Ils sont 19 familles à camper sur place. Depuis le 30 mai, leurs maisons en tôle aménagées sur un lopin de terre de l’État, rue Jean Blaize, à Pointe-aux-Sables, ont été démolies en une journée.

Stéphano Ross, porte-parole des familles de Pointe aux Sables, explique que « grâce à l’aide de l’église », certains d’entre eux ont pu trouver refuge à l’école Père Souchon. Toutefois, en raison de la rentrée scolaire, ils ont été transférés au refuge Oasis de Paix, au Foyer de Petite-Rivière, dans des centres de femmes de la région. Et grâce à des sponsors, certains ont pu trouver une maison à louer pour six mois dans la localité.

Les familles restantes veulent être entendues par les autorités, car elles n’ont nulle part où aller. « Nou demann Leta ekout sa bann fami-la », ajoute-t-il.

Du côté de Riambel, les jours passent et se ressemblent, nous raconte Melody. Ici vivent une centaine de squatters. « Nou ankor touzour parey anba latant. Nou ankor pe atann mem ».

Elle précise que les représentants de la NEF et de la Sécurité sociale sont venus les rencontrer pour faire un premier constat. Des applications ont également été effectuées, mais pour le moment, tous angoissent.

Grâce à des ONG, les familles ne dorment pas le ventre vide. « Nou gagn bann food packs, sakenn pe kwi ar samem. Ena bann mama avek ti-baba isi. Ti-baba-la inn gagn trwa mwa li enkor enba latent mem ».

Un peu plus loin, un Eviction Order a été servi à 11 familles qui logent sur un terrain de l’État à Cité Tôle, Malherbes. Une injonction a été logée en cour afin de repousser la date de leur délogement. Le délai a expiré ce mardi.  « Le ministère avait donné l’engagement de considérer en priorité le problème de logement de ces familles. Je demande au gouvernement de respecter son engagement pour la construction de logements pris depuis 2014″, réclame Adrien Duval, représentant des squatteurs de Cité Tôle, Malherbes.

Une plateforme a pris naissance sous le nom de Drwa a enn Lakaz, regroupant Caritas Logement, Affirmation Action, Enn Twa pou Twa ainsi que des citoyens engagés. « Nous souhaitons trouver des mesures urgentes pour une situation urgente ou des personnes dorment sous des tentes dans le froid. Certaines ont pu avoir des solutions temporaires aidées par des volontaires. Toutefois ce n’est pas des mesures pérennes. Nous souhaitons une rencontre urgente avec le Premier ministre afin de lui exposer le document de propositions formulées conjointement avec les familles expulsées », soutient Dephine Ahnee, porte-parole.

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