteurs au bureau de la Criminal Investigation Division de Trou-aux-Biches afin d’être entendues.
Au terme de l’opération, les éléments recueillis n’ont pas permis d’étayer les soupçons de traite d’êtres humains qui avaient motivé les premières investigations. En revanche, les enquêteurs estiment que les faits relevés pourraient constituer des infractions de Brothel keeping et Soliciting male for immoral purpose.
Les personnes interpellées par le Central CID ont ensuite été remises aux enquêteurs de la CID de Trou-aux-Biches, chargés de poursuivre les investigations. Après examen des premiers éléments du dossier, quatre femmes ont été autorisées à quitter les locaux de la police sans condition, dans l’attente de la suite de l’enquête.
Deux autres femmes, dont la gérante officielle de la villa (55 ans) et la prostituée surprise avec le client, ont été remises en liberté sur parole. Elles se sont toutefois présentées à la CID de Trou-aux-Biches pour être traduites devant le tribunal de Pamplemousses.
L’enquête se poursuit afin d’établir l’ensemble des circonstances de cette affaire. Les policiers analyseront notamment les images de vidéosurveillance, examineront le registre saisi lors de la perquisition et procéderont, si nécessaire, à de nouvelles auditions.


